
Sebastiano Mainardi (San Gimignano, 1460 – Florence, 1513)
San Gimignano che benedice tre illustri sangimignanesi (Saint Géminien bénissant trois illustres citoyens de San Gimignano), 1487.
Fresque, 250 x 290 cm (dimensions de l’ensemble).
Inscriptions :
- (sur la marche où repose le trône de l’évêque Gimignano) : « S[ANCTUS] GEMI[NI]AN SILVIACI P[O]P[U]LI GOBERNATOR » [1]Sanctus Gemignanus Silviaci populi goberbator (Saint Gemignanus, souverain du peuple Silviacus).
- (dans la partie gauche du bandeau sous l’image) : « MATHIAS PATRIE RELIQS Q3 PISSIMVS HIC EST * LVPIVS IN PETRI RELLIGIONE NITENS * RHETORE SILVIADE SIMVL HOC GAVDETE POETA * SPARGITE PVRPVREAS HVIVS IN ORE ROSAS : »
- (dans la partie droite du bandeau sous l’image) : « DOMINICI MAINARDI GEMINIANEN PONTIFICI IVRIS PERITISS * OB / INTEGERRIMOS EIVS MORES AC SINGVLAREM DOCTRINAM CVRIE CAR CAM[ERA] APP[ISTOLICE] * GENERALIS AVDITORIS / SEXTO DECRETALIVM SCRIPTIS SVIS ACCVRATISSIME EXPLANATO VBIQ3 CLARISSIMI : ET / NELLI EIVS CONTERRANEI CAESAREI IVRIS CONSVLTISS – OB INSIGNES VIRTVTES AC PRAESTAN/TIAM FIDEI MVNERE CIVITATIS A FLORENTINIS DECORATI MVLTIS AC DIGNISSIMIS EORVM LEGATIO/NIBVS FVNTI: OPERE DE BANNITIS INSCRIPTO : CONSILIS Q3 SVIS INMAGNO PRETIO HABITIS AC / ALIIS OPERIBVS CELEBERRIMI DOMINICVS SACRAE THEOLOGIAE * M * PATRIO IMPVLSVS / AMORE HAS EFFIGIES DEO OPT • MAX• ET TIBI DIVE GEMINIANE GRATIAS AGENTIVM: / PERENNE GEMINIANEN• GLORIAE MONYMENTVM FACIVNDAS CVRAVIT~ ANNO* D*M *CCCCLXXXVII+~ » [2]
Provenance : In situ.
San Gimignano, église de Sant’Agostino.

Trois citoyens de la « cité aux cent tours » sont agenouillés devant l’évêque Gimignano qui a donné son nom à la ville. Placé en première position, à gauche, Matteo Lupi [2]Matteo ou Mattia Lupi (San Gimignano, 1380 – 1468) : humaniste et poète lauréat de la ville de San Gimignano, célèbre à son époque comme professeur de grammaire et comme collectionneur et copiste de manuscrits. Il est également connu pour avoir écrit une épopée néo-latine en dix livres, intitulée Annales Geminianenses, qui raconte en quelque 12 500 hexamètres dactyliques … Poursuivre porte la couronne de lauriers que lui ont valu ses poèmes. Domenico Mainardi [3]Domenico Mainardi, « Dominicus de Sancto Geminiano » (San Gimignano, v. 1375 – Tivoli, 1424) : il existe peu d’informations biographiques certaines sur ce canoniste, l’une des principales figures du premier quart du XVe siècle, dont on ignore la date précise de naissance. Même la date de sa disparition était encore inconnue (*) il y a quelques années. On ne trouve … Poursuivre, au milieu, joint les mains pour manifester sa dévotion. Enfin, sur la droite, Nello Nelli de’ Cetti [4]Nello di Giuliano Cetti de San Gimignano (San Gimignano, 1373 – ) : né dans une famille aisée de San Gimignano, il est un peu plus que l’« Alius a S. Geminiano Iurisconsultus », l’« autre juriste de San Gimignano » qu’il prétend être par rapport au plus célèbre Domenico Mainardi (voir note précédente) (*). Il est « d’abord un jeune étudiant … Poursuivre, à droite, tourne son regard vers le spectateur qu’il semble prendre à témoin.
