Maestro di Tressa, « Madonna degli Occhi Grossi »

 

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Maestro di Tressa (Sienne, première moitié du XIII s.)

Madonna degli Occhi Grossi (Madone aux Gros Yeux), deuxième quart du XIIIe s.

Tempera et or sur panneaux, 97 x 67 cm.

Provenance : Duomo, Sienne.

Sienne, Museo dell’Opera del Duomo.

Il s’agit de la plus ancienne image peinte de la Vierge Marie dans l’art siennois. C’est devant cette image qu’au lendemain de la victoire de Montaperti (4 septembre 1260), la totalité de la population de la ville, guidée par le Podestà Bonaguida Lucari (au prénom de circonstance), vint se prosterner devant l’image qui faisait alors partie du retable ornant le maître-autel de la Cathédrale, tandis que le Podestà fit un acte de pénitence en donnant Sienne à la Vierge, et en la soumettant à elle.

La Cronaca de 1442 [1] précise aussi que le panneau était flanqué d’autres figures en bas relief et qu’après avoir orné le maître-autel, il fut déplacé sur le mur du clocher, c’est-à-dire dans la partie droite de la nef, afin d’être remplacé par un panneau représentant la Madonna del Voto ou Madonna delle Grazie, peint par Dietisalvi di Speme, aujourd’hui dans la chapelle du même nom datant du XVIIIe s. Après d’autres vicissitudes, la Madonna degli occhi grossi finit son périple sur une cimaise du Museo dell’Opera où nous la contemplons de nos jours.

La frontalité parfaite de la composition d’ensemble, de même que son organisation parfaitement symétrique, les disproportions notables entre les personnages qui, loin de se préoccuper de réalisme, cherchent à dire l’importance relative de chacun d’eux, la recherche d’abstraction qui porte même sur la représentation du trône sur lequel est assise la Vierge, tout cet ensemble, décidément médiéval, nous impose d’instaurer un dialogue avec l’image sacrée de la Vierge qui passe entièrement par le regard, aspirés que nous sommes par ces deux yeux exorbités et posant sur nous un regard sans doute implacable mais non exempt d’une humanité pleine de compassion. C’est peut-être tout cela mis ensemble qui fait la beauté si particulière de cette œuvre.

[1] Chronique compilée en 1442 par Niccolò di Giovanni di Francesco Ventura.

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