
Jacopo della Quercia (Sienne, v. 1374 – 1438),
Donato di Niccolò di Betto Bardi, dit Donatello (Florence, 1386 – 1466),
Lorenzo Ghiberti (Pelago, 1378 – Florence, 1455),
Giovanni di Turino (Sienne, v. 1385 – ap. 1455).
Fonte Battesimale (Fonts baptismaux), 1417-1430.
Marbres, bronze doré, cuivre émaillée, h. 402 cm.
Inscriptions :
- (se détachant sur un fond bleu émaillé, sous le rebord de la margelle, en partant de l’Annonce à Zacharie [1]Du fait de leurs différentes longueurs respectives, les citations des versets ne coïncident pas strictement avec les différentes scènes bibliques mais peuvent s’étendre au-delà. Il va ainsi, par exemple, de la première citation (Évangile selon Marc) dont les premiers mots sont lisibles au-dessus de la scène suivante (Naissance de Jean Baptiste). De fait, toutes évoquant le sacrement … Poursuivre et en poursuivant vers la droite, dans le sens inverse de celui des aiguilles d’une montre) :
- « S. LVC. [2]« S[ANCTUS] LUC[CAS] » (Saint Luc) : auteur présumé du verset cité. VENIT. IN. OMNEM. REGIONEM. IORDANNIS. PRÆDICANS. BAPTISMVM. PÆNITENTIÆ. IN REMISSIONEM. PECCATORVM. » [3]« […] venit in omnem regionem Iordanis praedicans baptismum paenitentiae in remissionem peccatorum » (« [Et] il alla dans tout le pays des environs du Jourdain, prêchant le baptême de repentance, pour la rémission des péchés »). Lc 3, 4.
- « S. MAR. [4]« S[ANCTUS] MAR[CUS]. » (Saint Marc) : auteur présumé du verset cité. FVIT. IOHANNES. IN DESERTO. BAPTIZANS. ET PRÆDICANS. BAPTISMVS. PÆNITENTIÆ. IN REMISSIONEM. PECCATORVM. » [5]« Fuit iohannes in deserto baptizans et praedicans baptismum paenitentiae in remissionem peccatorum » (« Alors Jean, celui qui baptisait, parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés ».). Mc 1, 4.
- « S. IOHS. [6]« S[ANCTUS] IOH[ANNI]S » (Saint Jean) : auteur présumé du verset cité. NISI. QVIS. RENATVS. FUERIT. EX ACQUA. ET SPIRITV. SANCTO. NON. POTEST. INTROIRE. REGNVM. DEI » [7]« […] nisi quis renatus fuerit ex aqua, et Spiritu Sancto, non potest introire in regnum Dei» (« […] si un homme ne renaît de l’eau et de l’Esprit-Saint, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu’ »). Jn 3, 5.
- « S. MATHE. VANG. [8]« S[ANCTUS] MATHE[US] VANG[ELISTA]» (Saint Matthieu l’Évangéliste) : auteur présumé du verset cité. DOCETE. OMNES. GENTES. BAPTIZANTES. EOS. IN. NOMINE. PATRIS. ET FILII. ET SPIRITV. SANCTI. » [9]« [Euntes] docete omnes gentes, baptizantes eos in nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti » (« [Allez !] faites de toutes les nations des disciples, en les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit »). Mt 28, 19.
- « S. MAR. [10]« S[ANCTUS] MAR[CUS] » (Saint Marc) : auteur présumé du verset cité. QVI CRE/DERIT. ET BAPTIZATVS. FVERIT. SALVVVS. ERIT » [11]« [Euntes in mundum universum, praedicate evangelium omni creaturae, alleluia:] qui crediderit et baptizatus fuerit salvus erit, alleluia, qui vero non crediderit condemnabitur » (« [Allez par le monde entier, prêchez l’Évangile à toute créature, alléluia.] Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, alléluia : mais celui qui ne croira pas sera condamné »). … Poursuivre
- (à la base de la margelle, sous le Baptême du Christ) :
- « FACTVM TE(M)P(OR)E SPECTABILIS MILITIS O(PERARIUS) BARTOLOMEI IOANNIS CECHI OP(ER)ARII » [12]« Factum tempore spectabilis militis operarius Bartolomei Johannis Cechi operarii » (« Réalisé à l’époque de l’éminent ouvrier Bartolomeo di Giovanni di Cecco. »
« Matt. Euntes docete omnes gentes, baptizantes eos in nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti.
