Pietro Lorenzetti, « Pala del Carmine. Madonna in trono col Bambino fra quattro Angeli, San Nicola e il profeta Elia »

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Pietro Lorenzetti (actif à Sienne de 1305 à 1345)

Pala del Carmine. Madonna in trono col Bambino fra quattro Angeli, San Nicola e il profeta Elia  [1], 1329 (datée et signée).

Tempéra sur panneaux transposé sur toile en 1883, dimensions indiquées ci-dessous, panneau par panneau.

Inscriptions :

  • sur la base du trône de la Vierge : «  PETRUS LORENTII DE SENIS ME PINSIT A.D. MCCCXXVIII[I] »
  • au-dessous de saint Nicolas : « S. NICHOLAUS »
  • au-dessous du prophète Elie : « ELYAS PROPHETA »
  • sur le rouleau tenu en main par le prophète Elie : « VERUMTAMEN NUNC MITTE ET CONGREGA AD ME UNIVERSUM ISRAEL IN MONTE CARMELO ET PROPHETAS BAAL QUADRINGENTOS QUINQUAGINTA … »

Provenance : Oratorio della Compagnia di Sant’Ansano, Dòfana, près Sienne. A l’origine, église du Carmine, Sienne.

Sienne, Pinacoteca Nazionale.

« Monument le plus insigne de la peinture du Trecento italien » ! C’est par ces mots que Pietro Torriti [14] salue l’œuvre commandée par les Carmélites de Sienne à Pietro Lorenzetti vers 1327/1328 et certainement achevé au plus tard le 26 octobre 1329. [15]

Le retable est resté sur l’autel principal de l’église du Carmine pendant environ deux siècles, jusqu’à ce que le panneau central ainsi que le compartiment central de la prédelle consacré à San Broccardo soient transférés dans l’Oratoire de la petite église de campagne de Sant’Ansano a Dòfana. Les autres panneaux de la prédelle furent l’objet d’importants repeints, ajoutant trois historiettes relatives à saint Ansano et transformant le prophète Elie en un saint Antoine Abbé qui fut alors considéré plus adapté à une église de campagne (Saint Antoine Abbé était également le protecteur du bétail …). Les autres parties du polyptyque restèrent dans le couvent des Carmélites jusqu’à ce que certains d’entre eux finissent par être vendus [16] en Angleterre (1818). A partir de 1842, les panneaux rescapés ont été déposés à la Galerie de l’Académie (aujourd’hui Pinacothèque Nationale).

Reconstitution du polyptyque de Pietro Lorenzetti.

A trois exceptions près [2], les panneaux, tous les panneaux figurant dans la reconstitution ci-dessus sont conservés aujourd’hui à la Pinacoteca Nazionale. Il représentent :

  • Le panneau central :
    • Madonna col Figlio tra quattro Angeli, San Nicola e il Profeta Elia [3]
  • Les panneaux latéraux :
    • à gauche :
      • Santa Agnese [4] ; sur les piédroits [5] de l’arcade : deux demi figures d’anges portant une palme
      • Profeta Eliseo (Los Angeles, Norton Simon Foundation) ; sur les piédroits de l’arcade : deux demi figures d’anges portant une palme
    • à droite :
      • San Giovanni Battista, (Los Angeles, Norton Simon Foundation) ; sur les piédroits de l’arcade : deux demi figures d’anges portant une palme
      • Santa Caterina d’Alessandria ; sur les piédroits de l’arcade : deux demi figures d’anges portant une palme
  • Les cuspides :
    • à gauche :
      • les saints Tommaso et Jacopo ; entre les petites arcades : demi figure de prophète
    • à droite :
      • les saints Andrea et Jacopo Maggiore (New Haven [USA], Yale University Art Gallery) ; entre les petites arcades : demi figure de prophète [6]
      • les saints Taddeo [7] et Bartolommeo ; entre les petites arcades : demi figure de prophète
  • La prédelle (de gauche à droite) :
    • Sogno di Sobach [8]
    • Eremiti carmelitani presso la Fonte di Elia [9]
    • Sant’Alberto [10], Patriarca di Gerusalemme, consegna la Regola carmelitana a San Broccardo [11]
    • Papa Onorio III approva la Regola carmelitana [12]
    • Papa Onorio IV concede l’abito bianco ai carmelitani in sostituzione di quello barrato [13]

Ainsi, le grand polyptyque peut-il être aujourd’hui reconstitué quasiment entier ; il ne lui manque, en fait, qu’une cuspide à laquelle s’ajoutent le faîtage, les pinacles et le cadre original, peut-être également peints.

