« Stiacchiato » ou « Schiacciato »

Dans le domaine de la sculpture, le toscan stiacciato, comme l’italien schiacciato (ces deux qualificatifs signifient « pressé » ou « écrasé »), désignent un procédé technique hérité de l’Antiquité qui permet de créer un demi-relief méplat au moyen d’infimes variations de l’épaisseur du support (parfois quelques millimètres), aussi bien dans le travail en relief qu’en creux. Il s’agit de créer l’illusion de la profondeur en diminuant de façon progressive l’épaisseur du relief au fur et à mesure que l’œil observe du premier plan vers l’arrière-plan. Par certains aspects, cette technique est plus proche de celle d’une image plane, en deux dimensions, que de la sculpture.

Utilisée surtout aux XVe et XVIe siècles, elle semble avoir été développée, d’emblée génialement, par Donatello, auteur de l’exemple le plus ancien de ce type d’œuvre, un bas-relief (San Giorgio e il drago, 1416-1417) situé, à la manière d’une prédelle, sous la statue de Saint Georges, elle-même installée dans la niche de l’Arte dei Corazzai e Spadai [1]L’Arte dei Corazzai e Spadai est celle des corporations des arts et métiers de la ville de Florence qui regroupait les fabricants d’armes d’attaque et de défense de toutes sortes, notamment les cuirasses et les épées. Ces derniers étaient réputés dans toute l’Europe pour la qualité de leur travail et la trempe de leurs aciers. Le saint Patron de l’Arte … Poursuivre de l’église Orsanmichele, à Florence. À Sienne, dans le Baptistère, on peut voir six panneaux de bronze destinés à orner les fonts baptismaux, tous réalisés au moyen de cette technique, notamment le célèbre Convito di Erode (1423-1427) de Donatello.

Dans le chapitre qu’il consacre aux techniques artistiques, immédiatement après l’introduction des Vite, Vasari évoque le procédé permettant d’obtenir un stiacciato rilievo (littéralement : relief arasé ou écrasé) : « La troisième sorte [de relief] s’appelle bas-relief méplat, dans lesquels le dessin de la figure résulte d’un simple bosselage. Il s’agit d’un genre très difficile, attendu qu’il réclame un grand sens du dessin et de la composition et qu’il est ardu de lui donner de la grâce au moyen des seuls contours. Dans ce domaine également, Donatello l’emporte sur tous les autres par une technique, une intention et une invention supérieures. On en voit de la sorte sur les vases antiques d’Arezzo [2]Dans l’édition française des Vite commentée sous la direction d’André Chastel figure à cet endroit la note suivante : « Vasari profite de l’occasion pour mentionner les céramiques antiques qu’on avait retrouvé dans sa ville natale et auxquelles il prétend lier son patronyme », lequel serait fondé sur le rapprochement vasi (vases) – Vasari. où figurent des masques et autres autres scènes antiques, et également sur les camées anciens et sur les coins servant à frapper le bronze des médailles ainsi que des monnaies ». [3]Giorgio VASARI, « Donatello », Le Vite de’ più eccellenti pittori, scultori e architetti coll’aggiunta de’ vivi e de’ morti, dall’anno 1550 a 1567 [1568], Florence, Sansoni, 1878-1882 (traduction française sous la direction d’André CHASTEL, Les vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes, t. 3, Paris, Berger-Levraut, 1983, pp. 235-263).

Notes

Notes
1 L’Arte dei Corazzai e Spadai est celle des corporations des arts et métiers de la ville de Florence qui regroupait les fabricants d’armes d’attaque et de défense de toutes sortes, notamment les cuirasses et les épées. Ces derniers étaient réputés dans toute l’Europe pour la qualité de leur travail et la trempe de leurs aciers. Le saint Patron de l’Arte était saint Georges.
2 Dans l’édition française des Vite commentée sous la direction d’André Chastel figure à cet endroit la note suivante : « Vasari profite de l’occasion pour mentionner les céramiques antiques qu’on avait retrouvé dans sa ville natale et auxquelles il prétend lier son patronyme », lequel serait fondé sur le rapprochement vasi (vases) – Vasari.
3 Giorgio VASARI, « Donatello », Le Vite de’ più eccellenti pittori, scultori e architetti coll’aggiunta de’ vivi e de’ morti, dall’anno 1550 a 1567 [1568], Florence, Sansoni, 1878-1882 (traduction française sous la direction d’André CHASTEL, Les vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes, t. 3, Paris, Berger-Levraut, 1983, pp. 235-263).

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