Guido da Siena, « Maestà »

Guido da Siena (Sienne, actif entre 1260 et 1280)

Maestà (Vierge à l’Enfant en Majesté), v. 1270.

Tempéra et or sur bois, panneau principal : 283 x 194 cm, gâble (Christ bénissant et deux anges) : 79 x 189 cm.

Inscriptions :

  • (au bas de l’œuvre) : « ME GUIDO DA SENIS DIEBUS DE PINXIT AMENIS QUEM CHRISTUS LENIS NULLIS VELIT ANGERE PENIS ANNO DOMINI MILLESIMO CCXXI » [1]« Guido de Sienne, que le Christ ne voulait contrarier d’aucune peine, m’a peinte au cours de jours heureux, dans l’année (A[nno] D[omini]) 1221 ». La date 1221 qui figure dans l’inscription à fait l’objet d’une controverse : en effet, si elle avait pu être confirmée, elle aurait inversé la priorité chronologique des peintures florentine et siennoise, et placé les … Poursuivre

Provenance : In situ.

Sienne, Église de San Domenico.

Si la date mentionnée dans l’inscription figurant au bas de l’œuvre n’est pas celle de son exécution par Guido da Siena (voir note 1), l’œuvre n’en est pas moins exceptionnelle, aussi bien du fait de ses dimensions imposantes que de son style marqué par les premières tentatives visant à se différencier du hiératisme propre à l’art byzantin en y introduisant le sentiment du volume des objets, ainsi que la capacité des corps figurés à se mouvoir dans l’espace qui constituent les caractéristiques mêmes de la toute première Renaissance. Ici, la Vierge adopte encore l’attitude typique de l’hodigitria et le geste par lequel elle présente son fils à l’observateur. Sa silhouette, cependant, est vue de trois-quarts, assise sur un trône qui a lui aussi perdu sa frontalité en présentant l’une de ses faces latérales représentées selon une perspective de type cavalière. Grâce à la fluidité nouvelle et à la cohérence qui s’établit dorénavant entre les figures représentées, on mesure le chemin parcouru en terme de « réalisme » depuis l’exécution de la première Maestà de l’histoire de la peinture de Sienne [2]Il s’agit bien entendu de la Madonna degli occhi grossi (Sienne, Museo dell’Opera Metropolitana), œuvre d’un peintre demeuré anonyme et connu sous l’intitulé ‘Maestro di Tressa‘..

Les visages de la Vierge et de l’Enfant ont fait l’objet de repeints réalisés par un peintre de l’école de Duccio au début du XIVe siècle. [3]Duccio. Alle origini della pittura senese (cat. d’exp., Sienne, 2003-2004), Milan, Silvana, 2003.

Hypothèse de reconstruction par Stubblebine () aujourd’hui refusée.

Notes

Notes
1 « Guido de Sienne, que le Christ ne voulait contrarier d’aucune peine, m’a peinte au cours de jours heureux, dans l’année (A[nno] D[omini]) 1221 ». La date 1221 qui figure dans l’inscription à fait l’objet d’une controverse : en effet, si elle avait pu être confirmée, elle aurait inversé la priorité chronologique des peintures florentine et siennoise, et placé les débuts de cette dernière antérieurement. Cependant, aucune analyse stylistique ne peut confirmer cette date. Il est dorénavant avéré que celle-ci a été apposée non pour dater l’œuvre mais pour commémorer l’année de la mort de Dominique de Guzman, saint fondateur de l’Ordre qui porte son nom, à qui est dédiée l’église à laquelle l’œuvre était destinée.
2 Il s’agit bien entendu de la Madonna degli occhi grossi (Sienne, Museo dell’Opera Metropolitana), œuvre d’un peintre demeuré anonyme et connu sous l’intitulé ‘Maestro di Tressa‘.
3 Duccio. Alle origini della pittura senese (cat. d’exp., Sienne, 2003-2004), Milan, Silvana, 2003.

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