— Marc. Qui crediderit et baptizatus fuerit salvus erit.
— S. Luc. Venit in omnem regionem Jordanis prsedicans baptismum pcenitentise in remissionem peccatorum.
— S. Johannes. Nisi quis renatus fuerit ex aqua et Spiriti! sancto non potest introire in regnimi Dei. »
Provenance : In situ.
Sienne, Baptistère de San Giovanni.


Situés au cœur de la structure architecturale du baptistère, à l’avant de l’abside créée pour lui donner davantage d’espace et le mettre en valeur, les fonts baptismaux sont l’un des plus grands chefs-d’œuvre conservés au sein du complexe monumental de la cathédrale de Sienne. Selon un document enregistré par le trésorier (camarlingo) Pietro di Nofrio, l’entreprise des fonts baptismaux est confiée à Jacopo della Quercia en 1417. L’artiste s’engage, outre la direction des travaux [13]Jacopo fournit également l’essentiel du tabernacle de marbre dont l’ajout fut décidé peu après., à fournir deux des six bas-reliefs racontant des épisodes de l’Histoire du Précurseur, destinés à orner les côtés de la vasque hexagonale. La même année, les quatre autres bas-reliefs sont commandés au florentin Lorenzo Ghiberti et à l’atelier des orfèvres siennois Turino di Sano et son fils Giovanni di Turino. L’entreprise nécessita quinze ans pour être conduite à son terme. Cependant, dans l’intervalle, Jacopo della Quercia décida de ne réaliser que l’un des deux reliefs prévus en 1417. C’est ce qui conduisit l’Opera del Duomo à solliciter Donatello pour la réalisation du Banquet d’Hérode, peut-être à l’instigation du très cultivé Antonio Casini, évêque de Sienne de 1409 à 1427.
Œuvre extraordinaire faite de marbres blancs, de bronze doré et de cuivre émaillé, réalisée entre 1417 et 1431 par les plus grands sculpteurs du début de la Renaissance, la structure du monument s’élève au-dessus de deux gradins qui reprennent, en la soulignant, la forme hexagonale de la vasque hexagonale de marbre, large de plus de deux mètres. Sur la margelle de cette vasque sont insérés six bas-reliefs en bronze doré représentant des épisodes tirés de l’hagiographie de Jean-Baptiste : L’Annonciation à Zacharie par Jacopo della Quercia (1428-1429), La Naissance de Jean Baptiste, par Giovanni di Turino (1427), La Prédication Baptiste par Giovanni di Turino (1427), Le Baptême du Christ par Lorenzo Ghiberti (1427), L’arrestation de Jean Baptiste par Ghiberti et Giuliano di Ser Andrea [14]« Durant l’été de 1416, les membres de la fabrique de la cathédrale de Sienne consultèrent Ghiberti ainsi que deux autres Florentins, Giuliano di Ser Andrea et Maître Bartolomeo, à propos de la décoration des fonts baptismaux du baptistère. » GHIBERTI Lorenzo (1378 ou 1381-1455), Encyclopedia Universalis., et Le Banquet d’Hérode par Donatello (1427). Ces épisodes sont ponctués, dans des niches trilobées, par six statues figurant trois Vertus cardinales et trois Vertus théologale. Deux d’entre elles, la Foi et l’Espérance, ont été réalisées par Donatello. Parmi les épisodes les plus remarquables, le Baptême de Jésus de Lorenzo Ghiberti revêt une importance particulière par son élégance et son raffinement caractérisés par une forme de picturalisme et une impression de profondeur obtenue grâce à une réduction progressive du relief. Le cycle se conclut par le célèbre Festin d’Hérode de Donatello, scène la plus touchante de la série par le caractère dramatique de son sujet et par ses qualités formelles exceptionnelles. L’importance des fonts baptismaux, point de référence dans la définition des principes de la Renaissance, comme la complexité des interventions de conservation des œuvres en bronze doré et des éléments en marbre, réalisées entre 2020 et 2024, ont nécessité des investigations extrêmement précises et une grande expertise dans la définition et l’exécution du programme de restauration.
Structure des fonts baptismaux
FACE 1
FACE 2
FACE 3
FACE 4
FACE 5
FACE 6
SPIRITELLI
BAS-RELIEFS DU TABERNACLE
Madonna col Bambino (volet)
BAS-RELIEFS DE LA VASQUE
SCULPTURES EN RONDE BOSSE DE LA VASQUE
LA VASQUE
La structure des fonds baptismaux est faite de deux types de marbre blanc : pour le registre inférieur, une variété veinée provenant des Montagnola Senese, et pour le tabernacle et le baptistère, une seconde variété, beaucoup plus homogène, extraite dans les Alpes apuanes.
