Maestro di Tressa, « Madonna col Bambino. Madonna di Tressa »

3EAE1766-3A5F-4AB9-9AD2-F25C8761B74D.jpeg

Maestro di Tressa’ (actif à Sienne entre 1215 et 1240) 

Madonna col Bambino (Vierge à l’Enfant, également dite Vierge de Tressa), v. 1235.

Tempera et or sur panneau, 75,5 x 56,5 cm.

Inscriptions :

Provenance : Église de Santa Maria, Tressa.

Sienne, Museo diocesano di Arte sacra.

Le panneau provient vraisemblablement d’un dossale qui a été brutalement découpé, à une époque inconnue, sans doute pour pouvoir l’intégrer dans un cadre de dimensions plus restreintes afin e pourvoir le réutiliser dans un contexte liturgique. Cette intervention brutale est responsable de la disparition du bas des jambes de la Vierge ainsi que d’une grande partie de chacune des six scènes latérales représentant des épisodes de l’Histoire de la vie de la Vierge. Contrairement à ce que l’on peut observer dans la Madonna dagli occhi grossi (Pinacothèque de Sienne), la découpe du panneau a été faite, non pas le long des bords des images mais en plein milieu des scènes peintes de chaque côté de la Madone. Parmi les six scènes, on peut malgré tout reconnaître l’Annonciation [1], la Visitation [2], la Fuite en Égypte [3], l’Adoration des Mages [4], la Présentation de Jésus au temple [5]. La sixième scène, en revanche, demeure non identifiable.

Tandis que l’idée même d’une recherche de naturalisme est quasi inexistante dans la peinture du Duecento, la bidimensionnalité et l’affirmation du plan sont omniprésentes dans cette œuvre, ainsi que leur corollaire : la frontalité. C’est ainsi que la Vierge, assise sur un trône doté d’un gros coussin rouge pour le confort, de même que le Christ enfant bénissant et vêtu à la mode des philosophes antiques, sont vus parfaitement de face. Ils nous regardent droit dans les yeux, instaurant une sorte de dialogue auquel il n’est pas aisé d’échapper.

Le seul exemple de ce type très particulier de retable datant du début du Duecento à avoir survécu intact dans l’art siennois est le Christ Rédempteur (Sienne, Pinacoteca) également peint par le ‘Maître de Tressa‘. Il s’agit, en réalité, de devants d’autel, ou antependia.

[1] De l’Annonciation, on ne voit que la servante occupée à filer. Témoin de la scène que l’on rencontrera souvent chez Giotto, elle n’apparaît dans aucun texte évangélique.

[2] La Visitation. La figure féminine (Elisabeth ou sa servante ?) fait signe d’entrer à un personnage invisible. Dans ce contexte spécifique, il s’agit nécessairement de Marie.

[3] La Fuite en Égypte. Le fragment de paysage, qui localise la scène en extérieur, invite à reconnaître la scène du voyage à laquelle la Sainte Famille est contrainte pour fuir le massacre donné par Hérode. (faire photo).

[4] L’Adoration des Mages. Deux rois couronnés s’approchent de la mangeoire où se trouve l’Enfant-Jésus.

[5] La Présentation de Jésus au temple. La figure de Joseph apportant l’offrande traditionnelle des deux colombes identifie à coup sûr la scène.