Arnolfo di Cambio

Arnolfo di Cambio (Colle di Val d’Elsa, v. 1245 – Florence, entre 1302 et 1310) : architecte, sculpteur et peut-être également peintre. Elève de Nicola Pisano qui lui transmis sa culture de l’antique et en fit l’un de ses principaux collaborateurs alors qu’il réalisait les plus importants de ses chefs-d’œuvres. On peut supposer qu’il avait une vingtaine d’années quand il collabora avec le maître auprès de qui il s’était formé à l’exécution de l’ambon de la cathédrale de Sienne.

« On sait qu’Arnolfo, en tant sculpteur, intégrait fréquemment à son travail des spolia antiques [1]Les spolia (plur. du lat. spolium, « dépouille, butin »), également appelés remplois, désignent la réutilisation de matériaux (notamment des colonnes, des chapiteaux et des plaques de marbre) ainsi que d’œuvres d’art de monuments déjà existants comme matériaux de construction dans un nouvel édifice soit pour des raisons idéologiques, soit pour … Poursuivre, généralement en retravaillant les côtés non décorés des pierres ou en utilisant des statues impériales romaines ou de l’Antiquité tardive, qu’il adaptait aux exigences de ses clients. Lucilla de Lachenal a mis en lumière certaines modalités du travail de l’artiste, qui semblent s’être imposées avec une force croissante au fil de sa production, caractérisant son rapport à l’Antiquité dans un crescendo de plus en plus conscient et déterminé. Ainsi, partant de la récupération et de la réutilisation banales de matériaux lithiques, initialement motivées par la simple nécessité, il accorde une attention accrue à la sélection de matériaux anciens pour ses créations sculpturales. Il semble presque conscient que la réutilisation des marbres antiques, qu’il exalte sur les plans idéologique et formel, confèrerait à ses œuvres une valeur et une importance garanties, sans jamais perdre de vue le message chrétien qu’il entendait transmettre conformément aux souhaits de ses commanditaires, a joué un rôle incontestablement fondamental dans cette évolution de l’art d’Arnolfo. L’exemple de Nicola Pisano, mais surtout celui des maîtres cosmati avec lesquels il collabore à Rome et ailleurs, a joué un rôle fondamental. De leurs connaissances et de leurs méthodes de travail, il s’est inspiré pour la réfection des spolia de marbre antique, ainsi que pour une organisation et une pratique d’atelier qu’il a élevées au point de créer pratiquement un système entrepreneurial ante litteram, une réussite qui lui a valu la nomination de magister et d’architecte des papes et pour la nouvelle cathédrale de Florence. » [2]Lucilla de Lachenal, « Arnolfo di Cambio e i marmi antichi: riuso, ideologia e prassi di bottega », Bollettino d’arte, 7, XIX, 21, 2014, pp. 97-122.

Arnolfo est surtout connu pour avoir été le premier architecte de la cathédrale de Santa Maria del Fiore, à Florence. L’attribution à Arnolfo du projet de la première phase des travaux se trouve confirmée par un acte du 1er avril 1300, par lequel le Conseil des Cent exonéra d’impôt « magistrum Arnulphum de Colle filium olim Cambii » au vu du fait « quod idem magister (…) est capudmagister laborerii et operis ecclesie Beate Reparate maioris ecclesie Florentine, et quod […] per ipsius industriam, experientiam et ingenium comune et populus Florentie ex magnifico et visibili principio dicti operis ecclesie iamdicte inchoacti per ipsum magistrum Arnulphum habere sperat venustius et honorabilius templum aliquo alio quod sit in partibus Tuscie » [3]«  Maître Arnolfo de Colle, fils de feu Cambio […] qui lui-même maître d’ouvrage des travaux et des œuvres de l’église de la Bienheureuse Reparata, principale église de Florence et qui […] grâce à son énergie, son expérience et son talent commun, fait espérer aux habitants de Florence, depuis le début magnifique et visible des travaux de ladite église qui ont déjà … Poursuivre.

Ses œuvres sculptées sont en très grande partie conservées au Museo dell’Opera del Duomo, à Florence mais on peut également voir d’imposantes œuvres de lui, principalement des monuments funéraires, à Florence en Ombrie [4]Arnolfo di Cambio, Mausoleo del cardinale Guillaume de Braye (Mausolée du Cardinal Guillaume de Bray), v. 1282. Orvieto, église de San Domenico..

