Duccio di Buoninsegna, « Madonna Ruccellai »

Duccio di Buoninsegna (Sienne, v. 1255-1260 – v. 1318-1319)

Madonna in trono col Bambino fra angeli ou ‘Maestà di Santa Maria Novella’ ou Madonna dei Laudesi ou Madonna Ruccellai, v. 1285.

Tempéra et or sur panneau, 450 x 290 cm.

Provenance : Basilique de Santa Maria Novella, Florence.

Florence, Gallerie degli Uffizi (dépôt de l’église de Santa Maria Novella).

Commandée en 1285 par la Compagnia dei Laudesi [1]La Compagnie des Chantres, fondée vers 1244-1245, réunissait des laïcs attirés par une forme de piété et de pratique dévotionnelle qui leur permettait une participation plus directe à la liturgie. Ses membres se réunissait dans l’église de Santa Maria Novella, à Florence, pour y chanter les laudes – dont la Compagnie tire son nom – en l’honneur de la Vierge. pour l’église Santa Maria Novella de Florence [2]Le contrat « ad pingendum de pulcerima pictura quandam tabulam magnam » est signé le 15 avril 1285, entre les deux recteurs de la Basilique (Lapo di Ugolino et Guido di Spigliato) et les deux ouvriers (Corso di Bonagiunta et le peintre Dino di Benivieni, frère du plus connu Lippo) de la Società della Beata Vergine, la Compagnia dei Laudesi (Compagnie des Chantres) qui aurait été … Poursuivre, l’œuvre se trouvait à l’origine dans la Chapelle Bardi. Les fresques du Trecento encore visibles dans cette chapelle (fig. 1) furent probablement peintes par Duccio lui-même, et permettent d’imaginer la splendeur inouïe de l’assemblage de l’œuvre avec l’écrin architectural destiné à la contenir [3]« Une œuvre d’art est d’autant mieux comprise et appréciée qu’il est possible de la réintégrer, au moins mentalement, dans son contexte originel de perception, ce qui pose de nombreux problèmes à Santa Maria Novella. En revanche, la compréhension de cette jonction peut se refléter plus généralement dans l’interprétation des événements architecturaux, … Poursuivre à l’époque de son installation ; en 1591 elle a été déplacée dans la chapelle voisine dite Rucellai [4]Rucellai : nom de l’une des anciennes familles patriciennes de Florence. C’est Giovanni di Paolo Rucellai qui, en 1458, fit élever la partie supérieure de la façade de la basilique de Santa Maria Novella, conçue par Leon Battista Alberti, mariant harmonieusement les éléments gothiques préexistants avec une ornementation nouvelle, faisant de l’édifice l’une des … Poursuivre dont elle a pris le nom. Demeurée à cet emplacement jusqu’en 1937, l’œuvre fut alors exposée dans la première grande exposition consacrée à Giotto [5]Mostra giottesca (avril-septembre 1937), Florence, Palazzo degli Uffizi. à qui elle était alors attribuée, à l’occasion du sixième centenaire de la mort du peintre. La Maestà est en dépôt depuis 1948 au musée des Offices.

1.
Relevé de reconstruction des fresques de Duccio di Buoninsegna et montage de la « Maestà » (v. 1285) sur le mur du fond de la chapelle de San Gregorio (Federica Corsini [6]Voir : Andrea DE MARCHI, « Duccio e Giotto, un abbrivo sconvolgente per la decorazione del tempio domenicano ancora in fieri », op. cit., p. 136.).
2.
Vue historique (avant 1937) de la chapelle Rucellai avec la « Maestà » de Duccio di Buoninsegna, [7]Ibid., p. 126..

Suivant un parcours que dictent les plis du manteau bleu de la Vierge, la bordure dorée du vêtement dessine un mouvement à la fois sinueux et accidenté, particulièrement complexe et recherché, qui donne à l’image de la Vierge une délicate élégance.

Cimabue, Maestà. Paris, musée du Louvre.

Notes

Notes
1 La Compagnie des Chantres, fondée vers 1244-1245, réunissait des laïcs attirés par une forme de piété et de pratique dévotionnelle qui leur permettait une participation plus directe à la liturgie. Ses membres se réunissait dans l’église de Santa Maria Novella, à Florence, pour y chanter les laudes – dont la Compagnie tire son nom – en l’honneur de la Vierge.
2 Le contrat « ad pingendum de pulcerima pictura quandam tabulam magnam » est signé le 15 avril 1285, entre les deux recteurs de la Basilique (Lapo di Ugolino et Guido di Spigliato) et les deux ouvriers (Corso di Bonagiunta et le peintre Dino di Benivieni, frère du plus connu Lippo) de la Società della Beata Vergine, la Compagnia dei Laudesi (Compagnie des Chantres) qui aurait été fondée par saint Pierre martyr lorsqu’il prêchait à Florence en 1244-1245, et Duccio di Buoninsegna, qui devait avoir une trentaine d’années à l’époque, car il est déjà documenté comme maître indépendant dans son pays natal en 1278 ? Il s’agit de loin du plus ancien contrat encore existant pour la peinture d’un panneau monumental, c’est-à-dire en principe un retable, même si la fonction précise de cette célèbre Vierge en majesté n’est pas certain.
3 « Une œuvre d’art est d’autant mieux comprise et appréciée qu’il est possible de la réintégrer, au moins mentalement, dans son contexte originel de perception, ce qui pose de nombreux problèmes à Santa Maria Novella. En revanche, la compréhension de cette jonction peut se refléter plus généralement dans l’interprétation des événements architecturaux, sur lesquels pèsent encore de nombreuses incertitudes, sur les temps et les modes. » Andrea DE MARCHI, « Duccio e Giotto, un abbrivo sconvolgente per la decorazione del tempio domenicano ancora in fieri », dans Andrea DE MARCHI (dir), Santa Maria Novella. La basilica e il convento. 1. Dalla fondazione al tardogotico, Florence, Mandragore, 2015.
4 Rucellai : nom de l’une des anciennes familles patriciennes de Florence. C’est Giovanni di Paolo Rucellai qui, en 1458, fit élever la partie supérieure de la façade de la basilique de Santa Maria Novella, conçue par Leon Battista Alberti, mariant harmonieusement les éléments gothiques préexistants avec une ornementation nouvelle, faisant de l’édifice l’une des premières façades de style Renaissance.
5 Mostra giottesca (avril-septembre 1937), Florence, Palazzo degli Uffizi.
6 Voir : Andrea DE MARCHI, « Duccio e Giotto, un abbrivo sconvolgente per la decorazione del tempio domenicano ancora in fieri », op. cit., p. 136.
7 Ibid., p. 126.

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