« Monument le plus insigne de la peinture du Trecento italien » ! C’est par ces mots que Pietro Torriti [14] salue l’œuvre commandée par les Carmélites de Sienne à Pietro Lorenzetti vers 1327/1328 et certainement achevé au plus tard le 26 octobre 1329. [15]

Le retable est resté sur l’autel principal de l’église du Carmine pendant environ deux siècles, jusqu’à ce que le panneau central ainsi que le compartiment central de la prédelle consacré à San Broccardo soient transférés dans l’Oratoire de la petite église de campagne de Sant’Ansano a Dòfana. Les autres panneaux de la prédelle furent l’objet d’importants repeints, ajoutant trois historiettes relatives à saint Ansano et transformant le prophète Elie en un saint Antoine Abbé qui fut alors considéré plus adapté à une église de campagne (Saint Antoine Abbé était également le protecteur du bétail …). Les autres parties du polyptyque restèrent dans le couvent des Carmélites jusqu’à ce que certains d’entre eux finissent par être vendus [16] en Angleterre (1818). A partir de 1842, les panneaux rescapés ont été déposés à la Galerie de l’Académie (aujourd’hui Pinacothèque Nationale).

[1] Retable du Carmel. Vierge à l’Enfant en majesté parmi quatre anges, saint Nicolas et le prophète Elie.

[2] Elles sont indiquées ci-après en gras dans la liste des scènes représentées.

[3] Vierge à l’Enfant en majesté entre quatre anges, saint Nicolas et le prophète Elie.

[4] Agnès.

[5] Terme d’architecture : jambage d’une baie ou d’une cheminée.

[6] Toutes ces demi-figures sont représentées ici pour répéter le lien, nécessairement indissoluble, qui unit Ancien et Nouveau Testaments.

[7] Taddeo : Thadée.

[8] Le songe de Sobach : Sobach, père légendaire du prophète Elie, aurait vu en songe l’extraordinaire ministère de son fils. Cette légende est, bien entendu, particulièrement chère aux Carmélites. (Voir détail du panneau dans le commentaire spécifique).

[9] Des ermites carmélitains près de la Fontaine d’Elie : cette fontaine, dite d’Elie, se trouvait sur le mont Carmel où les ermites, à l’exemple du prophète, vivaient une vie solitaire. (Voir détail du panneau dans le commentaire spécifique).

[10] Saint Albert de Jérusalem, au siècle Alberto Avogadro dei conti di Sabbioneta (Castel Gualtieri, 1149 – Acri, 14 septembre 1214) : évêque et patriarche, il fut également fondateur de la Règle des Carmélites ; il est vénéré comme saint par l’Eglise Catholique. (Voir détail du panneau dans le commentaire spécifique).

[11] Saint Albert, patriarche de Jérusalem, concède la Règle carmélite à saint Broccardo ; saint Broccardo est réputé avoir été le premier Prieur de l’Ordre du Carmel. (Voir détail du panneau dans le commentaire spécifique).

[12] Le pape Honorius III approuve la Règle de l’Ordre du Carmel. (Voir détail du panneau dans le commentaire spécifique).

[13] Le pape Honorius IV concède l’habit blanc aux Carmélites en remplacement de celui rayé (l’ancien habit, que l’on peut voir porté par les ermites qui se rendent à la Fontaine d’Elie dans le premier compartiment de la prédelle, était rayé de bandes horizontales foncées et claires alternées ; voir détail du panneau dans le commentaire spécifique).

[14] TORRITI 1978, p. 98.

[15] A cette date, la Commune de Sienne vote une augmentation (50 lires) de sa contribution au paiement de la somme totale due par les frères carmes à Pietro Lorenzetti (celle-ci s’élevait, semble-t-il, au montant de 150 florins d’or). D’où l’on déduit qu’à la date du vote, l’œuvre était achevée.

[16] C’est évidemment le cas des trois panneaux aujourd’hui dans des collections américaines.