Pietro Lorenzetti

Pietro Lorenzetti (Sienne, actif de 1306 à 1344) : peintre.

L’inscription : « HOC OPUS FECIT PETRUS LAURENTII ET AMBROSIUS EIUS FRATER M.CCC.XXX.V » [1], qui figurait sur l’une des fresques perdues de l’Ospedale di Santa Maria della Scala, confirme le rapport fraternel qui unissait Pietro et Ambrogio Lorenzetti.

« Ambrogio et Pietro Lorenzetti sont à l’évidence les figures qui, après Duccio et avec Simone Martini, dominent l’école siennoise dans la première moitié du XIVe siècle. On situe d’ordinaire la naissance de Pietro vers 1280. Si on l’identifie avec un certain ‘Petruccio di Lorenzo’, auteur d’une peinture destinée à la chapelle des chevaliers dans le Palais Public de Sienne (aujourd’hui disparue), ce début de peintre remonterais à 1306. Parmi ses œuvres datant de la deuxième décennie, il faut citer une Vierge à l’Enfant entourée d’ange, ou se lit clairement l’influence de Duccio, ainsi qu’un Crucifix monumental, tous deux conservés au Musée Diocésain de Cortone [reprod. ci-dessous]. Sa réputation a alors dépassé Sienne, puisqu’il est chargé de peindre les Scènes de la Passion du Christ, dans le transept gauche de la basilique inférieure d’Assise. Il y révèle une singulière force dramatique et une puissance plastique qui rappelle celle de Giovanni Pisano. Sa compréhension du nouveau langage figuratif de Giotto le conduit à des inventions formelles dans la définition d’un espace à trois dimensions, qui préfigure les inventions de la Renaissance florentine. Lui aussi est l’un des grands novateurs du XIVe siècle. La même inspiration qu’à Assise se retrouvera dans la Crucifixion de San Francesco à Sienne. En 1320, Lorenzetti reçoit la commande du polyptyque du maître autel de la Pieve d’Arezzo (toujours en place). Il peint à Sienne le polyptyque pour l’église du Carmine (1329), aujourd’hui partagé entre la Pinacoteca de Sienne et le Norton Simon Museum de Pasadena. Avec son frère et Simone Martini, il participe à la réalisation du grand ensemble de fresques racontant la vie de la Vierge sur la façade extérieure de l’hôpital Santa Maria della Scala (1335) aujourd’hui disparues. En 1342 [2], il termine la Nativité de la Vierge pour l’autel San Savino de la cathédrale (au Museo dell’Opera del Duomo), et une Maestà destinée à l’église San Francesco de Pistoia, conservée au musée des Offices. Parmi ses autres œuvres, apparaissent le retable de la Beata Umiltà, conservé pour l’essentiel aux Offices [fig. ci-dessous]. Tout au long de sa carrière, l’artiste exécutera des panneaux précieux de petit format, diptyques ou triptyques, où la délicatesse de l’exécution et du chromatisme s’allie à la solidité formelle. Comme son frère Ambrogio, il meurt en 1348, des suites de l’épidémie de peste. » [3]

Vierge à l’Enfant entourée d’anges. Cortona, Museo diocesano.
Crucifix. Cortona, Museo diocesano.

La bienheureuse Umiltà et scènes de sa vie, vers 1335-1340. Florence, Museo degli Uffizi.

[1] « Cette œuvre a été peinte par Pietro Lorenzetti et Ambrogio son frère en 1335 ». L’inscription est rapportée pour la première fois par Isidoro Ugurieri-Azzolini (Sienne, 15..? – 1665) dans Le Pompe sanesi, o’vero Relazione delli huomini e donne illustri di Siena e suo stato, scritta dal padre […] Isidoro Ugurgieri-Azzollini (1649).

[2] Certains historiens de l’art datent cette œuvre de 1335. C’est le cas à la Pinacoteca Nazionale.

[3] SAINTE FARE GARNOT 2009, p. 51.