Domenico di Bartolo, « L’imperatore Sigismondo in trono con i suoi ministri »

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“« […] Maestro Domenicho dipentore habbi certa statua, ossivvero disegnio, il quale è simile alla faccia della Cesarea Maestà, et assai farebbe honore averlo nelle mani de la decta Opera ; potendosi avere per condecente prezzo, che al decto camerlengo sia lecito, senza suo pregiudizio…”

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Domenico di Bartolo (Asciano, 1400/1404 – Sienne, 1445/1447)

L’imperatore Sigismondo in trono, con i suoi ministri (L’empereur Sigismond trônant, avec ses ministres). 1447.

Marqueterie de marbres polychromes.

Inscriptions : /

Sienne, Cathédrale de Santa Maria Assunta.

La présente marqueterie constitue une remarquable exception. Parmi les compartiments du pavement de la Cathédrale qui représentent tous des scènes et des personnages de l’Ancien et du Nouveau Testament, il s’agit de la seule à être consacrée à un événement contemporain ((Dans le contexte du pavement de la Cathédrale, où toutes les scènes représentées sont issues de l’Ancien ou du Nouveau Testament, la présence d’un épisode laïc pourrait surprendre si Sienne, à cette époque, n’avait été une cité où vie religieuse et vie civique étaient aussi étroitement imbriquées.)). En route vers Rome, l’empereur Sigismond de Luxembourg s’arrêta à Sienne au mois de juillet 1432. Il séjourna neuf mois dans la ville, dans l’attente de l’invitation papale à se rendre dans la capitale de la Chrétienté pour y être couronné ((Plusieurs chroniqueurs, parmi lesquels le siennois Tommaso Fecini, ont rapporté le témoignage de l’arrivée de l’empereur à Sienne :

« A dì 8 di luglio lo ‘nperadore si parti da Lucha e passò l’Arno e gionse a Peciole, e di ciò si fe’ gran festa e falò e suoni di campane. A dì 11 di detto gionse in Siena messer Lorenzo, el grande siniscalco dello inperadore, entrò con 300 cavagli a la porta a Sancto Marco e gionti che furono, assettati a’ luoghi. A di 12 di luglio intrò lo ‘nperadore Sigismondo, in sabato, a la porta a Camollia a ora di nona e fuvi tutta la signoria e l’onoranza, tutti a coppia. Innanzi a la signoria tutto il chericato con tutte loro † e 50 mazieri, e ‘l bello padiglione adornato co’ larme d’inperio e del duca di Milano e balzana e popolo. E la grande bandiera dello inperadore, che la portava Giovanni di Mino Cicerchia (21), e quella del duca di Milano la portava Guidoccio di Gionta, e la balzana la portava Giovanata Luti. E tutti e tre vestiti di velluto seguendo la signoria co’ le chiavi delle porti di Siena in mano in tre mazi di tre terzi, e gionti a Santa Pitornella in poca d’otta gionse lo ‘nperadore Sigismondo, e tutti i signori e onoranze inginochiati tutti dinanzi, e lo ‘mperadore li benedisse e fêlli rizare ritti. E in quel tanto e’ gonfalonieri li derono la chiavi e esso le prese e baciolle e poi le tendé a’ signori e disse : « Siate voi propii guardia della vostra città senese. » »

