Donatello, « Il convito di Erode »

Donato di Niccolò di Betto Bardi, dit Donatello (Florence, v. 1386 – 1466) [1]« On sait avec certitude que [Jacopo della Quercia) n’est l’auteur que d’un seul [relief], car l’autre, qu’il a abandonné, a été commandé […] à Donatello, sculpteur d’une telle renommée qu’il était presque considéré comme un imitateur des anciens Grecs et Romains. Ayant reçu la commande en 1421, il avait déjà presque achevé le bas-relief … Poursuivre.

Il convito di Erode (Le banquet d’Hérode), 1427 [2]La date 1427 est celle de la livraison de l’œuvre ; le premier paiement est documenté dès 1423..

Bronze, 60 x 60 cm.

Provenance : In situ.

Sienne, Baptistère de San Giovanni.

Jean Baptiste

Donatello

Le récit de l’épisode du Banquet d’Hérode, sujet de cette œuvre proprement extraordinaire, se trouve dans l’Évangile selon Marc [3]« Hérodiade en voulait […] à Jean, et elle cherchait à le faire mourir. Mais elle n’y arrivait pas parce que Hérode avait peur de Jean : il savait que c’était un homme juste et saint, et il le protégeait ; quand il l’avait entendu, il était très embarrassé ; cependant il l’écoutait avec plaisir. Or, une occasion favorable se présenta quand, le jour de son … Poursuivre

Exécutée selon le procédé du stiacciato

L

Évoquant une Vierge à l’Enfant de Donatello [4]Donatello (d’après), Madonna col Bambino. Paris, Musée Jacquemart-André., Francesco Caglioti [5]Francesco CAGLIOTI, « Da Donatello, Madonna col Bambino », dans Max Seidel (dir.), Da Jacopo della Quercia a Donatello. Le arti a Siena nel primo Rinascimento (cat. d’exp. Sienne, Santa Maria della Scala, Opera della Metropolitana, Pinacoteca Nazionale, 26 mars – 11 juillet 2010), Milan, Federico Motta, 2010, p. 382. établit un parallèle entre la scène du Banquet d’Hérode et cet autre « chef-d’œuvre d’humanité et de pathos » à travers la figure de l’Enfant-Jésus dont l’attention « est brusquement attirée vers la droite [de l’observateur] par un agent externe non moins pressant qu’invisible : et tandis que l’enfant se tord de manière très plastique et agitée dans une pose incontrôlable, l’espace de la scène s’étend comme par magie au-delà des limites du cadre et envahit la vie de l’observateur. » Au siècle dernier, l’historien de l’art allemand Wilhelm von Bode (1845 -1928) voyait déjà la proximité d’une invention similaire entre les deux œuvres à travers Jésus et les deux enfants qui fuient terrorisés en bas à gauche [6]Willhelm von BODE, Die italienische Plastik, Berlin, W. Spemann, 1891, p. 59..

Notes

Notes
1 « On sait avec certitude que [Jacopo della Quercia) n’est l’auteur que d’un seul [relief], car l’autre, qu’il a abandonné, a été commandé […] à Donatello, sculpteur d’une telle renommée qu’il était presque considéré comme un imitateur des anciens Grecs et Romains. Ayant reçu la commande en 1421, il avait déjà presque achevé le bas-relief le 9 mai 1427 ; car lui et son concitoyen Michelozzo écrivirent à Messer Bartolommeo Checchi, operaio du Duomo, lui demandant de remettre l’argent du paiement à un certain Antonio d’Esaìi et de leur faire savoir qui ils devaient représenter et quel nom ils devaient donner aux « figures manquantes, car nous aurons le temps de les compléter et nous sommes disposés à vous servir fidèlement ». Et pour que l’on puisse dire qu’il a effectivement servi comme il l’a fait, il suffit de regarder le bas-relief du Festin d’Hérode, dans lequel la tête du Précurseur du Christ est présentée sur un plateau. Le 8 octobre, l’œuvre était achevée et l’Opera paya le solde. Donatello est également à l’origine des « enfants nus », ces quatre petits anges ornant les angles de la corniche du tabernacle, ainsi que de deux figures de vertu, placées dans les niches des fonts baptismaux : la Foi et l’Espérance. » Vittorio LUSINI, Il San Giovanni di Siena e i suoi restauri diretti dal cav. prof. Agenore Socini, architetto senese, Florence, Fratelli Alinari Editori, 1901, pp. 37-38.
2 La date 1427 est celle de la livraison de l’œuvre ; le premier paiement est documenté dès 1423.
3 « Hérodiade en voulait […] à Jean, et elle cherchait à le faire mourir. Mais elle n’y arrivait pas parce que Hérode avait peur de Jean : il savait que c’était un homme juste et saint, et il le protégeait ; quand il l’avait entendu, il était très embarrassé ; cependant il l’écoutait avec plaisir. Or, une occasion favorable se présenta quand, le jour de son anniversaire, Hérode fit un dîner pour ses dignitaires, pour les chefs de l’armée et pour les notables de la Galilée. La fille d’Hérodiade fit son entrée et dansa. Elle plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille : « Demande-moi ce que tu veux, et je te le donnerai. » Et il lui fit ce serment : « Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, même si c’est la moitié de mon royaume. » Elle sortit alors pour dire à sa mère : « Qu’est-ce que je vais demander ? » Hérodiade répondit : « La tête de Jean, celui qui baptise. » Aussitôt la jeune fille s’empressa de retourner auprès du roi, et lui fit cette demande : « Je veux que, tout de suite, tu me donnes sur un plat la tête de Jean le Baptiste. » Le roi fut vivement contrarié ; mais à cause du serment et des convives, il ne voulut pas lui opposer un refus. Aussitôt il envoya un garde avec l’ordre d’apporter la tête de Jean. Le garde s’en alla décapiter Jean dans la prison. Il apporta la tête sur un plat, la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère. » (Mc 6, 19-28).
4 Donatello (d’après), Madonna col Bambino. Paris, Musée Jacquemart-André.
5 Francesco CAGLIOTI, « Da Donatello, Madonna col Bambino », dans Max Seidel (dir.), Da Jacopo della Quercia a Donatello. Le arti a Siena nel primo Rinascimento (cat. d’exp. Sienne, Santa Maria della Scala, Opera della Metropolitana, Pinacoteca Nazionale, 26 mars – 11 juillet 2010), Milan, Federico Motta, 2010, p. 382.
6 Willhelm von BODE, Die italienische Plastik, Berlin, W. Spemann, 1891, p. 59.

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