Adam et Ève chassés du Paradis terrestre

« C’est ainsi qu’il chassa Adam ; et il mit à l’orient du jardin d’Eden les chérubins qui agitent une épée flamboyante, pour garder le chemin de l’arbre de vie », peut-on lire au dernier verset du chapitre 3 de la Genèse [1]Ge 3, 24..

Au jardin d’Eden, où Dieu les a installés, Adam et Ève ont enfreint la défense qu’il leur a faite de manger le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Un serpent venu se glisser jusqu’au pied de l’arbre a sournoisement expliqué à Ève pourquoi Dieu ne voulait pas qu’ils goûtent au fruit défendu : « Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal » [2]Gn 3, 3-5.. Ève succombe à la tentation, mange le fruit défendu et s’assure qu’Adam fasse de même. « Les yeux de l’un et de l’autre s’ouvrirent, ils connurent qu’ils étaient nus, et ayant cousu des feuilles de figuier, ils s’en firent des ceintures. » (Gn 3, 7). Cette transgression est la cause qui vaut à l’homme et à la femme d’être chassés de l’Éden [3]« L’Eternel Dieu dit : Voici, l’homme est devenu comme l’un de nous, pour la connaissance du bien et du mal. Empêchons-le maintenant d’avancer sa main, de prendre de l’arbre de vie, d’en manger, et de vivre éternellement. Et l’Eternel Dieu le chassa du jardin d’Eden, pour qu’il cultivât la terre, d’où il avait été pris. … Poursuivre hors duquel ils sont conduits par l’archange Michel, chef de la milice céleste.

Sources écrites de l’épisode

Voir lien ci-dessus.

Iconographie

Pour donner à cette scène le niveau de gravité attendu, l’iconographie se focalise essentiellement sur la présence des deux ancêtres de l’humanité fuyant devant l’épée menaçante brandie par l’Archange lancé à leurs trousses au-delà de l’enceinte fortifiée du paradis dont ils viennent de franchir pour n’y revenir jamais. Les artistes se concentrent sur l’expression mêlée de désespoir et de honte des deux fuyards, sur leurs gestuelles et leurs attitudes propres à exprimer la dimension dramatique de l’épisode. Le chef-d’œuvre absolu sur ce thème réside dans l’Expulsion peinte par Masaccio sur un étroit pilastre de la chapelle Brancacci (Florence).

Masaccio, « Adam et Ève chassés du Paradis », Florence, Église du Carmine, chapelle Brancacci.

L’iconographie de l’expulsion d’Adam et Ève du Paradis est parfois insérée dans la scène de l’Annonciation, qui constitue le moment charnière de l’Ancien vers le Nouveau Testament, entre péché originel et rédemption, donnant une clef de lecture essentielle à la compréhension de l’œuvre.

Notes

Notes
1 Ge 3, 24.
2 Gn 3, 3-5.
3 « L’Eternel Dieu dit : Voici, l’homme est devenu comme l’un de nous, pour la connaissance du bien et du mal. Empêchons-le maintenant d’avancer sa main, de prendre de l’arbre de vie, d’en manger, et de vivre éternellement. Et l’Eternel Dieu le chassa du jardin d’Eden, pour qu’il cultivât la terre, d’où il avait été pris. C’est ainsi qu’il chassa Adam ; et il mit à l’orient du jardin d’Eden les chérubins qui agitent une épée flamboyante, pour garder le chemin de l’arbre de vie. » (Gn 3, 22-24).

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