Charles II d’Anjou

Charles II d’Anjou, dit le Boiteux (…, 1254 – Naples, 1309) : fils de Charles Ier d’Anjou [1]Charles I est lui-même frère du roi de France Louis IX, et premier roi de Sicile puis de Naples. et de Béatrice de Provence [2]Béatrice de Provence (…, v. 1229 – Nocera, 1267) : dernière fille du comte de Provence Raimond Berenger IV (…, v. 1198 – Aix-en-Provence, 1245) et de Béatrice de Savoie (…, 1198 – Château du Menuet [Les Echelles], entre 1265 et 1267., il épouse Marie de Hongrie (…, 1257 – …, 1323), héritière de ce trône, en 1270 ; roi de Naples de 1285 jusqu’à sa mort en 1309 [3]En plus d’être souverain du royaume de Naples, Charles II fut prince de Salerne à partir de 1266, puis comte d’Anjou et du Maine, comte de Provence et de Forcalquier, prince de Tarente, roi d’Albanie et roi titulaire de Jérusalem..

Fait prisonnier par les Aragonais lors de la guerre des Vêpres [4]Les « Vêpres siciliennes » sont un soulèvement et une révolte populaires survenus en Sicile contre la domination féodale de Charles d’Anjou. Parti de Palerme et Corleone, le 30 ou 31 mars 1282, le massacre des Français qui administraient l’île s’étendît à toute l’île, qui se libéra de la tutelle angevine en reconnaissant le roi Pierre III … Poursuivre (1284), il fut libéré à la suite du traité de Campofranco (1288), alors qu’il était désormais roi de droit après la mort de son père (1285). La lutte pour reconquérir la Sicile se poursuivit jusqu’en 1302 sans succès, tandis qu’après la mort du souverain Ladislas IV, il imposa comme roi de Hongrie son fils Charles Martel, qui mourut cependant avant lui (1295). [5]C’est le décès de Charles Martel, son ainé, qui fit de Louis d’Anjou l’héritier du trône de Naples. De 1302 jusqu’à sa mort, il participa à la vie politique des municipalités italiennes, ayant son fils Roberto, futur roi de Naples, comme vicaire.

Dante formule à son propos un avis très sévère, comme il le fait en général de tous les Angevins à l’exception de Charles Martel, qui est son ami : dans le Purgatoire [6]« Anche al nasuto vanno mie parole / non men ch’a l’altro, Pier, che con lui canta, / onde Puglia e Proenza già si dole. / Tant’ è del seme suo minor la pianta, / quanto, più che Beatrice e Margherita, / Costanza di marito ancor si vanta. / Vedete il re de la semplice vita / seder là solo, Arrigo d’Inghilterra: / questi ha ne’ rami suoi migliore uscita. / Quel … Poursuivre, il le cite indirectement comme héritier de Charles Ier et le définit comme inférieur à son père à point tel que les domaines dont il a hérité, la Provence et le royaume de Naples, pleurent ce dernier. Au XX, 79-81, Hugues Capet se moque de lui pour la défaite navale subie par les Aragonais en 1284, à la suite de laquelle il fut fait prisonnier, puis l’accuse d’avoir vendu sa fille Béatrice à Azzo VIII d’Este en échange d’argent, come fanno i corsar de l’altre schiave [7]« L’altro, che già uscì preso di nave,
veggio vender sua figlia e patteggiarne
come fanno i corsar de l’altre schiave.
 » (« […] l’autre qui sortit prisonnier de son navire, je le vois vendre et marchander sa fille comme les corsaires font des autres esclaves. » Dante ALIGHIERI, Purgatoire, XX, 79-81.
. Plus tard, dans le Paradis [8]Dante ALIGHIERI, Paradis, VI, 106-108., Justinien avertit le souverain de Naples (esto Carlo Novello) de ne pas tenter de renverser l’aigle impériale en devenant le porte-drapeau du guelfisme en Italie ; tandis qu’en XIX, 127-129, l’aigle, passant en revue les mauvaises actions des princes chrétiens, déclare que dans le jugement divin, on verra al Ciotto di Ierusalemme / segnata con un i la sua bontate, / quando ‘l contrario segnerà un emme [9]« […] se verront du Boiteux de Jérusalem / marqué d’un I sa bonté, quand l’opposé sera marqué d’un M. » Dante ALIGHIERI, Paradis, XIX, 127-129., vers sarcastiques dans lesquels Charles II est définitivement affublé du surnom péjoratif de Ciotto (Zoppo [« Boiteux »] : allusion à son défaut physique) et on dit que ses bonnes actions seront marquées d’un « I » (un), c’est-à-dire qu’elles seront très peu nombreuses, tandis que les méchants avec un « M » (mille), c’est-à-dire qu’ils seront, au contraire, très nombreux. L’ironie réside également dans le fait que Charles II était roi de Jérusalem, même si le titre n’était qu’honorifique et que les lettres « I » et « M » étaient les lettres initiales et finales de Jérusalem (Ierusalem).

