Louis d’Anjou, du nom de la dynastie dont il est issu, connu sous le nom de Louis de Toulouse, dont il fut évêque (Brignoles [1]La plupart des sources confirme que Louis de Toulouse naquit en 1274 à Brignoles, ville de l’actuelle Provence., 1274 – Brignoles, 1297) : fils de Charles II, comte de Provence et roi de Naples [2]Charles II d’Anjou est lui-même fils de Charles I d’Anjou, frère du roi de France Louis IX., et de Marie de Hongrie, petit-neveu de Louis IX (saint Louis), roi de France.
Lors d’un conflit pour la domination de la Sicile, il est retenu en otage [3]Louis est emprisonné en Catalogne à partir de l’âge de quatorze ans. Il est libéré à vingt-et-un ans le 31 octobre 1295, après la rencontre de Figuières entre le roi Jacques II d’Aragon (*) et Charles II d’Anjou. (*) Jacques II d’Aragon dit « le Juste » (Valence, 1267 – Barcelone, 1327) : roi de Sicile, puis roi … Poursuivre « en compagnie de ses frères Robert et Raymond Bérenger, à la place de son père fait prisonnier en 1284 par la flotte d’Alphonse III d’Aragon [4]À la suite du traité d’Oloron (1287), Charles II, son père, emprisonné par les Aragonais depuis la défaite napolitaine du 5 juin 1284, est libéré en 1288, à la condition que trois de ses fils, Louis, Robert et Raymond Bérenger, soient livrés en otage au roi d’Aragon, en compagnie de soixante seigneurs provençaux et vingt notables marseillais. au large de Naples ». [5]André VAUCHEZ, « Ludovico d’Angiò, santo », Dizionario biographico degli italiani (vol. 66). Rome, Istituto della Enciclopedia Italiana, 2006. La mort prématurée de Charles Martel, son frère aîné, fait de lui l’héritier du royaume de Naples ; cependant, il renonce à la couronne en faveur de son frère Robert, et est ordonné prêtre le 19 mai 1296. À la suite d’une négociation entre Charles II et le pape Boniface VIII qui semble avoir été difficile, il est nommé évêque de Toulouse, charge qu’il accepte [6]En acceptant cette charge, Louis d’Anjou devient Louis de Toulouse. à condition de pouvoir endosser l’habit franciscain, ce qu’il fait en secret le 24 décembre 1296 dans l’église du couvent de Santa Maria in Aracoeli, à Rome, avant d’être consacré évêque par le pontife. Le 5 février 1297 à lieu la cérémonie publique, malgré l’avis de Charles II, son père, et au grand désappointement de ce dernier. [7]Voir : Ambrogio Lorenzetti, Professione pubblica di Ludovico di Tolosa. Sienne, Église de San Francesco.
Les conditions de sa détention, qui a duré de septembre 1288 à octobre 1295, auront été particulièrement dures et lui valent probablement de contracter la tuberculose à Brignoles, en Provence, alors qu’il se rend à Rome pour assister à la canonisation de saint Louis, roi de France, son grand-oncle. Il y meurt à l’âge de 23 ans, des suites de cette maladie. Lors du procès de canonisation qui fut instruit quelques années plus tard, il semble qu’il y ait eu « une notable différence de ton entre les écrits venus des milieux spirituels proprement dits et les propos et actes de Louis d’Anjou tels que nous les rapportent les diverses dépositions […]. Aucune polémique chez Louis d’Anjou, une grande humilité et des gestes concrets de pauvreté. Mystique, Louis d’Anjou semble se préoccuper de sa propre édification dans la prière et l’humilité. Ses propos sur la charge épiscopale peu avant sa mort sont fort clairs. Rien ne permet de croire qu’il ait nourri des pensées sur la situation de l’Eglise, la conjoncture politique ou tout autre problème général. En dehors de l’épiscopat et de la pauvreté qui sont pour lui des problèmes personnels, à vrai dire troublants, il semble, dès sa prise d’habit chez les franciscains, opter pour l’humilité, la vie concrète et pauvre des franciscains au détriment de la réflexion. La sainteté le garde dans ses aspects concrets des spéculations aventurées. » [8]Paul JACQUES, « Saint-Louis d’Anjou, Franciscain et évêque de Toulouse (1274-1297), dans Les évêques, les clercs et le roi (Cahiers de Fanjeaux, 7), Toulouse, Éditions Privat, 1972, pp. 59-90.
Iconographie
Saint Louis de Toulouse est toujours représenté sous les traits d’un tout jeune homme
- portant
- la mitre, la crosse et la chape épiscopale
- la bure franciscaine, serrée à la taille par une cordelière, visible sous sa chape fleurdelisée (aux armes de France) [9]A sa nomination à l’évêché de Toulouse, Louis a obtenu du Pape l’autorisation de conserver le port de la bure franciscaine sous son habit d’évêque. ; les peintres ont souvent « pris soin de faire passer le capuchon de bure par-dessus la chape magnifique, pour signifier qu’en saint Louis, l’évêque était subordonné au moine » [10]Émile BERTAUX, « Les saints Louis dans l’art italien », Revue des Deux Mondes, 4e période, tome 158 (1900), pp. 616-644..
- tenant le livre rouge des Évangiles, symbole de la doctrine
- la couronne royale à laquelle il a renoncé est posée à ses pieds [11]Le décès de son frère ainé Charles Martel fit de Louis d’Anjou l’héritier de la couronne de Naples. Celui-ci, préférant assumer sa vocation religieuse, se désista au profit de son frère Robert., ce qui n’empêche pas Simone Martini de placer deux anges tenant une couronne au-dessus de sa tête dans le grand retable [12]Simone Martini, San Ludovico di Tolosa che incorona Roberto d’Angiò. Naples, Museo e Real Bosco di Capodimonte. du Museo e Real Bosco di Capodimonte (Naples).
Scènes de la vie du saint :
- A la suite de son vœu d’entrer chez les Frères mineurs, effectué lors de sa captivité [13]A la suite du traité d’Oloron signé après des Vêpres siciliennes (révolte populaire des siciliens contre la domination du roi français Charles d’Anjou, survenue à Palerme et Corleone, le mardi de Pâques 31 mars 1282, Louis et deux de ses frères, Robert et Raymond Bérenger, sont livrés en otage au roi d’Aragon. Il est … Poursuivre, il refuse l’évêché de Lyon que lui propose le pape Célestin V.
- Il quitte le monastère d’Ara Cœli, à Rome.
- Au nom de la sainte obéissance, il accepte la mitre épiscopale que le pape Boniface VIII lui propose une seconde fois. Il est officiellement intronisé évêque de Toulouse.
- Parvenu à Toulouse, il sert les pauvres et les malades.
- Ses funérailles.
Épisodes posthumes.
- Il ramène à la vie un enfant tombé d’un balcon.
- A Marseille, un jeune homme tire une flèche sur son frère et le tue. Il est arrêté et décapité. Alors que les corps des deux frères sont exposés dans l’église de Saint-Louis, leur mère invoque le saint. Celui-ci apparaît : les deux corps sont ramenés à la vie sans qu’aucune trace de leurs blessures ne demeurent visibles.
Notes
| 1↑ | La plupart des sources confirme que Louis de Toulouse naquit en 1274 à Brignoles, ville de l’actuelle Provence. |
|---|---|
| 2↑ | Charles II d’Anjou est lui-même fils de Charles I d’Anjou, frère du roi de France Louis IX. |
| 3↑ | Louis est emprisonné en Catalogne à partir de l’âge de quatorze ans. Il est libéré à vingt-et-un ans le 31 octobre 1295, après la rencontre de Figuières entre le roi Jacques II d’Aragon (*) et Charles II d’Anjou.
(*) Jacques II d’Aragon dit « le Juste » (Valence, 1267 – Barcelone, 1327) : roi de Sicile, puis roi d’Aragon. |
| 4↑ | À la suite du traité d’Oloron (1287), Charles II, son père, emprisonné par les Aragonais depuis la défaite napolitaine du 5 juin 1284, est libéré en 1288, à la condition que trois de ses fils, Louis, Robert et Raymond Bérenger, soient livrés en otage au roi d’Aragon, en compagnie de soixante seigneurs provençaux et vingt notables marseillais. |
| 5↑ | André VAUCHEZ, « Ludovico d’Angiò, santo », Dizionario biographico degli italiani (vol. 66). Rome, Istituto della Enciclopedia Italiana, 2006. |
| 6↑ | En acceptant cette charge, Louis d’Anjou devient Louis de Toulouse. |
| 7↑ | Voir : Ambrogio Lorenzetti, Professione pubblica di Ludovico di Tolosa. Sienne, Église de San Francesco. |
| 8↑ | Paul JACQUES, « Saint-Louis d’Anjou, Franciscain et évêque de Toulouse (1274-1297), dans Les évêques, les clercs et le roi (Cahiers de Fanjeaux, 7), Toulouse, Éditions Privat, 1972, pp. 59-90. |
| 9↑ | A sa nomination à l’évêché de Toulouse, Louis a obtenu du Pape l’autorisation de conserver le port de la bure franciscaine sous son habit d’évêque. |
| 10↑ | Émile BERTAUX, « Les saints Louis dans l’art italien », Revue des Deux Mondes, 4e période, tome 158 (1900), pp. 616-644. |
| 11↑ | Le décès de son frère ainé Charles Martel fit de Louis d’Anjou l’héritier de la couronne de Naples. Celui-ci, préférant assumer sa vocation religieuse, se désista au profit de son frère Robert. |
| 12↑ | Simone Martini, San Ludovico di Tolosa che incorona Roberto d’Angiò. Naples, Museo e Real Bosco di Capodimonte. |
| 13↑ | A la suite du traité d’Oloron signé après des Vêpres siciliennes (révolte populaire des siciliens contre la domination du roi français Charles d’Anjou, survenue à Palerme et Corleone, le mardi de Pâques 31 mars 1282, Louis et deux de ses frères, Robert et Raymond Bérenger, sont livrés en otage au roi d’Aragon. Il est retenu prisonnier en Catalogne pendant sept ans (de l’âge de quatorze à vingt-et-un ans). |