La fresque surplombe le Cénotaphe de Fra Domenico Strambi (1488), commanditaire de l’ensemble des deux œuvres.

Notes
| 1↑ | Sanctus Gemignanus Silviaci populi goberbator (Saint Gemignanus, souverain du peuple Silviacus). |
|---|---|
| 2↑ | Matteo ou Mattia Lupi (San Gimignano, 1380 – 1468) : humaniste et poète lauréat de la ville de San Gimignano, célèbre à son époque comme professeur de grammaire et comme collectionneur et copiste de manuscrits. Il est également connu pour avoir écrit une épopée néo-latine en dix livres, intitulée Annales Geminianenses, qui raconte en quelque 12 500 hexamètres dactyliques l’histoire locale et les légendes de sa ville natale, depuis les fondations antiques de San Gimignano jusqu’au milieu du XVe siècle, époque de la composition du poème. |
| 3↑ | Domenico Mainardi, « Dominicus de Sancto Geminiano » (San Gimignano, v. 1375 – Tivoli, 1424) : il existe peu d’informations biographiques certaines sur ce canoniste, l’une des principales figures du premier quart du XVe siècle, dont on ignore la date précise de naissance. Même la date de sa disparition était encore inconnue (*) il y a quelques années. On ne trouve que quelques notes autobiographiques disséminées dans ses œuvres pour obtenir des informations fragmentaires sur la vie et sa carrière académique et curiale. Dans les commentaires sur le Liber Sextus de Boniface VIII (c. 4, VI, I, 14 et c. 1, VI, 4, 6), on apprend qu’il eut comme maître le canoniste Antonio da Budrio (v. 1338-1408) ; il aurait également eu comme dominus suus Pierre d’Ancarano. Domenico Mainardi parle de lui-même comme d’un licentiatus in iure canonico et d’un decretorum doctor. On connaît également son activité d’« auditeur de la chambre apostolique », et l’on sait que le 29 mai 1407, il exerçait la fonction de vicaire général de l’évêque de Modène. Selon les informations recueillies par Ridolfi, Mainardi a obtenu son diplôme à Bologne le 13 mars 1402, présenté par Antonio da Budrio (le diplôme de doctorat, qui mentionne cette circonstance, porte cependant la date du 20 janvier 1411). Ridolfi, dans sa brève mais fondamentale étude, veut qu’il ait été vicaire de l’évêque de Mantoue en 1407, « en 1412 vicaire de l’archevêque de Bologne et en même temps lecteur de droit canonique à l’Université ; en 1414 réformateur de l’étude florentine ; en 1415 lecteur à l’Université de Sienne d’où il semble qu’il soit passé à celle de Florence quelques années plus tard ; en 1419 il fut réformateur à Bologne, en 1420 créé par Martin V auditeur général de la Chambre apostolique… » (Ridolfi, p. 34). L’événement auquel son nom et son œuvre restent le plus étroitement liés est celui de la dispute entre Benoît XIII et Grégoire XII et de leur déposition au concile de Pise en juin 1409. Il était présent à Pise et a certainement pris part à la sentence de déposition. Les œuvres ecclésiologiques et les écrits exégétiques de Domenico Mainardi sont également présents de manière significative dans les bibliothèques de certains des principaux représentants de la culture romaine et de la Curie papale du XVe siècle, tels que les cardinaux Juan de Mella († 1467) et Guillaume d’Estouteville († 1483), Le travail de Mainardi connut un succès typographique considérable jusqu’à la fin du XVIe siècle.