Notes

Notes
1 Charles I est lui-même frère du roi de France Louis IX, et premier roi de Sicile puis de Naples.
2 Béatrice de Provence (…, v. 1229 – Nocera, 1267) : dernière fille du comte de Provence Raimond Berenger IV (…, v. 1198 – Aix-en-Provence, 1245) et de Béatrice de Savoie (…, 1198 – Château du Menuet [Les Echelles], entre 1265 et 1267.
3 En plus d’être souverain du royaume de Naples, Charles II fut prince de Salerne à partir de 1266, puis comte d’Anjou et du Maine, comte de Provence et de Forcalquier, prince de Tarente, roi d’Albanie et roi titulaire de Jérusalem.
4 Les « Vêpres siciliennes » sont un soulèvement et une révolte populaires survenus en Sicile contre la domination féodale de Charles d’Anjou. Parti de Palerme et Corleone, le 30 ou 31 mars 1282, le massacre des Français qui administraient l’île s’étendît à toute l’île, qui se libéra de la tutelle angevine en reconnaissant le roi Pierre III d’Aragon roi de Sicile. L’événement est donc à la fois un moment clef de l’histoire nationale sicilienne et un tournant géopolitique.
5 C’est le décès de Charles Martel, son ainé, qui fit de Louis d’Anjou l’héritier du trône de Naples.
6 « Anche al nasuto vanno mie parole / non men ch’a l’altro, Pier, che con lui canta, / onde Puglia e Proenza già si dole. / Tant’ è del seme suo minor la pianta, / quanto, più che Beatrice e Margherita, / Costanza di marito ancor si vanta. / Vedete il re de la semplice vita / seder là solo, Arrigo d’Inghilterra: / questi ha ne’ rami suoi migliore uscita. / Quel che più basso tra costor s’atterra, / guardando in suso, è Guiglielmo marchese, / per cui e Alessandria e la sua guerra / fa pianger Monferrato e Canavese. » (« Mes paroles vont aussi aussi au nez fort / non moins qu’à l’autre, Pierre, qui chante avec lui, / déjà la Pouille et la Provence s’en plaignent. / La plante est aussi inférieure à sa semence, / que le mari de Béatrice et Marguerite  / le sont à celui dont se vante Constance. / Voyez le roi de la vie simple / assis là seul, Henri d’Angleterre : / celui-ci a parmi ses descendants meilleure issue. / Celui qui est assis à terre plus bas que les autres,  / regardant le ciel, est le marquis Guillaume, / pour qui Alexandrie et sa guerre / font pleurer Montferrat et Canavese. ») Dante ALGHIERI, Purgatoire, VII, 124-129.
7 « L’altro, che già uscì preso di nave,
veggio vender sua figlia e patteggiarne
come fanno i corsar de l’altre schiave.
 » (« […] l’autre qui sortit prisonnier de son navire, je le vois vendre et marchander sa fille comme les corsaires font des autres esclaves. » Dante ALIGHIERI, Purgatoire, XX, 79-81.
8 Dante ALIGHIERI, Paradis, VI, 106-108.
9 « […] se verront du Boiteux de Jérusalem / marqué d’un I sa bonté, quand l’opposé sera marqué d’un M. » Dante ALIGHIERI, Paradis, XIX, 127-129.

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