Maestro di Tressa, « Madonna col Bambino, due angeli e due santi »

Maestro di Tressa’ (actif à Sienne entre 1215 et 1240) 

Madonna col Bambino, due angeli e due santi (Vierge à l’Enfant, deux anges et deux saints), v. 1240.

Tempéra et or sur panneau, 93 x 52 cm.

Provenance : ?

Sienne, Collection Chigi Saracini, inv. n. 93.

Contrairement à ce qui deviendra une tradition durable à Sienne, ce petit retable n’est pas peint sur un fond doré mais sur un fond argenté dont l’oxydation inévitable, et caractéristique de ce métal, en a noirci la teinte et ôté le brillant. Sa structure présente elle aussi une particularité, celle d’être composée de plusieurs panneaux de bois rectangulaires dans lesquels, cependant, vient s’emboiter un panneau de format circulaire et penché vers l’avant, probablement pour compenser la hauteur de l’installation de l’œuvre et améliorer ainsi la vision du visage de la Vierge qui y est peint. Avec le temps, cet emboitement a occasionné des lacunes de la couche picturale à l’endroit où se fait le raccord de forme circulaire. Celles-ci ont fait l’objet d’une restauration ancienne qu’il a été décidé de conserver, ainsi que le rapporte Mario Salmi après une restauration effectuée en 1966 : « L’œuvre est peinte à la tempéra sur fond d’argent, à l’origine verni, sur trois axes de peuplier unis à celui qui est circulaire dans lequel ont voit la tête et le nimbe de la Vierge. Mais le panneau, raccourci en bas comme en haut, se trouvait dans des conditions précaires du fait de l’état de son support, récemment (1966)renforcé et parqueté avec des tubes d’aluminium coulissants. La surface, depuis longtemps abîmée par les trous occasionnés par des clous et refaite à plusieurs endroits, a été consolidée, soigneusement nettoyée (ce qui a conduit à découvrir des parties originales cachées sous les repeints), et intégrée à l’aquarelle au moyen de hachures verticales [selon la technique du tratteggio] aux endroits où la couleur était tombée. Dans la zone où se trouve le menton et une partie du cou, il a été préféré de ne pas toucher à une restauration ancienne, aisée à distinguer de l’original [1] ».

Pour qui s’est arrêté pour pouvoir observer avec suffisamment d’attention les œuvres les plus anciennes des collections du Museo dell’Opera del Duomo, la figuration de la Vierge évoque immanquablement la frontalité sidérante d’une autre Madone à l’Enfant peinte par le même ‘Maître de Tressa’ les yeux grands ouverts et le regard légèrement tourné vers le haut, l’enfant Jésus flottant dans son giron tout effectuant un geste de bénédiction à l’endroit du spectateur tout autant que de l’univers, les mains effilées de la Mère qui ne pèsent d’aucun poids, le hiératisme des figures centrées dans le format, les différences d’échelle entre les personnages représentés en l’absence de toute préoccupation pour un quelconque réalisme.

[1] Mario, Salmi, Il Palazzo e la collezione Chigi Saracini, Sienne, 1967.