Maestro di Tressa, « Madonna col Bambino »

 

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Le panneau était, à l’origine, un retable qui a été brutalement découpé, à une époque inconnue, probablement pour l’intégrer dans un cadre de plus petit format. Cette intempestive et violente intervention est responsable de la disparition du bas des jambes de la Vierge ainsi que d’une grande partie des six scènes latérales représentant l’Histoire de la vie de la Vierge. Parmi ces six scènes, on peut reconnaître l’Annonciation [1], la Visitation [2], la Fuite en Égypte [3], l’Adoration des Mages [4], la Présentation de Jésus au temple [5] et une sixième scène non identifiable. La configuration du décor est caractéristique de la manière dont on procédait au Duecento pour ajouter à l’image principale, vouée à la dévotion, de petites scènes visant à augmenter  sa dimension narrative. Jusqu’à ce que la prédelle acquière le rôle de support de ces scènettes, celles-ci étaient peintes au pourtour de la, ou des figures principales, sans préoccupation apparente pour un quelconque réalisme qu’une telle organisation aurait pu mettre à mal.

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De même que la préoccupation de naturalisme est quasi inexistante dans la peinture du Duecento, la bidimensionnalité est omniprésente dans cette œuvre, avec son corollaire : la frontalité. C’est ainsi que la Vierge, assise sur un trône doté d’un gros coussin rouge pour le confort, comme le Christ enfant bénissant et vêtu à la mode des philosophes antiques, sont vus parfaitement de face. Ils nous regardent droit dans les yeux, instaurant une sorte de dialogue auquel il n’est pas aisé d’échapper.

[1] De l’Annonciation, on ne voit que la servante occupée à filer, qui est un témoin de la scène que l’on rencontrera souvent chez Giotto.

[2] La Visitation

[3] La Fuite en Égypte

[4]

[5]