« Le 8 juillet, l’empereur partit de Lucca, traversa l’Arno et arriva à Peciole, où il se fit une grande fête avec des feux de joie et des sonneries de cloches. Le 11 du même mois, monseigneur Lorenzo, grand sénéchal de l’empereur, entra dans Sienne par la porte San Marco avec 300 cavaliers, et dès leur arrivée, les logements furent ordonnés. Le 12 juillet, un samedi, l’empereur Sigismond entra à la porte de Camollia à 9 heures, et étaient présents toute la seigneurie et les honneurs, tous deux par deux. Devant la seigneurie tout le clergé avec tous leurs † et 50 massiers, ainsi que le beau pavillon orné avec les armoiries impériales et celles du duc de Milan, la Balzana et [le lion] du peuple. La grande bannière de l’Empereur était portée par Giovanni di Mino Cicerchia, et celle du duc de Milan était portée par Guidoccio di Gionta, et la Balzana par Giovanata Luti. Et tous trois, vêtus de velours, suivaient la seigneurie avec les clés des portes de Sienne en main les trois masses des trois quartiers. Il était environ huit heures quand l’empereur Sigismondo arriva à Santa Petronilla. Tous les seigneurs et les honoraires s’agenouillèrent devant lui, et l’empereur les bénit et les fit se relever. Et à ce moment-là, les gonfaloniers lui remirent les clés et il les prit et les embrassa, puis les tendit aux seigneurs et leur dit : « Soyez vous-même la garde de votre ville siennoise ». »

Tommaso FECINI, Cronaca senese, dans Lodovico Antonio MURATORI, Cronache senesi, Nouvelle éd. revue, augmentée et corrigée sous la direction de Giosué CARDUCCI, Vittorio FIORINI, Pietro FEDELE, tome XV, partie VI, Bologne, Zanichelli, 1939.)). Au printemps, l’empereur quitta Sienne pour Rome où le pape Eugène IV, qui s’était réconcilié avec lui dans cet intervalle, était enfin disposé à le couronner ((Le récit du départ de l’empereur se trouve, une nouvelle fois, dans la Cronaca de Fecini, selon laquelle le cortège impérial sortit de la ville le 25 avril 1434 avec toute la pompe qui convenait :

A dì 25 d’aprile, il dì di Sancto Marco, andò lo ‘nperadore a palazo a pigliare licenzia e ringraziare per lui e per sua famiglia dell’onore e utile ricevuto dalla città : « E se mai per me si può nulla, io sarò sempre aparechiato a ongni bene ch’io posso ; ma ben vi lasso questo ricordo, che mai vi leghiate con persona perché a ora l’uomo vorrebbe essere isciolto che bisognia stare legato, e se mai al tenpo mio aveste niuno bisognio, mandatelo a sapere e io farò quanto potrò e volentieri. » E prese licenzia e la signoria e l’onoranza l’acompagnò insino fuore la porta a Sancto Marco, al ponte a Tressa e li dè la benedizione a la signoria e all’onoranza e a la città e grandi e a picoli, e prese il camino per la Maremma e co’ lui andò Agustino Borghesi e Guidocio di Gionta, e’ quali per tutta la Maremma féro aparechiare dignissimamente allo imperadore, e così andò a Roma.

Le 25 avril, jour de saint Marc, l’empereur se rendit au palais pour obtenir congé et pour y faire ses remerciements, lui et sa famille, pour les honneurs et la qualité de la réception reçus de la ville : « Et si jamais quelque chose peut être fait par moi, je serai toujours prêt à faire tout le bien que je peux ; mais je vous rappelle de ne jamais vous lier à quiconque, car l’être humain voudrait être libre mais il éprouve le besoin de demeurer lié. Et si jamais de mon vivant, vous avez quelque besoin d’aide, faites-le moi savoir et je ferai volontiers ce qui est en mon pouvoir. Et il prit congé. La Seigneurie et les honneurs l’accompagnèrent à l’extérieur de la porte de Saint-Marc, jusqu’au pont de Tressa. Là, il donna sa bénédiction à la seigneurie, aux honneurs et à la ville, grande et petite, et prit le chemin à travers la Maremme. Agustino Borghesi et Guidocio di Gionta l’accompagnèrent dans toute la Maremme où ils prévirent toutes choses très dignement à l’égard de l’empereur. Puis il se rendit donc à Rome.

)). Les siennois espéraient alors vivement que celui-ci prendrait leur parti dans le conflit qui les opposait à Florence ((Cette espérance n’est certainement pas étrangère à la décision, prise une quinzaine d’années plus tard, de faire figurer l’empereur parmi les prophètes…)).

