Marco Pino, « Tre tavolette di cataletto della Confraternita di S. Giovannino alla Staffa in Pantaneto »

Marco Pino (Sienne, 1521 – Naples, 1583)

Tre tavolette di cataletto della Confraternita di S. Giovannino alla Staffa in Pantaneto (Trois têtes de civière funéraire de la Confraternité de San Giovannino alla Staffa in Pantaneto),

  • Predica del Battista (Prédication du Baptiste)
  • Battesimo di Cristo (Baptême du Christ)
  • Cristo morto sorretto da angeli (Le Christ mort soutenu par des anges)

Huile sur toile, 53 x 36 cm (chaque panneau).

Inscriptions :

  • (sur le châssis de chacune des toiles, datant probablement du XVIIIe s. ou du début du XIXe) : « di Marco da Siena » [1]« De Marco de Sienne ».

Provenance : Confraternita di S. Giovannino alla Staffa, o in Pantaneto jusqu’en 1785 [2]Avec l’abolition de la confrérie en 1785, la fonction pour laquelle les toiles avaient été peintes cessa. Elles furent séparées des testate di bara (les têtes du brancard mortuaire) et encadrées pour former de petits tableaux autonomes. ; Palazzo Pubblico, Sienne (1812) ; Collection Giuseppe Belli (avant 1835).

Sienne, Palazzo Sansedoni, Fondazione Monte dei Paschi (acquis d’une collection privée en 2006).

L’ancienne attribution [3]Voir note 1. à Marco Pino ne fait aucun généralement doute aujourd’hui : Le Christ mort soutenu par des anges, d’allure michelangelesque, reprend une composition déjà développée dans d’autres peintures sur le même thème ; le Baptême du Christ constitue l’évolution d’un sujet abordé dans deux panneaux napolitains ; même la Prédication du Baptiste, dont on ne connaît aucun précédent aussi immédiat, est en lien avec différentes compositions de la maturité de l’artiste.

Le format cintré au sommet et les dimensions réduites constituent deux caractéristiques des peintures qui ornaient les deux faces de chacune des têtes des cataletti utilisés pour honorer les défunts au sein des confréries, selon une typologie particulièrement fréquente et réussie à Sienne. Le support textile, rare chez Marco Pino qui préfère généralement le bois, a peut-être été adopté ici pour faciliter le transport d’œuvres qui devaient voyager pour arriver à destination : en effet, on sait que les quatre toiles ont été peintes par le peintre à Naples avant d’être envoyées à Sienne.

Demeurées cachées pendant deux siècles dans des collections privées, les œuvres sont aujourd’hui dans des conditions de conservation extraordinaires et présentent intacte la qualité des meilleures créations de l’artiste, dans lesquelles la peinture menée avec détermination, avant tout, avec une aisance et une rapidité suprêmes, se marie parfaitement avec l’élaboration l’élégance du dessin.

Andrea Zezza, « Marco Pino, cataletto », Raccolta d’arte senese. I Opere dal XV al XVII secolo, Sienne, Fondazione Monte dei Paschi di Siena, 2006.

Andrea Zezza, Marco Pino. L’opera completa, Napoli, Electa, 2003.

Fiorella Sricchia Santoro (dir.), Da Sodoma a Marco Pino. Pittori a Siena nella prima metà del Cinquecento, Sienne, Monte dei Paschi di Siena, 1988.

Notes

Notes
1 « De Marco de Sienne ».
2 Avec l’abolition de la confrérie en 1785, la fonction pour laquelle les toiles avaient été peintes cessa. Elles furent séparées des testate di bara (les têtes du brancard mortuaire) et encadrées pour former de petits tableaux autonomes.
3 Voir note 1.
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