Judas Iscariote (Giuda Iscariota) : celui des apôtres qui trahit Jésus contre une somme d’argent. Pendant la Cène, le dernier repas du Christ, celui-ci dit aux apôtres réunis : « l’un de vous va me livrer ». Étonnés et attristés de cette nouvelle, ils demandent si le traître est l’un d’entre eux. Jésus répond « Celui qui s’est servi au plat en même temps que moi, celui-là va me livrer ». [1]Mt 26, 23. Voir aussi : Mc 14, 17-21 ; Lc 22, 21-23 ; Jn 13, 21-30.. D’après les évangiles synoptiques, c’est Judas, qui assure le rôle de trésorier, qui livre Jésus aux grands prêtres de Jérusalem, et obtient pour cela trente [2]Le nombre 30 correspond à la valeur numérique de Yéhudah, « Judas » en hébreu. pièces d’argent, les « deniers de Judas ». Toujours selon les évangiles synoptiques, Jésus se trouve au jardin de Gethsémani quand Judas le désigne en l’embrassant aux gardes venus l’arrêter.
Le Nouveau Testament donne deux versions de la mort de Judas. Celle décrite dans l’Evangile selon Matthieu le fait mourir peu de temps après la condamnation de Jésus : « pris de remords, il rapporta les pièces d’argent aux grands prêtres et aux anciens, en disant : j’ai péché en livrant un sang innocent […]. Alors, il se retira en jetant l’argent du côté du sanctuaire et alla se pendre. » [3]Mt 27, 5 Les Actes des Apôtres indiquent, quant à eux : « cet homme, ayant acquis un champ avec le salaire du crime, est tombé, s’est rompu par le milieu du corps, et toutes ses entrailles se sont répandues ». [4]Ac 1, 18
Iconographie
Le personnage de Judas est « souvent représenté vêtu de jaune, comme c’est notamment le cas chez Rubens ou Giotto. C’est en particulier de cet état de fait que découle l’association du jaune et de la notion de traîtrise et l’assignation aux Juifs à partir du Moyen Age de cette couleur de l’infamie.
Judas porte généralement une bourse, on attribut principal, qui représente non seulement sa charge de trésorier au sein de la communauté des apôtres, mais aussi et surtout le salaire de sa trahison ainsi que sa cupidité. Il peut également être accompagné d’un chien. [5]« Dans l’art de la Contre-Réforme, Judas est souvent accompagné d’un chien qui, parfois, ronge un os sous la table et qui n’est, dans ce cas, comme dans les Cènes de Véronèse, qu’un sujet de genre, mais auquel on est tenté d’attribuer parfois une signification symbolique. « Dans un tableau de Jordans au musée d’Anvers, Judas caresse la … Poursuivre
Principaux épisodes de la vie de Judas :
- La trahison de Judas (Mt 26, 14-16 ; Mc 14, 10-11 ; Lc 22, 3-6). Jésus vient d’annoncer à ses disciples que dans deux jours aura lieu la Pâque et que lui, Fils de l’homme, sera livré et crucifié. Sans savoir pourquoi, Judas se rend chez les prêtres du Temple
- Le pacte de Judas. Celui-ci promet aux prêtres de livrer Jésus pour trente pièces d’argent. « Alors s’accomplit ce qui avait été dit par le prophète Jérémie : « Et ils prirent les trente pièces d’argent : c’est le prix de celui qui fut évalué, de celui qu’ont évalué les fils d’Israël. Et ils les donnèrent pour le champ du potier, ainsi que le Seigneur me l’avait ordonné. » (Mt, 27, 9). Selon E. Cuvillier, la citation que produit l’évangile combine en fait Zacharie 11, 12-13, et Jérémie, 18, 2-3 ; 19, 1-2, et 32, 6-15. [6]Élian CUVILLIER, « Évangile selon Matthieu », dans Camille FOCANT et Daniel MARGUERAT (dir.), Le Nouveau Testament commenté, Paris/Genève, Bayard/Labor et Fides, 2012, p. 143.
- Le baiser de Judas. Après avoir chanté les psaumes, la troupe monte au jardin des Oliviers (ou jardin de Gethsémani). Jésus sait que son arrestation est proche. Judas apparaît alors accompagné d’une foule armée, envoyée par les autorités juives. Il désigne qui est celui que l’on doit arrêter en embrassant Jésus. Jésus semble conscient que c’est de cette manière que s’accompliront les prophéties et il dit à son disciples « Mon ami, ce que tu es venu faire, fais-le ! ». [7]Mt 26, 47-56 ; Mc 14, 43-52 ; Lc 22, 47-53 ; Jn 18, 3-13
- Mort de Judas.
Notes
| 1↑ | Mt 26, 23. Voir aussi : Mc 14, 17-21 ; Lc 22, 21-23 ; Jn 13, 21-30. |
|---|---|
| 2↑ | Le nombre 30 correspond à la valeur numérique de Yéhudah, « Judas » en hébreu. |
| 3↑ | Mt 27, 5 |
| 4↑ | Ac 1, 18 |
| 5↑ | « Dans l’art de la Contre-Réforme, Judas est souvent accompagné d’un chien qui, parfois, ronge un os sous la table et qui n’est, dans ce cas, comme dans les Cènes de Véronèse, qu’un sujet de genre, mais auquel on est tenté d’attribuer parfois une signification symbolique. « Dans un tableau de Jordans au musée d’Anvers, Judas caresse la tête du chien assis à ses pieds, tandis que Jésus lui tend la bouchée. On peut en donner plusieurs explications. Peut-être le chien, emblème de la fidélité, est-il destiné à faire ressortir par contraste la fausseté de Judas ? Peut-être est-il, comme dans les Bestiaires, l’incarnation du Diable, allié du traître […]. » (Louis RÉAU, Iconographie de l’Art Chrétien, Paris, Presses universitaires de France, p. 415). |
| 6↑ | Élian CUVILLIER, « Évangile selon Matthieu », dans Camille FOCANT et Daniel MARGUERAT (dir.), Le Nouveau Testament commenté, Paris/Genève, Bayard/Labor et Fides, 2012, p. 143. |
| 7↑ | Mt 26, 47-56 ; Mc 14, 43-52 ; Lc 22, 47-53 ; Jn 18, 3-13 |
