Benozzo Gozzoli, « Madonna con Bambino in umiltà con angeli e i santi Andrea e Prospero. Pala di Sant’Andrea »

Benozzo Gozzoli (Sant’Ilario a Colombano [Scandicci], 1420 ou 1424 – Pistoia, 1497)

Madonna con Bambino in umiltà con angeli e i santi Andrea e Prospero. Pala di Sant’Andrea (Vierge à l’Enfant de l’Humilité avec des anges et les saints André et Prosper. Retable de Sant’Andrea), 1466.

Tempéra et or sur panneau, 194,5 x 186,5 cm (avec encadrement et prédelle) ; 139 x 162,5 cm (retable sans trabéation [1]Trabéation : structure constituée par l’ensemble des éléments horizontaux portés, tels que les poutres ou les linteaux, permettant de supporter des charges. ni prédelle, pilastres compris) ; 131 x 138 cm (compartiment central) ; prédelle : 18 x 135 cm (partie figurée), 27,5 x 175,5 cm (avec cadre ).

Inscriptions :

  • (sur une ligne, au bas du panneau central) : « OPVS BENOTII DE FLORENTIA DIE XXVIII AVGVSTI MCCCCLXVI » [2]«Œuvre de Benozzo de Florence, ce jour 28 août 1966. »
  • (sur une seconde ligne, au dessous de la précédente) : « HOC OPVS FECIT FIERI VENERABILIS SACERDOS D(OMI)N(U)S HIERONVMUS (sic) NICOLAI DE S(AN)C(T)O GEM(IGNAN)O RECTO(RE)M D(I)C(T)E EC(C)LESIE » [3]« Le vénérable Jérôme di Niccolò de San Gimignano, prêtre de Dieu, recteur de l’église, fit faire cette œuvre. » Le donateur du retable de Benozzo, le « vénérable prêtre » Girolamo (Jérôme) di Niccolò (parfois improprement appelé de’ Niccolai), est le même homme qui, le 10 janvier 1463, fut chargé par les prieurs, avec Domenico Fruosini, … Poursuivre
  • (dans l’auréole de la Vierge) : « SANCTA MARIA MATER IESV XPI » [4]Sainte Marie Mère de Jésus-Christ. »
  • (dans l’auréole de saint André) : « SANCTVS ANDREAS » [5]« Saint André. »
  • (dans l’auréole de l’Enfant-Jésus) : «  YHS CHRISTVS FILIVS DEI VIVI » [6]« [Respondens Simon Petrus dixit :Tu es Christus, Filius Dei vivi » : « Simon Pierre répondit :] Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » (Mt 16, 16).
  • (dans l’auréole de saint Prospero) : « SANCTVS PROSPERVS » [7]« Saint Prosper. » Prosper d’Aquitaine (Aquitaine, v. 390 – v. 463) : écrivain chrétien, disciple de saint Augustin, et chroniqueur, continuateur de la Chronique universelle d’Eusèbe de Césarée, poursuivie ensuite par saint Jérôme. Prosper fut un intellectuel de haut niveau, formé dans les plus belles écoles d’Aquitaine, son pays natal. Il est marié et sans doute … Poursuivre

Provenance : église paroissiale de Sant’Andrea, San Gimignano.

San Gimignano, Pinacoteca Civica.

Le format de l’œuvre correspond pleinement à la pala quadrata [8]Pala quadrata : retable carré. moderne et caractéristique de la Renaissance, marquant une rupture avec le polyptyque gothique tardif à compartiments et pinacles, inauguré dans le San Lorenzo de Brunelleschi par le maître de Benozzo, Beato Angelico, en 1434 avec le retable d’Annalena (selon l’hypothèse de Hood 1993, p. 102-107) et culminant avec le retable de San Marco (1438-1439) (Fra Angelico, Pala di San Marco. (compartiment central 220 x 227 cm), datable d’environ 1440 et conservé (pour le compartiment central et quelques panneaux secondaires) au Musée national de San Marco à Florence.)) que Benozzo fut appelé à imiter dans le retable de la Purification (1461-1463). Le cadre, bien conservé – contrairement à l’autre retable de San Gimignano, celui de la Madeleine [9] – témoigne du classicisme alors répandu, tant dans sa menuiserie que dans son ornementation : pilastres cannelés, chapiteaux pseudo-corinthiens, entablement orné d’une frise de palmettes sur fond rouge et linteau mouluré de bandes de feuilles et d’ovoli [9]En architecture et en orfèvrerie, l’ove est un motif ornemental en forme d’œuf, qui orne une corniche ou une moulure. Il est souvent présenté en série dans le cadre d’un motif d’« oves et dards ». La moulure, ou quart de rond sur lequel les oves sont appliqués, s’appelle ovolo..

