Jérôme de Stridon

Jérôme de Stridon (342 – 420 ?) : prêtre et l’un des quatre premiers Docteurs de l’Église, chargé par le pape Damase [1]Damase Ier (Rome, v. 305 – 384) : évêque de Rome (*). Homme de lettres et poète cultivé, Damase est considéré comme l’initiateur de l’épigraphie chrétienne officielle ainsi que l’ordonnateur du culte des saints et des martyrs à Rome, particulièrement dans les catacombes romaines (**).(*) Selon le comput ecclésiastique, il est le 37e pape. (**) … Poursuivre de réviser, d’après l’original en hébreux et sa traduction grecque, la version latine de la Bible appelée Vulgate.

Il n’a jamais été cardinal. La représentation de Jérôme vêtu de l’habit rouge est totalement anachronique puisque le cardinalat n’a été créé que vers l’an mille, soit environ six siècles après sa mort ; elle est sans doute liée à la période romaine de Jérôme au cours de laquelle il est le secrétaire du pape Damase Ier. Le chapeau (qui n’est de couleur rouge qu’à partir de 1245 [2]Louis RÉAU, Iconographie de l’art chrétien, Paris, Presses Universitaires de France, 1958 (Kraus Reprint, 1988), III, 2, p. 743.) ne devient l’un de ses symboles iconographiques qu’au XIVe s.

Taddeo di Bartolo (Sienne, v. 1362 – 1422), « Saint Jerome », v.  1390. Tempéra sur panneau, 56 x 36 cm. New Haven (Connecticut), Yale University Art Gallery, Bequest of Maitland F. Griggs.
Iconographie

Selon son âge, Jérôme est représenté plus ou moins vieux, sous les traits

  • d’un prêtre ou d’un évêque
  • d’un cardinal (voir ci-dessus)
  • d’un moine écrivant
  • d’un pénitent dans le désert
  • d’un humaniste dans son studio d’étude

Ses attributs sont les suivants :

  • un chapeau de cardinal, le galero de couleur rouge, qu’il peut tenir à la main, avoir accroché au mur et parfois posé à même le sol (ou encore flottant au-dessus de sa tête)
  • un lion à ses cotés
  • une plume à écrire et un livre
  • la maquette d’une église
  • des serpents et des scorpions
  • un chapelet à la main
  • une pierre (dans la main, ou proche de lui)
  • un crâne à proximité
  • un crucifix qu’il tient à la main ou devant lequel il est en prière

Scènes de la vie du saint :

  • Une nuit, alors qu’il est alité et fiévreux, il se voit en songe devant le Juge Suprême qui le fait fouetter par des anges en raison de son amour excessif de la littérature classique [3]Le musée du Louvre conserve la prédelle du Polyptyque de l’Observance dans laquelle l’un des compartiments représente cette scène. ; à son réveil, il se trouve guérit et jure de cesser de lire des écrits profanes.
  • Alors qu’il expliquait la Bible aux moines de son couvent, un lion s’approche en clopinant, la patte blessée par une épine. Jérôme extrait cette épine de la patte du lion et décide de le garder à son service [4]La bête féroce, ainsi apprivoisée, s’imposa comme le symbole d’un tempérament impétueux, mis au service du bien et domestiqué par l’amour du Christ. Le lion incarnait aussi la force avec laquelle le saint s’était dressé pour défendre l’orthodoxie de la doctrine chrétienne., en charge de la surveillance de l’âne. Profitant du sommeil du lion, des voleurs s’emparent de l’âne.
  • Quelques temps après, le lion retrouve les coupables, des marchands caravaniers qui reviennent par le même chemin que celui emprunté à l’aller. Il met les larrons en fuite et ramène l’âne au couvent, ainsi que les chameaux des caravaniers, chargés de marchandises.
  • Jérôme pénitent : il se frappe la poitrine avec une pierre.
  • Sentant sa mort prochaine, Jérôme communie, soutenu par deux frères.
  • Ses funérailles.
  • Des infirmes sont groupés autour de son cadavre tandis que son âme monte au ciel.

Episodes posthumes :

  • Son apparition à saint Cyrille de Jérusalem.
  • Apparition à Sulpice Sévère.
  • Enfin, aux côtés de Jean Baptiste, son apparition à saint Augustin.

Notes

Notes
1 Damase Ier (Rome, v. 305 – 384) : évêque de Rome (*). Homme de lettres et poète cultivé, Damase est considéré comme l’initiateur de l’épigraphie chrétienne officielle ainsi que l’ordonnateur du culte des saints et des martyrs à Rome, particulièrement dans les catacombes romaines (**).

(*) Selon le comput ecclésiastique, il est le 37e pape.
(**) Françoise Monfrin, « Damase Ier », dans Philippe Levillain (dir.), Dictionnaire historique de la Papauté, Paris, Fayard, 1994, pp. 535-539.
2 Louis RÉAU, Iconographie de l’art chrétien, Paris, Presses Universitaires de France, 1958 (Kraus Reprint, 1988), III, 2, p. 743.
3 Le musée du Louvre conserve la prédelle du Polyptyque de l’Observance dans laquelle l’un des compartiments représente cette scène.
4 La bête féroce, ainsi apprivoisée, s’imposa comme le symbole d’un tempérament impétueux, mis au service du bien et domestiqué par l’amour du Christ. Le lion incarnait aussi la force avec laquelle le saint s’était dressé pour défendre l’orthodoxie de la doctrine chrétienne.

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