Duccio di Buoninsegna, « Couronnement d’épines »

 

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Panneau 9 : Duccio di Buoninsegna (Sienne, vers 1260 – vers 1318/19), Flagellation et Couronnement d’épines

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Duccio di Buoninsegna (Sienne, vers 1260 – vers 1318/19)

Coronazione di spine (Couronnement d’épines)

Tempera et or sur panneaux, 50 x 53,5 cm.

Sienne, Museo dell’Opera del Duomo.

Cette scène émouvante est plus généralement connue sous le vocable de : « Dérision du Christ », le couronnement d’épines n’étant que l’un des outrages parmi d’autres imposés à Jésus de Nazareth. Revêtu du manteau pourpre [1], le Christ est assis sur un trône que les soldats lui on imposé dans le but de le ridiculiser et de l’humilier. Autour de lui, plusieurs hommes s’emploient à la même fonction : deux d’entre eux lui frappent la tête à l’aide de cannes, deux autres se sont agenouillés devant lui et, les mains jointes, font mine de révérer le « roi des Juifs. » L’inclination profonde et, a fortiori, la génuflexion due à un souverain est ici le signe d’une moquerie qui n’échappe à personne. La figure du Christ, devenue celle d’un roi postiche aux yeux de ses bourreaux, porte la couronne d’épines qui lui a été posée sur la tête, couronne dont la légende nous apprend qu’elle aurait préalablement été confectionnée par les soldats au moyen d’une ronce tressée avec une branche de jujubier (c’est d’ailleurs pourquoi le fruit du jujubier, la jujube, devient parfois, dans telle scène de la Vierge à l’Enfant, l’un des symboles prémonitoires de la Passion). [2] Cette couronne dont les soldats ont affublé le Christ, est portée par lui avec une résignation lisible sur son visage, qui ne le quittera plus désormais et l’accompagnera jusqu’au Calvaire.

Finissons-en avec la colonne qui nous a préoccupé depuis le début.

[1] Mc 15, 17-19 : « 17 [Les soldats] le revêtent de pourpre, lui mettent une couronne d’épines qu’ils ont tressée. 18 Et ils commencèrent à le saluer : Bonjour, roi des Juifs ! 19 Ils lui tapaient sur la tête avec un roseau, ils crachaient sur lui, ils se mettaient à genoux, se prosternaient devant lui. »

[2] C’est le cas dans l’œuvre ci-dessous, de Lorenzo di Credi (fig. 1) :

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1

Lorenzo di Credi (Lorenzo d’Andrea d’Oderigo, Florence, vers 1457 – 1537)

Madonna col Bambino [Madonna della giuggiola] (Vierge à l’Enfant [Vierge à la jujube]), vers 1488-1490.

Tempéra grasse sur panneaux, 67 x 49 cm.

Turin, Musei Reali Torino – Galleria Sabaudia.