Duccio di Buoninsegna, « Le Christ accusé par les Pharisiens »

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Panneau 7 : Duccio di Buoninsegna (Sienne, vers 1260 – vers 1318/19), Le Christ devant Pilate et Le Christ accusé par les Pharisiens

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Duccio di Buoninsegna (Sienne, vers 1260 – vers 1318/19)

Cristo accusato dai Farisei (Le Christ accusé par les Pharisiens)

Tempera sur panneaux, 49 x 57 cm.

Sienne, Museo dell’Opera del Duomo.

Pilate s’est déplacé vers la gauche en direction du groupe de pharisiens et écoute les accusations portées par eux contre le Christ. À compter de ce moment, provocant l’étonnement de Pilate, le Jésus s’enferme dans un silence que rien ne viendra plus rompre désormais.

Peu désireux d’avoir à se prononcer lui-même sur le sort du Christ, et ayant appris que celui-ci était galiléen, Pilate croit pouvoir se défausser en renvoyant Jésus devant Hérode, le roi des juifs qui n’était « aimé par personne, ni par les juifs, ni par les chrétiens. » [1]

Tandis que les pharisiens gesticulent pour exprimer leur colère contre celui qu’ils considèrent comme un imposteur, Jésus conserva l’attitude résignée qui le caractérise tout au long des scènes de son procès.

Comme précédemment, la colonne torse située au milieu du péristyle joue avec la vraisemblance. Il semble bien que l’estrade à deux marche qu’occupait Pilate dans la scène précédente se soit subrepticement déplacée vers l’avant, ne laissant qu’une place infime Christ pour poser les pieds au sol. Plus anormal encore : une partie des soldats qui encadrent Jésus se sont à leur tour immiscés dans un espace pourtant totalement impropre à les contenir en raison de sa petite taille … De l’autre côté, vers la gauche, la colonne d’angle commence à jouer le même jeu étrange et semble reculer ou s’incurver sur elle-même pour laisser place au coude de Pilate …

[1] Voir article paru dans Libération du 23 juin 2007.