Mustiola : martyre chrétienne qui, selon la légende [1]La première version de cette légende est contenue dans une passio, dont la compilation remonterait à la première moitié du VIIIe siècle., serait parvenue d’Illyrie [2]L’Illyrie correspondait à peu près aux territoires actuels de la Slovénie et de la Croatie méridionales. en Toscane en compagnie de l’empereur Claude II [3]Marcus Aurelius Claudius Gothicus (…, 214 ap. J.-C. – …, 270 ap. J.-C.), dit Claude II le Gothique : empereur romain originaire de Dalmatie, il monta sur le trône en septembre 268, et ne régna que deux ans, jusqu’à sa mort en août 270., son cousin.
L’empereur Aurélien, successeur de Claude II, fit tuer son fiancé Lucius, lui aussi chrétien, celui-là même qui aurait offert à Mustiola l’anneau nuptial donné par Joseph à Marie [4]Selon George Kaftal (KAFTAL 1953, p. 751), l’anneau supposé avoir appartenu à la Vierge « aurait été apporté à Rome par un joaillier […] qui en fit présent à Ranieri de Chiusi en 979. Après la résurrection miraculeuse [ne serait-ce pas là un pléonasme ?] du fils aîné de ce dernier, l’anneau fut suspendu par une cordelette dans l’église de Santa Mustiola à Chiusi. En … Poursuivre. C’est à la suite du vol de celui-ci que démarra la Guerre de l’Anneau [5]Vers la fin de l’année 1473 et les premiers mois de 1474, fut déclenchée une véritable guerre, dite du Saint Anneau (« guerra del Santo Anello »), au cours de laquelle se succédèrent les réclamations des citoyens, des autorités, et même du pape Sixte IV appelé à arbitrer la contestation du vol du précieux objet, perpétré à Chiusi au cours de la même année. Cependant, au … Poursuivre. Emprisonnée, elle nourrit et soigna les chrétiens arrêtés comme elle, avant, finalement, d’être fouettée à mort à l’aide un fléau clouté…
Elle est co-patronne, avec Irénée [6]Diacre à Chiusi au IIIe siècle Irénée aurait dédié son existence à l’ensevelissement des martyrs chrétiens et à l’entretien de leurs tombes. Après avoir donné une sépulture au corps de saint Felice (Félix), prêtre à Sutri, il aurait été arrêté et contraint de courir chargé de chaînes devant le char du préfet Turcio, de Sutri jusqu’à Chiusi. et Secondianus [7]Secondianus de Civitavecchia : haut fonctionnaire impérial romain, converti au Christianisme et martyrisé avec ses amis Marcelliano et Veriano lors des persécutions de l’empereur Dèce (*) au IIIe siècle. (*) Trajan Dèce ou Dèce (Imperator Caesar Caius Messius Quintus Traianus Decius Augustus) : empereur romain de 249 à 251 ; il est à l’origine des mesures répressives contre les … Poursuivre, de la ville de Chiusi.
ICONOGRAPHIE
Mustiola est représentée sous les traits d’une jeune martyre chrétienne, portant le précieux anneau entre les doigts ou suspendu au bout d’une cordelette.
Notes
| 1↑ | La première version de cette légende est contenue dans une passio, dont la compilation remonterait à la première moitié du VIIIe siècle. |
|---|---|
| 2↑ | L’Illyrie correspondait à peu près aux territoires actuels de la Slovénie et de la Croatie méridionales. |
| 3↑ | Marcus Aurelius Claudius Gothicus (…, 214 ap. J.-C. – …, 270 ap. J.-C.), dit Claude II le Gothique : empereur romain originaire de Dalmatie, il monta sur le trône en septembre 268, et ne régna que deux ans, jusqu’à sa mort en août 270. |
| 4↑ | Selon George Kaftal (KAFTAL 1953, p. 751), l’anneau supposé avoir appartenu à la Vierge « aurait été apporté à Rome par un joaillier […] qui en fit présent à Ranieri de Chiusi en 979. Après la résurrection miraculeuse [ne serait-ce pas là un pléonasme ?] du fils aîné de ce dernier, l’anneau fut suspendu par une cordelette dans l’église de Santa Mustiola à Chiusi. En 1473, l’anneau fut dérobé par un frère franciscain allemand, dans l’intention de le rapporter dans son pays ; alors qu’il quittait Chiusi, un épais brouillard lui fit perdre son chemin. C’est ainsi qu’il se retrouva à Perugia. Ce signe divin (un parmi d’autres), le convainquit de confier l’anneau volé à la ville où ce miracle l’avait conduit. Celui-ci est encore « conservé et honoré » dans la cathédrale de Perugia, non sans avoir auparavant déclenché une véritable guerre (la « Guerre de l’Anneau ») qui opposa Chiusi et Perugia. |
| 5↑ | Vers la fin de l’année 1473 et les premiers mois de 1474, fut déclenchée une véritable guerre, dite du Saint Anneau (« guerra del Santo Anello »), au cours de laquelle se succédèrent les réclamations des citoyens, des autorités, et même du pape Sixte IV appelé à arbitrer la contestation du vol du précieux objet, perpétré à Chiusi au cours de la même année. Cependant, au lieu de prendre la défense de l’un des deux partis, le pape chercha à obtenir la relique pour son propre usage, moyennant un échange. Le pouvoir civil et la hiérarchie de l’Église de Perugia parvinrent, à force diplomatie, à faire comprendre au pape franciscain le danger qui consisterait à ouvrir un procès qui mettrait en cause son propre Ordre monastique contre une ville aussi stratégiquement utile pour le territoire de l’Église, dont l’Ombrie faisait alors partie, Sixte IV décida de renoncer à l’anneau. Les péripéties s’achevèrent définitivement en 1487, lorsque Pandolfo Petrucci, après le coup d’état qui le porta au pouvoir à Sienne, reconnu comme définitive la propriété de l’anneau emporté à Perugia. Un an plus tard, en 1488, la relique fut déposée dans la cathédrale de San Lorenzo, à Perugia, dans laquelle on construisit la Chapelle de l’Anneau Sacré (Cappella del Sacro Anello) pour laquelle le Pérugin fut chargé de peindre un célèbre Mariage de la Vierge, qui fut à sont tour dérobé par Napoléon quelques siècles plus tard (l’œuvre est actuellement exposée au Musée de Beaux-Arts de Caen (France). |
| 6↑ | Diacre à Chiusi au IIIe siècle Irénée aurait dédié son existence à l’ensevelissement des martyrs chrétiens et à l’entretien de leurs tombes. Après avoir donné une sépulture au corps de saint Felice (Félix), prêtre à Sutri, il aurait été arrêté et contraint de courir chargé de chaînes devant le char du préfet Turcio, de Sutri jusqu’à Chiusi. |
| 7↑ | Secondianus de Civitavecchia : haut fonctionnaire impérial romain, converti au Christianisme et martyrisé avec ses amis Marcelliano et Veriano lors des persécutions de l’empereur Dèce (*) au IIIe siècle.
(*) Trajan Dèce ou Dèce (Imperator Caesar Caius Messius Quintus Traianus Decius Augustus) : empereur romain de 249 à 251 ; il est à l’origine des mesures répressives contre les Chrétiens dites Persécutions de Dèce. |