(*) C’est à Maffei qu’il revient de mettre en lumière ce détail biographique découvert dans une note de la lectura super Sexto Decretalium où l’on peut lire : Et sic est finis prime et secunde partis lecture super sexto Dominici de Sancto Geminiano qui diern suum clausit extremuni in Tyburto anno Domini M° cccc° xxiiii. tempore domini Martini pape quinti anno vii°. sui pontificat. Deo gratia. (« Et ainsi se terminent la première et la deuxième partie de la leçon sur la sixième décrétale de Dominique de San Gimignano, qui termina ses jours à Tivoli en l’an de notre Seigneur 1424. Au temps du pape Martin V, dans la septième année de son pontificat. Par la grâce de Dieu. »). |
| 4↑ | Nello di Giuliano Cetti de San Gimignano (San Gimignano, 1373 – ) : né dans une famille aisée de San Gimignano, il est un peu plus que l’« Alius a S. Geminiano Iurisconsultus », l’« autre juriste de San Gimignano » qu’il prétend être par rapport au plus célèbre Domenico Mainardi (voir note précédente) (*). Il est « d’abord un jeune étudiant entreprenant, capable de profiter au maximum de l’extraordinaire opportunité que lui offre sa considérable fortune familiale de suivre les cours de son alma mater. La famille Cetti était en effet en plein essor depuis la seconde moitié du XIIIe siècle et faisait partie des groupes de familles qui assumèrent leur propre lignée au cours des premières décennies du XIVe siècle. Nello étudia à Bologne dans les années 1390, mais passa sa carrière professionnelle à Florence. » Plus tard, il mena « outre son activité d’avocat, il servit également la ville de Florence comme conseiller et diplomate ; en 1424, il écrivit deux traités mineurs intitulés, le De bannitis et le De testibus. » (**) Dans l’un des autres articles qu’elle lui a consacré, Alesandra BassanI évoquant le profil biographique et professionnel de Nello da San Gimignano, précise qu’il subsiste de zones obscures concernant « son rôle dans certaines conjonctures politiques de la ville de Florence au cours des dernières décennies de la vie autonome des institutions républicaines, son activité de juge, s’il aimait la profession d’avocat et dans quelle mesure, s’il parvint à s’enrichir et à laisser un patrimoine solide aux deux fils qui lui survécurent, étant donné qu’il mourut relativement jeune, probablement à 57 ans. Cependant, quelque chose s’est révélé : que déjà en tant que jeune étudiant il était déterminé, habile et ambitieux, qu’il s’intéressait à la politique, qu’il savait traiter avec les grands lorsqu’il était engagé dans des missions diplomatiques, qu’il était estimé par les dirigeants de Florence et par ses collègues, qu’il n’aimait pas trop enseigner et que, lorsqu’il exerçait sa profession, il était un avocat résolu, que dans son activité de juriste il ne se perdait pas dans des subtilités théoriques mais cherchait la solution aux problèmes en vivant, en utilisant le droit, né dans la ville et de ses besoins : ici, la défense de la ville et la résolution de ses problèmes constituent le trait qui définit le mieux la personnalité de Nello, juriste, avocat, homme politique et diplomate du début du XVe siècle. » (***)
(*) Dans l’Incipit du De testibus, Nello se présente en ces termes : ego Nellus de Sancto Geminiano Iuris Utriusque Doctor precibus aliquorum sociorum meorum humiliter condescendi ad hoc opus compilandum. Suscipiant igitur lucidum, et favorabile munus quod longo meo tempore instantissime petierunt (Moi, Nellus de Sancti Geminiano, docteur « en l’un et l’autre droits » [c’est-à-dire en droit canon et en droit civil], j’ai humblement consenti à rédiger cet ouvrage à la demande de certains de mes collaborateurs. Qu’ils acceptent donc la tâche brillante et favorable qu’ils réclament avec la plus grande urgence depuis si longtemps. Nello da San Gimignano, Tractatus de testibus, Incipit, f. 122a.). (**) Alessandra Bassani, Reflexions on fifteenth-century treatises : The Tractatus de testibus by Nello da San Gimignano and Alberico Maletta, https://www.academia.edu/17146404/Reflections_on_fifteenth_century_treatises_the_tractatus_de_testibus_by_Nello_da_San_Gimignano_and_Alberico_Maletta. (***) Alessandra Bassani, « Note a margine della vita e delle opere di Nello Cetti da San Gimignano », dans Maria Gigliola di Renzo Villata (dir.), Lavorando al cantiere del Dizionario biografico dei giuristi italiani (XII-XX sec., Milan, Giuffré Editore, 2013, pp. 429-463. |


