Piero del Minella, « Morte di Assalonne »

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Piero del Minella

Mort d’Absalom, 1447.

Marqueterie de marbres polychromes.

Inscriptions :

  • au bas de la scène : « ABSALON . VIDI . PENDER . PE CHAPELLI . POI . CHE . FEDO . LA CHAMERA . PATERNA * E TVCTO ERA FILCATO DI QVADRELLI » [1]

Sienne, Duomo.

Cette étrange scène représente fidèlement un épisode de l’Ancien Testament survenu au cours du combat opposant les troupes du roi David à celles de son fils Absalom dans la forêt d’Ephraïm. Absalom est tué contre l’avis de David dont il était le fils préféré en raison de sa beauté. Le récit se trouve dans le Deuxième Livre de Samuel (XVIII, 9-15) :

09 Absalom se retrouva par hasard en face des serviteurs de David. Il montait un mulet, et le mulet s’engagea sous la ramure d’un grand térébinthe (chêne). La tête d’Absalom se prit dans les branches, et il resta entre ciel et terre, tandis que le mulet qui était sous lui continuait d’avancer.

10 Quelqu’un l’aperçut et avertit Joab : « Je viens de voir Absalom suspendu dans un térébinthe. »

11 Joab dit à l’homme qui l’avait averti : « Tu l’as vu ! Pourquoi donc ne l’as-tu pas frappé et abattu sur place ? J’aurais dû alors te donner dix pièces d’argent et une ceinture. »

12 L’homme répondit à Joab : « Même si je soupesais maintenant, dans la paume de mes mains, mille pièces d’argent, je ne porterais pas la main sur le fils du roi, car nous avons entendu de nos oreilles l’ordre que le roi vous a donné à toi, à Abishaï et à Ittaï : “Par égard pour moi, veillez sur le jeune Absalom !”

13 Et si j’avais commis cette trahison au péril de ma vie, comme rien n’échappe au roi, tu te serais toi-même tenu à l’écart. »

14 Joab lui dit : « Je ne vais pas perdre mon temps avec toi ! » Et il se saisit de trois épieux qu’il planta dans le cœur d’Absalom, encore vivant au milieu du térébinthe.

15 Alors, dix jeunes écuyers au service de Joab entourèrent Absalom pour le frapper à mort.

La figure du fils de David suspendu à la branche du chêne annonce ici celle d’un autre Fils, cloué sur la croix et béni par son Père.

[1] « Absalom pendu par les cheveux alors qu’il fuyait la demeure paternelle. Et il était tout percé de pieux. »