« Cataletto »

« […] perciò ‘cataletto’ vuol dire letto da morti » (« donc ‘cataletto’ signifie ‘lit pour les morts’. »). » C’est ainsi qu’au XVIIIe s., Antonio Muratori concluait une courte démonstration [1]« I cadaveri de’ nobili una volta si portavano alla sepoltura, non già nella bara, ma in un letto, il qual costume oggidì solamente si costuma per li Vescovi ed altri insigni personaggi […] perciò ‘cataletto’ vuol dire ‘letto da morti‘. » (« Autrefois, les cadavres des nobles étaient portés vers leur sépulture, non pas déjà dans une … Poursuivre. De fait, le terme italien cataletto désigne un brancard funéraire [2]Le cataletto est parfois improprement appelé « bara » (cercueil).. Autrefois utilisé par les confréries laïques, ce type particulier de mobilier funéraire permettait d’exposer le défunt au siège et dans l’église de la confrérie à laquelle il appartenait, et de le transporter en cérémonie jusqu’au lieu de son inhumation. Apparus au XVe s, ces brancards ou civières, qui semblent avoir été d’usage purement siennois, comportaient, à chacune de leurs deux extrémités, un panneau de bois appelé testata di bara (tête de cercueil), orné sur ses deux faces de peintures représentant, à l’origine, des personnages sacrés. [3]L’une des figures les plus souvent représentées sur les cataletti est celle du Christ mort, dont l’effigie pouvait être interprétée par les fidèles comme une promesse de résurrection du défunt après sa mort. Avec le temps, elles devinrent parfois de véritables scènes semblables à des retables en miniature. L’historien de l’art Marco Ciampolini observe que « dans la tradition siennoise », les têtes des lits funéraires (ou cataletti) comportaient l’iconographie fixe de la Vierge à l’Enfant et de la Pietà sur les deux surfaces orientées vers le défunt à l’intérieur du lit » [4]Marco Ciampolini, « Il pannello mancante del cataletto di Lorenzo Brazzi detto il Rustico a Pienza e un possibile disegno dell’artista », dans Paola Maffei et Gian Maria Varanini (dir.), Honos alit artes. Studi per il settantesimo compleanno di Mario Ascheri Gli universi particolari. Città e territori dal medioevo all’età moderna, Florence, Firenze University Press, … Poursuivre, les deux surfaces extérieures étant plus librement historiées à l’aide de scènes ou de figures sacrées faisant l’objet d’une dévotion particulière à chaque compagnie.

Le format cintré au sommet ainsi que les dimensions réduites sont caractéristiques des peintures qui ornaient les deux côtés de chaque tête des cataletti, selon une typologie qui rencontra un succès particulièrement vif à Sienne où toutes les compagnies laïques avaient leur propre brancard destiné à servir lors des obsèques de leurs membres, artisans la plupart du temps. Au XVIe siècle, face à une demande importante, les plus grands peintres actifs dans la ville s’essayèrent brillamment à l’exercice, certains d’entre eux à plusieurs reprises.

Cataletti et testate di bara visibles à Sienne et dans le pays siennois

Notes

Notes
1 « I cadaveri de’ nobili una volta si portavano alla sepoltura, non già nella bara, ma in un letto, il qual costume oggidì solamente si costuma per li Vescovi ed altri insigni personaggi […] perciò ‘cataletto’ vuol dire ‘letto da morti‘. » (« Autrefois, les cadavres des nobles étaient portés vers leur sépulture, non pas déjà dans une bière, mais sur un lit, coutume qui ne se pratique aujourd’hui que pour les évêques et autres personnages importants […] donc ‘cataletto’ signifie ‘lit pour les morts’. » Antonio Muratori,
2 Le cataletto est parfois improprement appelé « bara » (cercueil).
3 L’une des figures les plus souvent représentées sur les cataletti est celle du Christ mort, dont l’effigie pouvait être interprétée par les fidèles comme une promesse de résurrection du défunt après sa mort.
4 Marco Ciampolini, « Il pannello mancante del cataletto di Lorenzo Brazzi detto il Rustico a Pienza e un possibile disegno dell’artista », dans Paola Maffei et Gian Maria Varanini (dir.), Honos alit artes. Studi per il settantesimo compleanno di Mario Ascheri Gli universi particolari. Città e territori dal medioevo all’età moderna, Florence, Firenze University Press, 2014, p. 263.

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Guide artistique de la Province de Sienne

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture