Lippo Memmi, « Die Himmelfahrt Mariae »

Lippo Memmi (Sienne, 1291 – 1356)

Die Himmelfahrt Mariae (Assomption de la Vierge), v. 1340.

Tempéra et or sur panneau, 72,5 x 32,5 cm.

Provenance ?

Munich, Bayerische Staatsgemäldesammlungen, Alte Pinakothek.

Cette précieuse Assomption de la Vierge est parmi les premières à reprendre les caractéristiques d’un chef-d’œuvre aujourd’hui disparu mais dont l’apparence nous est connue à travers plusieurs œuvres « copiées » sur son modèle : l’Assomption conçue par Simone Martini à l’Antiporto di Camollia (Sienne). « Même s’il n’est pas identifiable à la source figurative primaire, le panneau munichois de Memmi, dans un idéal radical de l’iconographie siennoise de ‘l’Assomption de Marie’, constitue en tout cas la première filiation qui nous soit parvenue de l’archétype martinien : une sorte de miniaturisation, une traduction fidèle à plus petite échelle, de ce grandiose « projet » de fresque, réalisé vers 1333 et achevé seulement plus tard, probablement grâce à l’intervention de Bartolomeo Bulgarini. Avant de poursuivre, il convient de souligner que ce ne sont pas seulement les multiples reprises de cette fresque qui nous donnent la mesure de sa fortune et de son importance ; un autre témoignage exceptionnel nous vient en effet d’un témoin exceptionnel : Saint Bernardin, qui avait une dévotion particulière pour cette vénérable image. Il suffit de rappeler, outre un épisode « juvénile » de l’hagiographie de l’Albizzeschi (qui, selon les sources, allait souvent prier près de l’Antiporto, en présence de l’Assomption de Martini, la description que le frère fit de cette peinture dans l’un de ses sermons prononcés sur la Piazza del Campo en 1427 : « Tout le monde se tient autour d’elle [la Vierge de l’Assomption] en se réjouissant, en chantant, en dansant, en tournant autour d’elle, comme vous le voyez là-haut à la Porta a Camollia ». Il n’est pas inutile de noter désormais que l’élément mis en évidence avec le plus d’insistance dans l’« ekphrasis »superficielle, mais très prégnante, de Bernardino est précisément l’élément le plus novateur de la fresque perdue, à savoir la corolle d’anges musiciens qui devaient entourer la figure de la Vierge ; une invention qui, évidemment, ne manque pas dans ce qui précède. » [1]Raffaele MARRONE, « “Circulata melodia”: il Paradiso dantesco e l’iconografa dell’‘Assunzione della Vergine’ a Siena », dans Prospettiva, 178 (2020), p. 22.

Notes

Notes
1 Raffaele MARRONE, « “Circulata melodia”: il Paradiso dantesco e l’iconografa dell’‘Assunzione della Vergine’ a Siena », dans Prospettiva, 178 (2020), p. 22.

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