Lippo Vanni, « Quattro miracoli di San Leonardo »

Lippo Vanni (Sienne, actif entre 1340 et 1375)

Quattro miracoli di San Leonardo (Quatre miracles de saint Léonard), v. 1460-1470.

Fresque.

Inscriptions :

  • (sous chacune des quatre scènes, en grande parties effacées et très difficilement lisibles, les inscriptions commencent toutes par les mots : « COME FECCE [LEONARDO] [1]C’est-à-dire : « Comment Léonard … », manière d’introduire la narration.)

Provenance : In situ.

Santa Colomba (Monteriggioni), Eremo di San Leonardo al Lago.

Situées immédiatement sous la figure en pied du saint, quatre images, comme autant de compartiments d’une sorte de double prédelle, racontent quatre miracles accomplis par Leonardo [2]Enzo Carli note qu’il s’agit, « en dépit de son exiguïté, du plus ample cycle iconographique relatif au saint protecteur des prisonniers qu’il soit possible de voir en Toscane ». E. Carli, Lippo Vanni à San Leonardo al Lago, Florence, Edam, 1969, p. 14., associées à des inscriptions dont le contenu explicitait la nature avant d’être devenus presque illisibles.

Fort heureusement, trois de ces quatre images parlent encore d’elles-mêmes et racontent les miracles posthumes accomplis par le Saint :

  • la première raconte comment Leonardo libère un malheureux injustement retenu prisonnier, en parvenant à l’extraire par l’une des petites ouvertures percées dans la muraille de la prison, laquelle se fendille et semble sur le point de rompre sous l’effet de l’action miraculeuse ; l’image ne dit pas comment l’homme est parvenu au bas de la tour, mais celui-ci est cependant visible une seconde fois, prenant les jambes à son cou pour s’enfuir, non sans emporter avec lui les entraves métalliques dont il a été libéré [3]Ce même type d’entraves, ancêtres médiévales des sinistres menottes actuelles, est le principal attribut iconographique de Léonard.
  • dans la seconde, un homme est confronté à un interrogatoire au cours duquel il est soumis à la torture. Selon une méthode fréquemment utilisée au Moyen Âge (et au delà), l’accusé est attaché à une corde par les mains, qu’on lui a liées dans le dos. Le bourreau, tirant visiblement de toutes ses forces sur la corde pour soulever l’accusé au-dessus du sol, dans une position douloureuse, arrache au malheureux des confessions que note sans sourciller quelque juge, à moins qu’il ne s’agisse de son greffier. Dans le même temps, apparaît Leonardo que l’on voit alléger la souffrance de cette probable victime injuste d’une barbarie institutionnalisée, en soutenant le poids par les pieds de son corps
  • amputée de plus d’une moitié de sa surface, la troisième image, dorénavant incomplète, ne permet plus d’identifier le détail de la narration. Dans la mesure où elle met en scène Leonardo et un inconnu avec qui il semble dialoguer à proximité d’une forteresse crénelée, il fait peu de doute que le sujet de l’image portait sur la manière dont le saint rend la liberté à ce dernier
  • la quatrième et dernière image montre l’apparition miraculeuse de Leonardo venu, cette fois-ci, libérer de ses liens un cavalier attaché à un arbre pendant que les trois brigands qui se sont emparés de lui dorment profondément

Notes

Notes
1 C’est-à-dire : « Comment Léonard … », manière d’introduire la narration.
2 Enzo Carli note qu’il s’agit, « en dépit de son exiguïté, du plus ample cycle iconographique relatif au saint protecteur des prisonniers qu’il soit possible de voir en Toscane ». E. Carli, Lippo Vanni à San Leonardo al Lago, Florence, Edam, 1969, p. 14.
3 Ce même type d’entraves, ancêtres médiévales des sinistres menottes actuelles, est le principal attribut iconographique de Léonard.
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