‘Maestro di Cabestany’ (actif au cours de la seconde moitié du XIIe siècle)
Daniele nella fossa dei leoni » (Daniel dans la fosse aux lions), seconde moitié du XIIe s.
Chapiteau de marbre (?),
Provenance : In situ.
Castelnuovo dell’Abate (Montalcino), église abbatiale de Sant’Antimo.
Le chapiteau de l’abbaye de Sant’Antimo à Montalcino, que Junyent [1]Edouard Junyent (Vic [Catalogne], 1901 – 1978) : prêtre, historien et archéologue espagnol. Il a également exercé les fonctions de chanoine et d’archiviste de la cathédrale de Vic, jouant un rôle majeur dans la préservation et la réorganisation des archives et du patrimoine artistique médiéval catalan. a attribué en 1961 au ‘Maître de Cabestany’, représente l’épisode biblique du prophète Daniel dans la fosse aux lions [2]On peut lire dans le Livre de Daniel que, voyant que les Babyloniens « le menaçaient sérieusement, le roi fut contraint de leur livrer Daniel. Ils le jetèrent dans la fosse aux lions, où il resta six jours. Dans la fosse, il y avait sept lions, à qui l’on donnait chaque jour deux corps humains et deux moutons mais, pour qu’ils mangent Daniel, on ne leur donna rien. Il y avait alors … Poursuivre ; il s’agit d’un sujet très fréquent à l’époque, notamment en Languedoc, car le prophète y est assimilé au Christ aux Enfers. Tous les éléments justifiant cette attribution à l’artiste sont réunis : l’expressivité des visages, les drapés aux plis incisifs, les membres disproportionnés et, surtout, le modelé des animaux [3]« C’est précisément dans la représentation des lions que l’artiste atteint un niveau de maîtrise époustouflant, touchant aux sommets avec un extraordinaire chapiteau aux lions provenant de l’abbaye de Sant Pere de Rodes (*), près de Gérone (Catalogne, Espagne), ainsi qu’à travers certains détails mis au jour par le chercheur américain David Simon dans … Poursuivre. Par ailleurs, ce n’est pas la première fois que le Maître traite le thème de Daniel dans la fosse aux lions sur un chapiteau, comme en témoignent certaines pièces provenant de l’abbaye de Saint-Papoul, près de Carcassonne.
« Sans vide et sans repos, les volumes prolifèrent, comme endiablés, mêlant bêtes et hommes selon une esthétique qui […] est particulière [au ‘Maître de Cabestany’]. A Sant’Antimo comme sur un chapiteau de Saint-Papoul, le sujet […] favorisait cet enchevêtrement disparate, quoique l’on puisse s’interroger sur la présence des monstres du tailloir dans l’abbatiale toscane : fantaisie du sculpteur ou allusion au dragon de Baal [4]« Il y avait aussi un grand serpent, qui était vénéré par les Babyloniens. Le roi dit à Daniel : “Tu ne peux pas dire que celui-ci n’est pas un dieu vivant. Adore-le donc !” Daniel répondit : “C’est le Seigneur mon Dieu que j’adore : c’est lui le Dieu vivant ! Ô roi, donne-moi la permission, je tuerai le serpent sans épée ni bâton.” Le roi … Poursuivre ? » [5]Léon PRESSOUYRE, op. cit., p. 39.
Notes
| 1↑ | Edouard Junyent (Vic [Catalogne], 1901 – 1978) : prêtre, historien et archéologue espagnol. Il a également exercé les fonctions de chanoine et d’archiviste de la cathédrale de Vic, jouant un rôle majeur dans la préservation et la réorganisation des archives et du patrimoine artistique médiéval catalan. |
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| 2↑ | On peut lire dans le Livre de Daniel que, voyant que les Babyloniens « le menaçaient sérieusement, le roi fut contraint de leur livrer Daniel. Ils le jetèrent dans la fosse aux lions, où il resta six jours. Dans la fosse, il y avait sept lions, à qui l’on donnait chaque jour deux corps humains et deux moutons mais, pour qu’ils mangent Daniel, on ne leur donna rien. Il y avait alors en Judée le prophète Habacuc. Il venait de faire cuire une bouillie et de mettre des petits morceaux de pain dans une corbeille, pour aller les porter aux moissonneurs dans les champs. L’ange du Seigneur dit à Habacuc : « Le repas que tu tiens, porte-le à Babylone, à Daniel, dans la fosse aux lions. » Habacuc dit : « Seigneur, je n’ai jamais vu Babylone et je ne connais pas la fosse. » L’ange du Seigneur le saisit par le sommet de la tête, le porta par les cheveux et, dans la violence de son souffle, le déposa à Babylone au-dessus de la fosse. Habacuc cria : « Daniel, Daniel, prends le repas que Dieu t’envoie ! » Daniel dit alors : « Tu t’es souvenu de moi, mon Dieu ; tu n’abandonnes pas ceux qui t’aiment. » (Da 14, 30-38). |
| 3↑ | « C’est précisément dans la représentation des lions que l’artiste atteint un niveau de maîtrise époustouflant, touchant aux sommets avec un extraordinaire chapiteau aux lions provenant de l’abbaye de Sant Pere de Rodes (*), près de Gérone (Catalogne, Espagne), ainsi qu’à travers certains détails mis au jour par le chercheur américain David Simon dans l’église de la Purificación à Villaveta (Pampelune). » Léon PRESSOUYRE, « Une nouvelle œuvre du ‘maître de Cabestany’ en Toscane : le pilier sculpté de San Giovanni in Sugana », Bulletin de la Société Nationale des Antiquaires de France (1969, 1971), p. 39. En ligne : www.persee.fr/doc/bsnaf_0081-1181_1971_num_1969_1_2155
(*) Monastère bénédictin des XIe-XIIe siècles, construit sur le flanc de la montagne de Verdera, dans le nord-est de la Catalogne, en contrebas des ruines du château de Sant Salvador de Verdera qui lui offrait sa protection. |
| 4↑ | « Il y avait aussi un grand serpent, qui était vénéré par les Babyloniens. Le roi dit à Daniel : “Tu ne peux pas dire que celui-ci n’est pas un dieu vivant. Adore-le donc !” Daniel répondit : “C’est le Seigneur mon Dieu que j’adore : c’est lui le Dieu vivant ! Ô roi, donne-moi la permission, je tuerai le serpent sans épée ni bâton.” Le roi dit : “Je te la donne.” Daniel prit alors de la poix, de la graisse et des poils. Il fit bouillir le tout et en fit des galettes qu’il jeta dans la gueule du serpent. Le serpent les avala et en creva. Et Daniel dit : “Voyez ce que vous vénérez !” » (Da 14, 23-27). |
| 5↑ | Léon PRESSOUYRE, op. cit., p. 39. |