À l’intérieur, le bassin se compose d’une grande vasque monolithique, au centre de laquelle se dresse un pilier formé d’un ensemble de colonnes engagées soutenant le tabernacle monumental.
Sous le rebord de la margelle court une longue frise d’écritures en lettres majuscules composée sur six bandes d’alliage de cuivre émaillé de bleu. Cette frise comporte cinq citations extraites des Évangiles, toutes ayant trait au sacrement du baptême célébré dans ces lieux (voir notes 3, 5, 7, 9 et 11). Les six bandes inférieures, de même nature que les précédentes, présentent des rinceaux végétaux et une dédicace en caractères gothiques à Bartolomeo di Giovanni Cecchi, l’ouvrier (operaio) de la cathédrale qui finança l’achèvement des fonts baptismaux.
Autour de la vasque hexagonale, six plaques de bronze doré représentent des Épisodes de la vie du Baptiste qui sont l’œuvre de quatre artistes, non des moindres. Dans les angles de l’hexagone, alternent les représentations de six Vertus représentées debout dans des niches, dans des attitudes variées et accompagnées de leurs attributs.
Les Épisodes de la vie du Baptiste sont lisibles en commençant à partir du côté orienté vers l’autel avec l’Annuncio a Zaccaria (à cet endroit, le socle comporte une saillie qui fait office de marche permettant au prêtre d’accéder à la vasque afin de célébrer le rituel du baptême), puis en continuant sur la gauche, dans le sens des aiguilles d’une montre :
- Jacopo della Quercia, Annuncio a Zaccaria della Nascità del Battista
- Giovanni di Turino, Nascita di San Giovanni Battista
- Giovanni di Turino, Predicazione del Battista
- Lorenzo Ghiberti, Battesimo di Gesù
- Lorenzo Ghiberti, Il Battista davanti a Erode
- Donatello, Il convito di Erode
LE TABERNACLE

Destiné, ainsi que le confirmait Vittorio Lusini en 1901, à abriter à la fois le chrême utilisé pour le rite du baptême et le pain eucharistique. [15]« Je suis certain de la fonction originelle du tabernacle, car Giovanni di Turino, orfèvre, lorsqu’il fut chargé de la porte, dut également réaliser deux coffrets dorés et une coupe (Archives de l’Opera del Duomo, Libro giallo, 1420-1444, f. 142). Ces coffrets, commandés en même temps que la porte du tabernacle des fonts baptismaux, ne pouvaient contenir que le chrême et … Poursuivre, le tabernacle, petite structure de marbre semblable à un temple qui domine, au centre, le bassin de la fontaine, se compose d’un bassin comprimé en forme de coquillage dans sa partie inférieure, d’où s’élève le corps du tabernacle, à six côtés rythmés, dans les angles, par des pilastres jumelés ; il est entouré d’une architrave commune ornée d’une frise et de diverses corniches, surmontée de chaque côté d’un petit fronton. Chacun des côtés contient une élégante niche ornée d’un bas-relief représentant un prophète, excepté celle située face à l’autel, qui possède une porte en bronze doré sur laquelle est représentée la Vierge à l’Enfant, œuvre de l’orfèvre et sculpteur siennois Giovanni di Turino (1434). Un dôme simple, reposant sur un tambour bas, enveloppe le tabernacle, d’où se projette, à son sommet, un groupe de pilastres cannelés, rappelant ceux situés en dessous.
- Giovanni di Turino, Madonna col Bambino
- Jacopo della Quercia, Profeta (Daniele ?)
- Jacopo della Quercia, Profeta (Geremia ?)
- Jacopo della Quercia, Re Davide
- Jacopo della Quercia, Mosé
- Jacopo della Quercia, Profeta (Ezechiele ?)