Vi è una doppia menzione della Battaglia di Colle Val d’Elsa nel Canto XI del Purgatorio della Divina Commedia mediante il condottiero di parte senese Provenzan Salvani, laddove il Canto è dedicato agli artisti e Carlo I d’Angiò, mecenate di Arnolfo, è menzionato in Purg., XI, 137, e nel Canto XIII del Purgatorio esplicitamente mediante la senese Sapia Salvani (vv. 115-117). Questa è probabilmente un discreto omaggio di Dante al grande artista, allora vivente o da poco morto: Dante ebbe di certo modo di conoscerlo al più tardi al tempo del priorato nel ruolo di architetto dei lavori di Santa Maria del Fiore. In Purg., VII, 113,124, la menzione di Carlo d’Angiò come dal « maschio naso » e « nasuto » derivano probabilmente dalla statua di Arnolfo, che forse scherzò col Poeta sul tema, avendo conosciuto Carlo di persona. Dante quasi certamente la vide anche a Roma da pellegrino nel Giubileo del 1300 e nella fatale missione del 1301 presso papa Bonifacio VIII, l’altro illustre mecenate di Arnolfo [7].

Arnolfo eut deux illustres mécènes en les personnes du roi Charles Ier d’Anjou et du pape Boniface VIII. Dante lui-même, qui fut peut-être son ami, l’évoque plus ou moins explicitement dans la Divine Comédie. [5]On trouve une double mention de la bataille de Colle di Val d’Elsa dans le chant XI du Purgatoire par l’intermédiaire du chef siennois Provenzan Salvani, où le chant est dédié aux artistes et à Charles Ier d’Anjou, patron d’Arnolfo, est mentionné dans le Purgatoire, XI, 137, et dans le chant XIII du Purgatoire explicitement par l’intermédiaire du siennois … Poursuivre

Œuvres visibles à Sienne et dans le pays siennois

Notes

Notes
1 Les spolia (plur. du lat. spolium, « dépouille, butin »), également appelés remplois, désignent la réutilisation de matériaux (notamment des colonnes, des chapiteaux et des plaques de marbre) ainsi que d’œuvres d’art de monuments déjà existants comme matériaux de construction dans un nouvel édifice soit pour des raisons idéologiques, soit pour des considérations purement économiques. De façon plus large, ce phénomène d’appropriation désigne également l’utilisation d’œuvres d’art ou de pièces de monuments étrangers prises à l’ennemi pour embellir la ville du vainqueur en les intégrant dans de nouveaux ensembles.
2 Lucilla de Lachenal, « Arnolfo di Cambio e i marmi antichi: riuso, ideologia e prassi di bottega », Bollettino d’arte, 7, XIX, 21, 2014, pp. 97-122.
3 «  Maître Arnolfo de Colle, fils de feu Cambio […] qui lui-même maître d’ouvrage des travaux et des œuvres de l’église de la Bienheureuse Reparata, principale église de Florence et qui […] grâce à son énergie, son expérience et son talent commun, fait espérer aux habitants de Florence, depuis le début magnifique et visible des travaux de ladite église qui ont déjà été commencés par le maître Arnolfo lui-même, d’avoir un temple plus beau et plus honorable que tout autre se trouvant dans les régions de la Toscane. » Cité par Cesare Guasti, Santa Maria del Fiore. La costruzione della chiesa e del campanile secondo i documenti tratti dall’Archivio dell’Opera Secolare e da Quello di Stato, Florence, 1887 (reprint Nabu Press, 2012).
4 Arnolfo di Cambio, Mausoleo del cardinale Guillaume de Braye (Mausolée du Cardinal Guillaume de Bray), v. 1282. Orvieto, église de San Domenico.
5 On trouve une double mention de la bataille de Colle di Val d’Elsa dans le chant XI du Purgatoire par l’intermédiaire du chef siennois Provenzan Salvani, où le chant est dédié aux artistes et à Charles Ier d’Anjou, patron d’Arnolfo, est mentionné dans le Purgatoire, XI, 137, et dans le chant XIII du Purgatoire explicitement par l’intermédiaire du siennois Sapia Salvani (vv. 115-117). Il s’agit probablement d’un hommage discret de Dante au grand artiste, alors vivant ou récemment décédé : Dante a certainement eu l’occasion de le connaître au plus tard à l’époque où il était prieuré dans son rôle d’architecte des travaux de Santa Maria del Fiore. Dans le Purgatoire, VII, 113, 124, la mention de Charles d’Anjou « dal maschio naso » et « nasuto » dérive probablement de la statue d’Arnolfo, qui a peut-être plaisanté avec le poète sur le sujet, ayant connu Charles en personne. Dante l’a presque certainement également vu à Rome en tant que pèlerin lors du Jubilé de 1300 et lors de la mission fatidique de 1301 auprès du pape Boniface VIII.

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