Bartolo di Fredi, « Passaggio del Mar Rosso »

Bartolo di Fredi (Sienne, 1330 – 1410)

Passaggio del Mar Rosso e Faraone con l’esercito annegato (Passage de la Mer Rouge et Pharaon est noyé avec son armée), 1367.

Détail des Storie del Vecchio Testamento (Épisodes de l’Ancien Testament), 1367.

Fresque

Inscriptions : 

  • (en bas, dans l’encadrement de la fresque) : « COME . MOYSE . FECE . PASSARE . EL . POPOLO . DI . DIO . PER . LO . MARE . ROSSO . E . AFFOGHO / ER . RE . FARAONE . E . TUCTO . LO . SUO . EXERCITO » [1]

Provenance : In situ.

San Gimignano, Collegiata.

Cette fresque, de dimensions doubles par rapport aux précédentes, représente deux moments d’un même épisode, celui de l’Exode des Hébreux hors d’Égypte : le Passage de la Mer Rouge est suivi de la noyade de l’armée de Pharaon, prise au piège qui lui a été tendu par Dieu lui-même.

A gauche, l’armée de Pharaon, surprise par les eaux de la Mer Rouge qui se referment derrière les Israélites, est entièrement submergée, et périt noyée. Sur la droite, la foule qui les a précédés assiste à la déroute épouvantable de l’armée égyptienne. L’intelligence de la situation représentée vient en partie du fait que cette double scène, pour être envisagée dans sa globalité, doit être parcourue dans toute sa longueur par le spectateur. Celui-ci, de fait, se trouve dans une situation analogue à celle des Israélites fuyant les troupes égyptiennes : lui aussi effectue un mouvement de déplacement de la gauche vers la droite en même temps qu’il accède à la travée suivante de la nef où il s’arrête. Lui aussi se retourne alors pour pouvoir observer le spectacle de la déroute des armées lancées à la poursuite des fuyards.

Dans la mer gisent dorénavant les corps de soldats et des bêtes. Certains se battent encore contre la mort qui les guettent, d’autres flottent inertes sur l’eau. Hommes et bêtes sont pris dans le même piège. Seuls deux pêcheurs qui semblent n’avoir rien vu du drame en cours continuent imperturbablement un travail qui s’annonce fructueux : l’un d’eux soulève un filet, l’autre une ligne ; dans les deux cas, la prise est belle …

Dans la partie droite de l’œuvre, la caravane guidée par Moïse poursuit sa route vers la Terre Promise. Une foule chamarrés la constitue. Au second plan, des élégantes empruntent à dos de chameau le long chemin qui doit les mener à bon port. Le groupe de ceux qui vont à pied est plus dense et constitué principalement de femmes et d’enfants mêlés aux bêtes chargées de ballots. Les hommes en armes sont demeurés à l’arrière et l’on ne distingue d’eux, au fond, que leurs piques hérissées. À la lisière entre la terre ferme et la mer dont les eaux viennent de se refermer, Moïse, son bâton à la main, observe étonné le prodige qui vient de sauver son peuple.

[1] « Comment Moïse fit passer le peuple de Dieu par la Mer Rouge [et comment] se noya le roi Pharaon et toute son armée. »