Raban Maur (Mayence, v. 780 – Winkel im Rheingau, 856) : moine bénédictin et théologien germanique, l’un des principaux artisans de la Renaissance carolingienne. Formé à Fulda puis à Saint-Martin de Tours, auprès d’Alcuin. De retour à Fulda, il est nommé écolâtre [1]Ecolâtre : ecclésiastique qui dirigeait l’école attachée à la cathédrale, et qui plus tard fut chargé d’exercer une surveillance sur les maîtres d’école du diocèse. La fonction était d’importance et nombreux furent les écolâtres qui devinrent écrivains de renom, théologiens, ou évêques, sinon papes, à l’instar de Sylvestre II., puis abbé en 822. Il tente alors de faire de l’abbaye un centre intellectuel et y favorise le développement du scriptorium et de la bibliothèque. En 842, défavorable à toute activité politique, lors de la défaite de Lothaire face à ses frères, il se démet de son abbatiat pour se retirer à Petersberg où il s’adonne à la science et aux exercices spirituels. Mais en 847, Louis le Germanique l’appelle à la tête de l’évêché de Mayence, alors vacant.
Surnommé « le Précepteur de la Germanie », il est l’auteur d’une œuvre abondante et variée, souvent à visée didactique [2]L’ensemble de cette œuvre contribua non seulement à l’enrichissement de la culture cléricale et à la transmission du savoir hérité de l’Antiquité relayé, avant lui, par Isidore de Séville, mais aussi au développement de la langue et de la littérature allemandes : pour ces raisons, Raban Maur fut surnommé de la sorte au début du XIXe siècle.. « Il a écrit des poèmes, plusieurs traités grammaticaux, des commentaires sur Priscien, des sermons, des lettres, un comput [3]On appelle comput l’ensemble des calculs visant à l’établissement de la date des fêtes mobiles, aussi bien que le calendrier qui en résulte., des commentaires bibliques, un traité sur l’éducation des clercs et, surtout, une encyclopédie inspirée des Étymologies d’Isidore de Séville (De universo ou De natura rerum) qui sera considérée comme un classique jusqu’au XIIIe siècle [4]Rédigé entre 842 et 847, le De universo ou De natura rerum est une formidable bibliothèque du savoir à l’usage des prédicateurs qui disposent ainsi d’une sorte de dictionnaire biblique du monde. Son modèle d’organisation du savoir, calqué sur la hiérarchie du monde créé, et son interprétation de la Bible lui confèrent une influence capitale sur la … Poursuivre. Tous ses ouvrages témoignent de l’immense effort de rassemblement et de transmission des savoirs du monde carolingien. » [5]Marie-Pierre Laffitte, Charlotte Denoël, Marianne Besseyre et Jean-Pierre Caillet, « Les principaux acteurs de la Renaissance carolingienne », Trésors carolingiens, BNF, 2007, mise en ligne : https://essentiels.bnf.fr/fr/focus/967cffde-db11-4932-9ee7-9f88d381a576-principaux-acteurs-la-renaissance-carolingienne.
Notes
| 1↑ | Ecolâtre : ecclésiastique qui dirigeait l’école attachée à la cathédrale, et qui plus tard fut chargé d’exercer une surveillance sur les maîtres d’école du diocèse. La fonction était d’importance et nombreux furent les écolâtres qui devinrent écrivains de renom, théologiens, ou évêques, sinon papes, à l’instar de Sylvestre II. |
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| 2↑ | L’ensemble de cette œuvre contribua non seulement à l’enrichissement de la culture cléricale et à la transmission du savoir hérité de l’Antiquité relayé, avant lui, par Isidore de Séville, mais aussi au développement de la langue et de la littérature allemandes : pour ces raisons, Raban Maur fut surnommé de la sorte au début du XIXe siècle. |
| 3↑ | On appelle comput l’ensemble des calculs visant à l’établissement de la date des fêtes mobiles, aussi bien que le calendrier qui en résulte. |
| 4↑ | Rédigé entre 842 et 847, le De universo ou De natura rerum est une formidable bibliothèque du savoir à l’usage des prédicateurs qui disposent ainsi d’une sorte de dictionnaire biblique du monde. Son modèle d’organisation du savoir, calqué sur la hiérarchie du monde créé, et son interprétation de la Bible lui confèrent une influence capitale sur la pensée chrétienne médiévale. Bien au-delà du monde carolingien, cette œuvre prescrit une « nouvelle règle de vie » fondée sur l’étude et l’intelligence des Écritures. |
| 5↑ | Marie-Pierre Laffitte, Charlotte Denoël, Marianne Besseyre et Jean-Pierre Caillet, « Les principaux acteurs de la Renaissance carolingienne », Trésors carolingiens, BNF, 2007, mise en ligne : https://essentiels.bnf.fr/fr/focus/967cffde-db11-4932-9ee7-9f88d381a576-principaux-acteurs-la-renaissance-carolingienne. |
