
Nicola Pisano (env. 1210 – av. 1284)
Giudizio Universale : gli eletti (Jugement Dernier : les élus), 1265-1268.
Marbre, compartiment de la chaire de la Cathédrale.
Provenance : In situ.
Sienne, Cathédrale de Santa Maria Assunta.

Venant immédiatement après l’image de la Crucifixion dans la chronologie des épisodes figurés, comme s’il fallait articuler directement cette scène à celle du Jugement dernier, comme s’il s’agissait de « donner une expression plastique à ce renversement bien décrit par saint Augustin » [1]Gianni CIOLI, « La rappresentazione della Crocifissione e del Giudizio universale negli amboni di Nicola e Giovanni Pisano », dans Timothy VERDON, Giovanni SERAFINI (dir.), E la Parola si fece bellezza (atti del Convegno internazionale sugli amboni istoriati toscani, 19-28 mai 2016), Florence, Mandragora, 2017, pp. 223-231. : « Un prophète avait dit bien auparavant : ‘Ils verront Celui qu’ils ont percé’ [2]« Et ailleurs l’Écriture dit encore : Ils verront Celui qu’ils ont percé. » (Jn 19, 37) ; « Alors je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication, et ils tourneront les regards vers moi, celui qu’ils ont percé. Ils pleureront sur lui comme on pleure sur un fils unique, Ils … Poursuivre. Oui ils verront cette même nature qu’ils ont frappée à coup de lance. Ils verront siéger comme juge, Celui qu’ils avaient vu debout devant un juge ; et condamner de vrais coupables, Celui qui a été faussement condamné comme coupable. » [3]« Sedebit iudex, qui stetit sub iudice. Damnabit veros reos, qui factus est falsus reus ». Saint Augustin, Sermon, 127, 7. 10.
Le Jugement dernier se développe sur la largeur de deux panneaux : à gauche, les élus, à droite les damnés, les deux panneaux étant réunis par la figure sculptée du Christ-Juge venue dissimuler la ligne de séparation.
Au Paradis, les bienheureux se tiennent sur quatre rangs. La plupart tournent leur regard vers le Christ Juge ; cependant, beaucoup sont aussi les élus qui observent la scène et se tournent vers le spectateur. La présence la plus émouvante est celle des Vierges sages attendant le Juge, leurs lanternes allumées, et qui sont maintenant admises en compagnie de l’Époux. La présence des prophètes est également frappante ; on les voit ici annoncer au ressuscité l’arrivée du Juge et les événements qu’ils avaient prophétisés. Au premier rang, les trois anges de Mambre présentent Abraham au Christ et ouvrent la marche des patriarches et des rois justes de l’Ancien Testament. Viennent ensuite les figures emblématiques des autres tribus traditionnelles des bienheureux : les martyrs (saint Sébastien et ses flèches), les confesseurs (les saints fondateurs d’ordres religieux), les docteurs de l’Église, les hiérarchies sacrées (l’évêque) et profanes (le roi), et le peuple de Dieu.
Notes
| 1↑ | Gianni CIOLI, « La rappresentazione della Crocifissione e del Giudizio universale negli amboni di Nicola e Giovanni Pisano », dans Timothy VERDON, Giovanni SERAFINI (dir.), E la Parola si fece bellezza (atti del Convegno internazionale sugli amboni istoriati toscani, 19-28 mai 2016), Florence, Mandragora, 2017, pp. 223-231. |
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| 2↑ | « Et ailleurs l’Écriture dit encore : Ils verront Celui qu’ils ont percé. » (Jn 19, 37) ; « Alors je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication, et ils tourneront les regards vers moi, celui qu’ils ont percé. Ils pleureront sur lui comme on pleure sur un fils unique, Ils pleureront amèrement sur lui comme on pleure sur un premier-né. » (Zac 12, 10). |
| 3↑ | « Sedebit iudex, qui stetit sub iudice. Damnabit veros reos, qui factus est falsus reus ». Saint Augustin, Sermon, 127, 7. 10. |
