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“« L’esprit de l’Éternel fut sur Jephthé. Il traversa Galaad et Manassé ; il passa à Mitspé de Galaad ; et de Mitspé de Galaad, il marcha contre les fils d’Ammon. Jephthé fit le voeu à l’Éternel, et dit : Si tu livres entre mes mains les fils d’Ammon, quiconqu…”

Neroccio di Bartolomeo de’ Landi (Sienne, 1447–1500) ((Enzo Carli attribue le carton à Neroccio de’ Landi qui, la même année, exécutait la Sybille Hellespontine (CARLI, 1992, p. 147).)) ou Francesco di Giorgio Martini (Sienne, 1439-1502) ((En la rapprochant d’un dessin conservé au Offices, Andrea de Marchi attribue quant à lui la conception de l’histoire à Francesco di Giorgio Martini (Andrea DE MARCHI, dans Francesco di Giorgio e Il Rinascimento a Siena, p. 450).)) ?
Sacrificio di Iefte (Sacrifice de Jephté), 1481-1485.
Marqueterie de marbre.
Inscriptions :
- (dans la frise d’encadrement, en haut) : « TEMPORE D. ALBERTO. DE. FRANCISCI ARINGHERII // EQUITIS RHODII MCCCCLXXXIII »
Provenance : In situ.
Sienne, cathédrale de Santa Maria Assunta.
La scène est tirée du Livre des Juges ((« L’esprit de l’Éternel fut sur Jephthé. Il traversa Galaad et Manassé ; il passa à Mitspé de Galaad ; et de Mitspé de Galaad, il marcha contre les fils d’Ammon. Jephthé fit le voeu à l’Éternel, et dit : Si tu livres entre mes mains les fils d’Ammon, quiconque sortira des portes de ma maison au-devant de moi, à mon heureux retour de chez les fils d’Ammon, sera consacré à l’Éternel, et je l’offrirai en holocauste. Jephthé marcha contre les fils d’Ammon, et l’Éternel les livra entre ses mains. Il leur fit éprouver une très grande défaite, depuis Aroër jusque vers Minnith, espace qui renfermait vingt villes, et jusqu’à Abel Keramim. Et les fils d’Ammon furent humiliés devant les enfants d’Israël. Jephthé retourna dans sa maison à Mitspa. Et voici, sa fille sortit au-devant de lui avec des tambourins et des danses. C’était son unique enfant; il n’avait point de fils et point d’autre fille. Dès qu’il la vit, il déchira ses vêtements, et dit : Ah! ma fille! tu me jettes dans l’abattement, tu es au nombre de ceux qui me troublent ! J’ai fait un voeu à l’Éternel, et je ne puis le révoquer. Elle lui dit : Mon père, si tu as fait un voeu à l’Éternel, traite-moi selon ce qui est sorti de ta bouche, maintenant que l’Éternel t’a vengé de tes ennemis, des fils d’Ammon. Et elle dit à son père : Que ceci me soit accordé : laisse-moi libre pendant deux mois ! Je m’en irai, je descendrai dans les montagnes, et je pleurerai ma virginité avec mes compagnes. Il répondit : Va ! Et il la laissa libre pour deux mois. Elle s’en alla avec ses compagnes, et elle pleura sa virginité sur les montagnes. Au bout des deux mois, elle revint vers son père, et il accomplit sur elle le voeu qu’il avait fait. Elle n’avait point connu d’homme. Dès lors s’établit en Israël la coutume que tous les ans les filles d’Israël s’en vont célébrer la fille de Jephthé, le Galaadite, quatre jours par année. ((Jg 12, 29-40. Voltaire traite de ce récit biblique dans l’article « Jephté ou des sacrifices de sang humain » du Dictionnaire philosophique (1764), soulignant qu’il rappelle d’autres récits mythologiques et notamment celui du sacrifice accompli par le roi crétois Idoménée, petit-fils de Minos, sur son propre fils dans des circonstances comparables à l’occasion de son retour de la guerre de Troie.)). Avant la bataille décisive d’Israël contre les Ammonites, Jephté, qui conduisait les troupes des Hébreux, fit le vœu au Seigneur de sacrifier la première personne qu’il verrait s’il rentrait chez lui victorieux après la bataille. Quand Jephté s’en revint après avoir remporté la victoire, c’est sa fille unique qu’il vit venir à sa rencontre en dansant.
