Bartolomeo Bulgarini, « Madonna in trono col Bambino tra due ali di Angeli »

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Bartolomeo Bulgarini (documenté à Sienne de 1337 à 1378)

Vierge à l’Enfant entre deux rangées d’anges, vers 1360.

Tempera sur panneau

Provenance : Ospedale di Santa Maria della Scala.

Sienne, Pinacoteca Nazionale.

Le polyptyque dont cette œuvre constituait, selon toute vraisemblance, le panneau central, a été réalisé autour de 1360, selon l’avis le plus communément partagé aujourd’hui par la critique. Son auteur, Bartolomeo Bulgarini, entretenait d’étroits rapports avec l’Ospedale di Santa Maria della Scala dont il devint d’ailleurs oblat en 1370, et à qui, de ce fait même, il léga tous ses biens en héritage. Il est probable que le polyptyque ait été exécuté pour orner l’une des chapelles de l’Ospedale, institution dans laquelle Bulgarini eut l’occasion de peindre cinq retables. Celui qui nous intéresse ici devait être particulièrement somptueux, ainsi qu’en témoigne encore la richesse chromatique et décorative du panneau représentant la Madonna in trono col Bambino.

Dans un format rectangulaire vertical dont le sommet adopte la forme ogivale caractéristique du style gothique, littéralement immergées dans la splendide patine d’un fond doré que le temps n’a pas altéré, les figures angéliques forment un chœur autour des personnes sacrées de la Vierge ainsi que de l’Enfant qu’elle tient sur ses genoux. Celui-ci n’est pas assis, comme le veut une tradition ancienne ; il se tient debout afin de donner plus de solennité au geste de bénédiction qu’il adresse au spectateur en le regardant droit dans les yeux, et plus de visibilité à son caractère surnaturel. La banderole qu’il tient en main, dont le contenu n’est plus lisible, devait confirmer sa nature divine par une courte formule (”EGO SUM” …) habituellement rencontrée en pareille configuration picturale. La robe de brocard dont il est revêtu vise, par sa splendeur et sa richesse, et parmi la répétition des indices représentés, qui tous convergent, à graver dans l’esprit du spectateur la conscience de se trouver face à un Enfant que sa royauté divine distingue du commun des mortels.

Autour et à l’arrière du haut trône gothique sur lequel a été tendu le drap d’honneur réservé aux souverains, les anges filiformes, aux bras sagement croisés et aux pommettes aussi roses que celles de la Vierge et de l’Enfant observent la scène en silence, avec une attention soutenue. Dans une immobilité parfaite qui le situe en dehors de toute temporalité, exempt de tout accident, ce spectacle ressemble peut-être à celui de l’éternité qu’il a vocation à évoquer ici. Dans cette logique, la composition, parfaitement ordonnée par la symétrie, est grandement mise au service du sens. Il n’est que d’observer l’intelligence formelle qui détermine l’inscription harmonieuse des visages des anges dans les lobes de l’encadrement, au sein d’un format rendu complexe par ses contours impeccablement gothiques. Et de regarder, encore, ces autres anges qui, dans les écoinçons, sont ordonnés, symétriquement eux aussi, et simulent comme une ponctuation venue rythmer, sans occasionner aucun trouble, un espace que leurs vêtements et leurs auréoles ont saturé d’or.

Reconstitution du polyptyque 

Quatre panneaux appartenant au polyptyque sont actuellement identifiés. Deux d’entre eux se trouvent dans les collections des Offices de Florence où ils sont exposés après avoir fait l’objet d’une importante restauration en 2015. Ils représentent :

    • Pierre (fig. 1), avec, dans la partie inférieure, le buste d’un apôtre identifié comme Jacques le Mineur
    • Jean Baptiste (fig. 2), accompagné, au-dessous, de l’apôtre Paul, celui-ci aisément identifiable

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1                                      2

L’examen effectué à l’occasion de la restauration montre que les deux panneaux étaient fixés aux extrémités latérales d’un retable dont on suppose que le panneau central est celui qui nous intéresse ici.

Les deux autres panneaux sont conservés à la Pinacothèque de Sienne (n° 59 et 75), dont :

Considérant qu’il s’agissait sans doute d’un polyptyque comportant cinq panneaux, celui-ci serait donc complet, n’était la prédelle dont aucune trace ne subsiste aujourd’hui.

Fig. 1. Bartolomeo Bulgarini, San Pietro. Florence, Uffizi.

Fig. 2. Bartolomeo Bulgarini, San Giovanni Battista. Florence, Uffizi.

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