Le riche entablement aux formes saillantes du tabernacle est orné d’une série, aujourd’hui incomplète, de spiritelli festivi (« petits esprits festifs »), statues de bronze en ronde-bosse érigées, chacune d’elles, sur une valve en forme de coquillage que leurs pieds effleurent à peine, et qui marquent le sommet de chacun des angles de cette structure prismatique hexagonale. Six spiritelli en bronze, se trouvaient à l’origine à cet emplacement. [16]Donatello fut l’un des premiers « à l’origine de la diffusion, dans l’art de la Renaissance, des enfants nus et ailés, aujourd’hui communément appelés putti, bien que les documents contemporains les désignent plus souvent sous le nom de spiritelli. Ce motif antique, que l’on retrouve notamment sur les sarcophages, était jugé trop païen pour le Moyen Âge … Poursuivre Seuls quatre d’entre eux subsistent aujourd’hui sur le monument : deux sont de la main de Donatello (1429) et deux autres ont été fondus par Giovanni di Turino deux ans plus tard (1431).

- Donatello, Spiritello danzante
- Donatello, Spiritello con tromba
- Giovanni di Turino, Spiritello con palla
- Giovanni di Turino, Spiritello danzante
Un cinquième spiritello est aujourd’hui conservé au Bode Museum de Berlin. [17]Donatello, Spiritello col tamburello. Berlin, Bode Museum, Skulpturensammlung. Le sixième a disparu. [18]Il subsiste au Musée du Bargello, à Florence, un Putto danzante attribué à Donatello, parfois présenté comme le cinquième Spiritello provenant des fonts baptismaux Siennois encore existant. Cependant, il s’agit plus vraisemblablement d’une œuvre prévue pour cette série mais écartée, ou d’un premier essai. (*) (*) Francesco CAGLIOTI, « Donatello e il Fonte … Poursuivre
LA COUPOLE
Au sommet d’une lanterne élancée, ornée de six pilastres cannelés, se détache une colonne qui relie la coupole [19]Le style de cette coupole, si celle-ci avait une base octogonale, évoquerait parfaitement celle que Brunelleschi élevait à la même époque (*) au-dessus du transept de la cathédrale Santa Maria del Fiore (Florence).
(*) La construction de la coupole florentine a nécessité 16 années de travaux (1420 – 1436).. Son sobre chapiteau supporte une petite statue de saint Jean, d’une admirable finesse qui vient couronner les fonts baptismaux :

Notes
| 1↑ | Du fait de leurs différentes longueurs respectives, les citations des versets ne coïncident pas strictement avec les différentes scènes bibliques mais peuvent s’étendre au-delà. Il va ainsi, par exemple, de la première citation (Évangile selon Marc) dont les premiers mots sont lisibles au-dessus de la scène suivante (Naissance de Jean Baptiste). De fait, toutes évoquant le sacrement du baptême dans le bassin hexagonal prévu à cet effet, c’est la même idée qui est répétée avec des variations et forme une ceinture symbolique autour du lieu d’immersion. |
|---|---|
| 2↑ | « S[ANCTUS] LUC[CAS] » (Saint Luc) : auteur présumé du verset cité. |
| 3↑ | « […] venit in omnem regionem Iordanis praedicans baptismum paenitentiae in remissionem peccatorum » (« [Et] il alla dans tout le pays des environs du Jourdain, prêchant le baptême de repentance, pour la rémission des péchés »). Lc 3, 4. |
| 4↑ | « S[ANCTUS] MAR[CUS]. » (Saint Marc) : auteur présumé du verset cité. |
| 5↑ | « Fuit iohannes in deserto baptizans et praedicans baptismum paenitentiae in remissionem peccatorum » (« Alors Jean, celui qui baptisait, parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés ».). Mc 1, 4. |
| 6↑ | « S[ANCTUS] IOH[ANNI]S » (Saint Jean) : auteur présumé du verset cité. |
| 7↑ | « […] nisi quis renatus fuerit ex aqua, et Spiritu Sancto, non potest introire in regnum Dei» (« […] si un homme ne renaît de l’eau et de l’Esprit-Saint, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu’ »). Jn 3, 5. |
| 8↑ | « S[ANCTUS] MATHE[US] VANG[ELISTA]» (Saint Matthieu l’Évangéliste) : auteur présumé du verset cité. |
| 9↑ | « [Euntes] docete omnes gentes, baptizantes eos in nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti » (« [Allez !] faites de toutes les nations des disciples, en les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit »). Mt 28, 19. |
| 10↑ | « S[ANCTUS] MAR[CUS] » (Saint Marc) : auteur présumé du verset cité. |