La marqueterie est fidèle au texte. En bas au centre-gauche, Jephté, reconnaissable à sa couronne et à son bâton de commandement, conduit les troupes d’Israël. Au premier plan sur toute la moitié droite de la marqueterie est représentée la bataille (les campements des Ammonites sont situés à droite). On voit de nouveau Jephté sur le chemin du retour, accueilli par sa fille sous les remparts de la ville située à gauche. Puis l’histoire se conclut en haut à gauche, dans le temple de Mitspa où l’on Jephté brandir un poignard pour sacrifier sa fille, accomplissant ainsi sa promesse faite à Dieu.
La narration suit un trajet particulier, selon une structure cyclique ou en forme d’anneau que Marilena Caciorgna compare à la « Ringcomposition ((La Ringcomposition (composition en anneaux) est une manière d’indiquer l’unité d’un épisode spécifique par symétrie : le premier élément correspond au dernier, le deuxième à l’avant-dernier, et ainsi de suite.)). Ici il s’agit plutôt d’une ellipse que d’un cercle, qui parcourt la marqueterie en partant de l’angle inférieur gauche pour se terminer dans l’angle supérieur gauche après avoir circulé vers la droite puis dans la partie supérieure.
Dans le contexte du pavement de la Cathédrale de Sienne comme dans la littérature exégétique, Jephté apparaît, avec d’autres figures bibliques, comme une nouvelle préfiguration du Christ et de son sacrifice. Il est chassé par ses frères comme Jésus est rejeté par les Juifs. ((Ce type d’interprétation se trouve dans divers textes parmi lesquels un auteur inconnu (Hugues de Saint Victor ?) :
Jepthe quoque, sicut, doctores exponunt, significat Christum. Sicut namque Jephte a fratribus ejectus accepi principatum, sic Christus a ludaeis refutatus, accepit principatum super populum fidelium. Sicut lephte liberavit populum fidelium, sicut Jephte liberavit populum de manu filiorum Ammon, sic Christus electos de servitute daemonum. Jephte per victoriam sacrificat filiam, et carnem suam Christus immolavit. (PL, 175, 680A-680B).
« Jephté aussi, ainsi que l’exposent les docteurs, signifie le Christ. En effet, lorsque Jephté, rejeté par ses frères, reçut le commandement suprême, le Christ, rejeté par les Juifs, reçut le commandement suprême sur le peuple fidèle. Ainsi que Jephthé a libéré le peuple des fidèles, ainsi qu’il est venu libérer le peuple de la main des fils d’Ammon, ainsi Christ a libéré les élus de la servitude du diable. Jefte sacrifie sa fille pour la victoire et Cristo immola sa propre chair pour le salut d’Israël. »
ou Isidore de Séville :
Quis ergo in Jephte praenuntiabitur, nisi Dominus Jesus Christus, et Salvator noster, qui a facie fratrum suorum, id est, Judaeorum abscedens, in gentibus principatum acepit ? Qui omnia humanae salutis sacramenta, tanquam juratus, explevit, et quasi filiam, ita carnem propriam pro salute )sraelis Domino obtulit. (PL 83, 388d-389).
« Qui donc sera préfiguré en Jephthé, sinon le Seigneur Jésus-Christ et notre Sauveur, qui, se détournant de la vue de ses frères, c’est-à-dire les Juifs, reçut le principat parmi les Gentils ? Qui a accompli tous les sacrements du salut humain, et comment une fille offrit ainsi sa propre chair au Seigneur pour le salut d’Israël ? »
)). Il est vainqueur des Ammonites et, comme le Sauveur, libère son peuple. Il sacrifie sa propre fille, comme Dieu immole le Christ pour le salut de l’humanité ((Voir CACIORGNA, Marilena, Un libro di marmo. Il pavimento del Duomo di Siena, Livourne, Sillabe, 2023, pp. 168-172.)).
