
Pietro di Cristoforo Vanucci dit Pietro Perugino (Città della Pieve, v. 1448 – Fontignano [Perugia], 1523)
Mariage de la Vierge, 1501-1504.
Tempéra sur panneau, 234 x 186 cm.
Provenance, Cathédrale de San Lorenzo, Perugia.
Caen, Musée des Beaux-Arts.
Comme dans la plupart des œuvres du Pérugin, la composition repose sur une stricte symétrie, animée par la seule variation rythmique des poses des personnages. Autour de l’axe vertical de symétrie occupé par la figure du prêtre, et donc parfaitement aligné sur l’édifice central et sa majestueuse porte ouverte à l’arrière-plan, sont disposés saint Joseph, à gauche, vêtu de jaune, suivi du cortège masculin, et la Vierge Marie à droite, suivie de celui des femmes. Selon les récits rapportés par les apocryphes [1]Voir : Protévangile de Jacques, qui aurait été rédigé au IIe siècle, et que l’on connaît aussi sous le nom de sa version réécrite : l’Évangile du Pseudo-Matthieu ; Livre de la Nativité de Marie, nouvelle réécriture, datant de l’époque carolingienne. Le Transitus Sanctae Mariae, dont la composition remonte aux IVe-Ve siècles, porte sur la fin de la vie terrestre de la … Poursuivre, Marie, au sortir de la longue la période de sa jeunesse passée au Temple de Jérusalem, est désormais destinée au mariage. Cependant, l’Eternel lui réserve pour époux celui dont la baguette de bois mort sera désignée par un signe divin. La baguette de Joseph, alors vieillard, fleurit miraculeusement, contrairement à celles des autres jeunes hommes ; conformément à l’iconographie habituelle de l’épisode, l’un d’eux brise sa baguette contre sa jambe. L’évidente sénilité donnée à l’apparence de Joseph vise à souligner et à rendre plausible l’impossibilité de consommer le mariage, de manière à affirmer le dogme de la virginité de Marie.
Les draperies tombent lourdement, telles des taches de couleur, avec cet effet « mouillé » que Pérugin avait appris lors de sa formation florentine dans l’atelier de Verrocchio.
Le paysage à l’arrière-plan présente des collines ondulantes, parsemées d’arbres élancés, qui s’estompent vers l’horizon, pour mieux donner l’impression d’un espace infiniment vaste et profond.
Au cours des mêmes années, Raphaël, à peine sorti de l’atelier du Pérugin, reprendra la composition de son maître dans sa propre version du Mariage de la Vierge. [2]Raffaello Sanzio, Sposalizio della Vergine, 1504. Milan, Pinacoteca di Brera.
Notes
| 1↑ | Voir : Protévangile de Jacques, qui aurait été rédigé au IIe siècle, et que l’on connaît aussi sous le nom de sa version réécrite : l’Évangile du Pseudo-Matthieu ; Livre de la Nativité de Marie, nouvelle réécriture, datant de l’époque carolingienne. Le Transitus Sanctae Mariae, dont la composition remonte aux IVe-Ve siècles, porte sur la fin de la vie terrestre de la Vierge. Dans la foulée des conciles d’Éphèse et de Chalcédoine, il exploite des textes sans doute bien plus anciens. C’est sur ce document que s’est fondée l’Église pour définir l’incorruptibilité du corps de Marie et le dogme de l’Assomption Assomption au terme de siècles de débats et de controverses. |
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| 2↑ | Raffaello Sanzio, Sposalizio della Vergine, 1504. Milan, Pinacoteca di Brera. |

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