| 11↑ | « [Euntes in mundum universum, praedicate evangelium omni creaturae, alleluia:] qui crediderit et baptizatus fuerit salvus erit, alleluia, qui vero non crediderit condemnabitur » (« [Allez par le monde entier, prêchez l’Évangile à toute créature, alléluia.] Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, alléluia : mais celui qui ne croira pas sera condamné »). Mc 16, 15-16. |
| 12↑ | « Factum tempore spectabilis militis operarius Bartolomei Johannis Cechi operarii » (« Réalisé à l’époque de l’éminent ouvrier Bartolomeo di Giovanni di Cecco. » |
| 13↑ | Jacopo fournit également l’essentiel du tabernacle de marbre dont l’ajout fut décidé peu après. |
| 14↑ | « Durant l’été de 1416, les membres de la fabrique de la cathédrale de Sienne consultèrent Ghiberti ainsi que deux autres Florentins, Giuliano di Ser Andrea et Maître Bartolomeo, à propos de la décoration des fonts baptismaux du baptistère. » GHIBERTI Lorenzo (1378 ou 1381-1455), Encyclopedia Universalis. |
| 15↑ | « Je suis certain de la fonction originelle du tabernacle, car Giovanni di Turino, orfèvre, lorsqu’il fut chargé de la porte, dut également réaliser deux coffrets dorés et une coupe (Archives de l’Opera del Duomo, Libro giallo, 1420-1444, f. 142). Ces coffrets, commandés en même temps que la porte du tabernacle des fonts baptismaux, ne pouvaient contenir que le chrême et l’huile sainte ; la coupe était destinée à les recevoir. » Vittorio LUSINI, Il San Giovanni di Siena e i suoi restauri diretti dal cav. prof. Agenore Socini, architetto senese, Florence, Fratelli Alinari Editori, 1901, p. 32, note 2. |
| 16↑ | Donatello fut l’un des premiers « à l’origine de la diffusion, dans l’art de la Renaissance, des enfants nus et ailés, aujourd’hui communément appelés putti, bien que les documents contemporains les désignent plus souvent sous le nom de spiritelli. Ce motif antique, que l’on retrouve notamment sur les sarcophages, était jugé trop païen pour le Moyen Âge qui préférait les anges, même si l’on en trouve quelques exemples isolés. Le premier exemple notable du XVe siècle est certainement le tombeau d’Ilaria del Carretto, sculpté par Jacopo della Quercia pour la cathédrale de Lucques, dont la base représente une procession de ces enfants tenant des guirlandes. Le sujet est ainsi réintroduit dans le contexte funéraire de l’Antiquité. Jacopo utilisa plus tard ce motif pour la décoration de la Fonte Gaia sur la Piazza del Campo à Sienne. Il n’est donc pas surprenant que la partie supérieure des fonts baptismaux du baptistère de San Giovanni […], projet partiellement conçu et coordonné par Jacopo, comprenne pas moins de six esprits en bronze. Les spiritelli des fonts baptismaux siennois constituent une étape fondamentale non seulement dans la représentation du putto, mais aussi dans le destin des statuettes en bronze en général, à l’aube de leur émancipation. Ce n’était pas la première tentative du plus grand sculpteur florentin : Donatello avait déjà inclus des figures d’esprits dans son Saint Louis de Toulouse, créé pour l’édicule de la cathédrale de Florence. » Neville ROWLEY, « Il ritorno degli spiritelli », dans Francesco CAGLIOTI, « Donatello e il Fonte Battesimale di Siena. Per una rivalutazione dello ‘Spiritello danzante’ nel Museo Nazionale di Firenze », dans Prospettiva, 110-111 (avril-juillet 2003), pp. 18-29. |
| 17↑ | Donatello, Spiritello col tamburello. Berlin, Bode Museum, Skulpturensammlung. |
| 18↑ | Il subsiste au Musée du Bargello, à Florence, un Putto danzante attribué à Donatello, parfois présenté comme le cinquième Spiritello provenant des fonts baptismaux Siennois encore existant. Cependant, il s’agit plus vraisemblablement d’une œuvre prévue pour cette série mais écartée, ou d’un premier essai. (*)
(*) Francesco CAGLIOTI, « Donatello e il Fonte Battesimale di Siena… », op. cit., pp. 18-29. |
| 19↑ | Le style de cette coupole, si celle-ci avait une base octogonale, évoquerait parfaitement celle que Brunelleschi élevait à la même époque (*) au-dessus du transept de la cathédrale Santa Maria del Fiore (Florence).
(*) La construction de la coupole florentine a nécessité 16 années de travaux (1420 – 1436). |


















