Jacques de Voragine, La « Légende dorée »

Il s’agit d’un ouvrage rédigé depuis l’année 1260 environ, jusqu’à la mort de son auteur, Jacques de Voragine, en 1298. L’ouvrage compile une importante collection de vies saintes et de légendes hagiographiques souvent réécrites et augmentées.

« Il s’agit d’un volumineux recueil de Vies de saints dans l’ordre du calendrier, qui privilégie assez largement les saints les plus anciens de l’église. Cet ouvrage a joué un rôle considérable dans la prédication et dans l’iconographie chrétienne du moyen âge finissant [1]En dernier lieu : Jacques de Voragine, La Légende dorée, (trad. fr.), A. Boureau – M. Goulet (eds.), Paris, Gallimard, 2004, pp. LVII – CXI (Note de l’auteur).. Mais ce n’est pas cette version latine, destinée aux clercs, qui nous intéresse. Dès 1333 ou environ, la Légende dorée a été traduite en français par Jean de Vignay [2]Jean de Vignay, Jehan de Vignay, ou Jehan du Vingnai (Bayeux, v. 1283 – ?, ap. 1340 ?) : traducteur français de la première moitié du XIVe siècle, connu pour son énorme production de traductions du latin au français., religieux de Saint-Jacques-du-Haut-Pas de Paris, à la demande de la reine Jeanne de Bourgogne, épouse de Philipe VI de Valois [3]Jean de Vignay est l’auteur de nombreuses autres traductions, dont celles du Speculum Historiale de Vincent de Beauvais (le Miroir Historial), du Liber super ludum Scaccorum (Les Echecs moralisés, de Jacques de Cessoles), les Otia imperialia de Gervais de Tilbury (Note de l’auteur).. 16 manuscrits de cette première traduction survivent, dont beaucoup sont enluminés [4]H. Maddocks, Illumination in Jean de Vignay’s Légende dorée, in Legenda Aurea : sept siècles de diffusion, Actes du colloque international sur la Legenda aurea, texte latin et branches vernaculaires, Université du Québec à Montréal (11-12 mai 1983), B. Dunn-Lardeau (ed.), Paris-Montréal, J. Vrin, 1986, pp. 155-170. D. Donadieu-Rigaut, La Légende dorée et ses images. … Poursuivre. Le duc de Bourgogne Philippe le Hardi possédait l’une de ces copies. Peu après 1400, la traduction de Jean de Vignay fut augmentée de 46 ‘Fêtes nouvelles’ – vies de saints ou aditions relatives à des fêtes de l’église – dans l’ordre approximatif du calendrier, à partir de la fête de saint Eloi (1 décembre), suivie entre autres de celles de sainte Geneviève de Paris, saint Germain de Paris, saint Supplice de Bourges ou saint Médard de Noyon, qui tous étaient vénérés dans les églises parisiennes. Le but de ces ajouts est clair : pourvoir la traduction française de la Légende dorée de Vies de saints français, voire parisiens, ayant, pour certains d’entre eux, vécu récemment, ayant également illustré la dynastie capétienne et Paris, tels saint Louis (mort en 1270) ou saint Thomas d’Aquin (mort en 1274). [5]Jean-Claude Schmitt, « La cité et son image : Lucques et le Volto Santo », dans Paola Ventrone, Laura Gaffuri (dir.), Images, cultes, liturgies. Les connotations politiques du message religieux, Paris, Éditions de la Sorbonne, 2014, pp. 125-144. »

Notes

Notes
1 En dernier lieu : Jacques de Voragine, La Légende dorée, (trad. fr.), A. Boureau – M. Goulet (eds.), Paris, Gallimard, 2004, pp. LVII – CXI (Note de l’auteur).
2 Jean de Vignay, Jehan de Vignay, ou Jehan du Vingnai (Bayeux, v. 1283 – ?, ap. 1340 ?) : traducteur français de la première moitié du XIVe siècle, connu pour son énorme production de traductions du latin au français.
3 Jean de Vignay est l’auteur de nombreuses autres traductions, dont celles du Speculum Historiale de Vincent de Beauvais (le Miroir Historial), du Liber super ludum Scaccorum (Les Echecs moralisés, de Jacques de Cessoles), les Otia imperialia de Gervais de Tilbury (Note de l’auteur).
4 H. Maddocks, Illumination in Jean de Vignay’s Légende dorée, in Legenda Aurea : sept siècles de diffusion, Actes du colloque international sur la Legenda aurea, texte latin et branches vernaculaires, Université du Québec à Montréal (11-12 mai 1983), B. Dunn-Lardeau (ed.), Paris-Montréal, J. Vrin, 1986, pp. 155-170. D. Donadieu-Rigaut, La Légende dorée et ses images. Quelques jalons pour une histoire des Légendes dorées illustrées (XIIIe – XX e siècle), in Jacques de Voragine, La Légende dorée, pp. LVII – CXI (Note de l’auteur).
5 Jean-Claude Schmitt, « La cité et son image : Lucques et le Volto Santo », dans Paola Ventrone, Laura Gaffuri (dir.), Images, cultes, liturgies. Les connotations politiques du message religieux, Paris, Éditions de la Sorbonne, 2014, pp. 125-144.
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