
Taddeo di Bartolo (Sienne, documenté v. 1362. – 1422)
San Ludovico di Tolosa (Saint Louis de Toulouse), v. 1408.
Tempéra et or sur panneau, 62 x 32 cm (à la base) ; 62 x 26,5 cm (dans la partie supérieure).
Provenance : église de San Francesco, Sienne (?).
Sienne, Museo Diocesano di Arte Sacra.
Louis de Toulouse, fils du roi de Naples Charles II, apparaît, selon l’iconographie habituelle, vêtu de l’habit franciscain qu’il endossa à la suite d’un vœu prononcé lors de sa captivité espagnole, et qu’il ne renonça pas à porter sous sa chape brodée de lys d’or [1]Ces lys font allusion au royaume de France alors gouverné par la maison d’Anjou à laquelle appartenait le saint, petit neveu de Louis IX, autre saint fameux issu de la maison royale de France. après son accession au trône épiscopal.

La figure du saint constituait vraisemblablement le volet latéral d’un polyptyque. Cette figure reprend un dessin analogue à celui utilisé pour le même personnage dans le polyptyque de Pérouse (1403) qui, comme ce dernier, devait représenter le saint en pied ; le support, rogné sur chacun de ses côtés après sa probable détérioration partielle par le feu [2]Le sort de la chapelle et de son éventuel retable après l’incendie qui frappa l’église de San Francesco en 1655 n’est pas connu. Cependant, l’état compromis et la mutilation de la partie inférieure du panneau semblent compatibles avec des dégâts causés par le feu., lui laissait à l’origine « davantage d’espace de respiration » [3]Gail E. SOLBERG (dir.), Taddeo di Bartolo (cat. d’exp., Perugia, Galleria Nazionale dell’Umbria, 7 mars – 7 juin 2020). Cinisello Balsamo (Milan), Silvana Editoriale, 2020, p. 192..

Bien que visiblement jumeau de celui de Pérouse, le saint Ludovic conservé Sienne présente, outre quelques variantes mineures dans le traitement des détails, une différence importante : si, dans les deux cas, les manteaux comportent des motifs de grands lys traités a sgraffito (« par sgraffite »), leur dessin, à Sienne, suit les plis du tissu dont il traduit, par ce biais, les reliefs et les creux, tandis que cette recherche de traduction du volume est absente à Pérouse. La sensation plus affirmée de l’espace qui résulte de ce traitement est encore affirmée par le livre tenu en équilibre dans la paume de la main, elle-même vue en raccourci.
La beauté et la qualité de l’exécution indique que le panneau est issu d’un retable important, de provenance sans doute franciscaine, comme l’induit fortement la présence de Louis de Toulouse.
Notes
| 1↑ | Ces lys font allusion au royaume de France alors gouverné par la maison d’Anjou à laquelle appartenait le saint, petit neveu de Louis IX, autre saint fameux issu de la maison royale de France. |
|---|---|
| 2↑ | Le sort de la chapelle et de son éventuel retable après l’incendie qui frappa l’église de San Francesco en 1655 n’est pas connu. Cependant, l’état compromis et la mutilation de la partie inférieure du panneau semblent compatibles avec des dégâts causés par le feu. |
| 3↑ | Gail E. SOLBERG (dir.), Taddeo di Bartolo (cat. d’exp., Perugia, Galleria Nazionale dell’Umbria, 7 mars – 7 juin 2020). Cinisello Balsamo (Milan), Silvana Editoriale, 2020, p. 192. |

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