Au centre de la composition, dans un bel exemple de perspective frontale parfaitement maîtrisée, le souverain germanique siège, « accompagné des attributs du pouvoir, [et] entouré de courtisans sous un édicule au précieux goût antiquisant. » Cette architecture aux formes classiques « reproduit le dispositif éphémère mis en place dans le Campo pour le serment de fidélité au cours duquel Sigismond déploya le sens liturgique aigu de ses apparitions publiques » ((Marilena Caciorgna, Roberto Guerrini, Il pavimento del Duomo di Siena. L’arte della tarsia marmorea dal XIV al XIX secolo. Fonti e simbologia, Milan, Silvana Editoriale, 2004, pp. 139-141.)). Cette image, « témoignage d’une adhésion convaincue aux valeurs de la notitia antiquitatis ((Notitia antiquitatis : connaissance de l’Antiquité.)), associe ainsi l’autorité impériale à la culture d’avant-garde » ((Petra PERTICI, « Uno sguardo in avanti : il soggiorno di Sigismondo di Lussemburgo e le ultime manifestazioni di ghibellinismo a Siena », dans Gabriella PICCINNI (dir.), Fedeltà ghibellina. Affari guelfiSaggi e riletture intorno alla storia di Siena fra Due e Trecento, 2, vol., Pise, Pacini 2008, p. 623.)). L’empereur est installé à l’intérieur d’un espace délimité par un parapet qui, protégeant le trône sur lequel il a prit place, est orné de deux sculptures représentant des soldats en armes. Ces dernières font écho aux deux groupes d’hommes qui stationnent aux pieds du monarque : si quatre d’entre eux (les conseillers du prince) sont assis sur les marches du trône, deux autres, débout, se font face, ou s’opposent, mettant Sigismond dans la position de l’arbitre d’un possible conflit, à l’instar de celui qui couvait alors entre Sienne et Florence, et dont lui seul, pouvait, dans l’esprit des siennois, éviter le caractère inéluctable.

Afin que l’image de l’illustre personnage soit aussi ressemblante que possible à son modèle, l’Opera del Duomo, décida d’acheter à Domenico di Bartolo, un portrait dessiné probablement exécuté par l’artiste ((« […] Maestro Domenicho dipentore habbi certa statua, ossivvero disegnio, il quale è simile alla faccia della Cesarea Maestà, et assai farebbe honore averlo nelle mani de la decta Opera ; potendosi avere per condecente prezzo, che al decto camerlengo sia lecito, senza suo pregiudizio, o danno et co’ denari de la decta Opera, spendervi infino alla quantità di lire sedici. » (« Maître Domenico, peintre, a une certaine statue, ou plutôt un dessin, qui est très ressemblant au visage de sa Majesté Césarienne, et cela ferait beaucoup d’honneur de l’avoir entre les mains de ladite Œuvre [de la Cathédrale] ; s’il était possible de l’avoir à un prix raisonnable, que ledit chambellan puisse être autorisé, sans préjudice ni dommage, et avec l’argent de ladite Œuvre, à dépenser jusqu’à la somme de seize lires. » Délibération en date du 30 octobre 1434 mentionnée par Gaetano MILANESI ((AOMS. Delibere C. 4, 1434, ottobre 39, et document n. 132 transcrits par Milanesi dans Documenti per la storia dell’arte senese, tome 2, Sienne, 1854, pp. 161-162.)). En décembre de la même année, l’exécution de la maquette destinée à être reproduite dans le marbre était menée à son terme, ainsi que le révèle le Livre du Camerlingue au 2 décembre 1434. On ne sait pas exactement si Domenico di Bartolo renonça finalement à vendre l’original, « mais il est certain qu’il en élabora une seconde version qui servit de schéma d’exécution pour la marqueterie du dôme [qui fut finalement] mise en place en décembre 1447 » ((Maria Elena MASSINI, Dizionario Biografico degli Italiani, tome 53, 2000.)).

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