Prédelle
  • Cristo in pietà tra i santi Girolamo, la Vergine, Giovanni evangelista e Guglielmo (Le Christ de Piété entre la Vierge et les saints Jérôme, Jean l’Évangéliste et Guillaume)

Dans les auréoles des personnages figurés dans la prédelle :

  • « S(AN)C(TU)S HIERONIMUS »
  • « SANCTA MARIA VIRGO »
  • « YH(ESU)S XP(ISTU)S » (« Jésus-Christ. »))
  • « S(AN)C(TU)S I(O)HANNES EV(ANGELIST)A »
  • « S(AN)C(TU)S GHUGLIELMUS DORIA » [10]« Saint Guillaume Doria. »

Notes

Notes
1 Trabéation : structure constituée par l’ensemble des éléments horizontaux portés, tels que les poutres ou les linteaux, permettant de supporter des charges.
2 «Œuvre de Benozzo de Florence, ce jour 28 août 1966. »
3 « Le vénérable Jérôme di Niccolò de San Gimignano, prêtre de Dieu, recteur de l’église, fit faire cette œuvre. » Le donateur du retable de Benozzo, le « vénérable prêtre » Girolamo (Jérôme) di Niccolò (parfois improprement appelé de’ Niccolai), est le même homme qui, le 10 janvier 1463, fut chargé par les prieurs, avec Domenico Fruosini, d’établir l’emplacement et le coût de la fresque du Martyre de saint Sébastien réalisée par Gozzoli dans la collégiale (Diane COLE AHL, Benozzo Gozzoli, New Haven et Londres, Yale University Press, 1996 (éd. francaise, Paris, Ed. du Regard, 2003, p. 55, n. 4). Dans ce document, il est désigné comme « ser Jeronimum Niccolai de Casucciis » : le recteur de l’église Sant’Andrea est donc identifiable au fils de Niccolò di Bindo Casucci, qui, en 1401, avait commandé à Lorenzo di Niccolò le triptyque de saint Barthélemy (*) pour la chapelle qui lui était dédiée dans la collégiale (aujourd’hui conservé à la Pinacothèque de San Gimignano). Pecori 1853, p. 570).

(*) Lorenzo di Niccolò, San Bartolomeo in trono e storie della sua vita. San Gimignano, Pinacoteca civica.
4 Sainte Marie Mère de Jésus-Christ. »
5 « Saint André. »
6 « [Respondens Simon Petrus dixit :Tu es Christus, Filius Dei vivi » : « Simon Pierre répondit :] Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » (Mt 16, 16).
7 « Saint Prosper. » Prosper d’Aquitaine (Aquitaine, v. 390 – v. 463) : écrivain chrétien, disciple de saint Augustin, et chroniqueur, continuateur de la Chronique universelle d’Eusèbe de Césarée, poursuivie ensuite par saint Jérôme. Prosper fut un intellectuel de haut niveau, formé dans les plus belles écoles d’Aquitaine, son pays natal. Il est marié et sans doute décide-t-il avec son épouse de vivre chacun de leur côté une consécration à Dieu, mais rien n’indique qu’il ait été ordonné prêtre. C’est un laïc très engagé qui arrive à Marseille pour affirmer la foi catholique contre l’hérésie pélagienne. Il prend la défense de saint Augustin sans le suivre dans tous ses raisonnements théologiques – c’est probablement grâce à lui qu’Augustin fut reconnu très tôt comme le grand docteur de l’Église d’Occident –, se rendant à Rome pour éclairer le pape Célestin Ier. C’est là qu’il se fait remarquer pour la brillance de son esprit et qu’il devient secrétaire du saint pape Léon le Grand dès son élection en 440.
Aimant la vie monastique, il parle des moines en les appelant « ces frères si saints et si érudits », tandis qu’il encourage sa jeune épouse à consacrer à Dieu « cette vie si brève et si trépidante ».
Il est l’auteur d’un poème de 1002 vers (en hexamètres) intitulé Carmen de Ingratis, qui se traduit Chant des gens sans grâce, donnant ainsi au mot « ingrat » son sens étymologique : sans-grâce, ceux qui ne comptent pas sur la grâce de Dieu.
Il meurt un 25 juin, entre 455 et 460. Il est patron des poètes.
8 Pala quadrata : retable carré.
9 En architecture et en orfèvrerie, l’ove est un motif ornemental en forme d’œuf, qui orne une corniche ou une moulure. Il est souvent présenté en série dans le cadre d’un motif d’« oves et dards ». La moulure, ou quart de rond sur lequel les oves sont appliqués, s’appelle ovolo.
10 « Saint Guillaume Doria. »

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