Cimabue, « Crocifisso »

Cenni di Pepo, dit Cimabue (Florence, v. 1240 – Pise, v. 1302)

Crocifisso (Crucifix), 1272-1288.

Tempéra et or sur panneau, 448 x 390 cm.

Inscriptions :

  • (dans le titulus) : « HIC EST IESUS / NAZARENUS / REX IUDEORUM »

Provenance : In situ.

Florence, église de Santa Croce.

L’imposant Crucifix peint par Cimabue est l’une des œuvres les plus symboliques du drame de l’inondation de Florence. Ce jour-là. le 4 novembre 1966, la malchance a voulu que, peu de temps avant la catastrophe, l’immense Crucifix ait été transporté dans le musée de Santa Croce. C’est là qu’il fut recouvert par les eaux boueuses de l’Arno lorsque celles-ci sortirent du lit du fleuve et inondèrent le centre historique de Florence, détruisant ou endommageant gravement des milliers d’œuvres inestimables. Le souvenir de la catastrophe est inextricablement lié aux images de l’œuvre immergée dans l’eau, couverte de boue, puis emportée avec des moyens de fortune jusqu’à la Limonaia de Boboli, spécialement préparée pour accueillir dans un premier temps les peintures sur panneaux inondées. La croix a ensuite fait l’objet d’une longue et innovante restauration dans les laboratoires de l’Opificio delle Pietre Dure, dans la Fortezza da Basso. Après une série d’expositions en Europe et en Amérique, elle a finalement été transférée à l’intérieur du musée. Malheureusement, la perte de soixante pour cent de la surface picturale ne permet plus d’apprécier sa très haute qualité technique, mais n’a pas affecté sa puissance expressive. Pour la protéger d’éventuels nouveaux risques d’inondation en 2013, elle est dorénavant accrochée en hauteur dans la sacristie de l’église de Santa Croce.

Le panneau a probablement été créé pour la « seconde Santa Croce » [1]L’église primitive a été remplacée par une deuxième église construite entre 1252 et 1267 mais, comme la précédente, elle s’est rapidement révélée elle aussi trop petite pour contenir la congrégation franciscaine en pleine expansion (*). C’est pourquoi un complexe beaucoup plus grand a finalement été conçu. La première pierre de l’église actuelle a été posée … Poursuivre, dont la construction a commencé vers le milieu du XIIIe siècle, mais a été réutilisé dans l’église actuelle, construite à partir de 1294-1295. Le Crucifix était très probablement placé face aux fidèles, sur la cloison du jubé qui les séparait des frères franciscains, mais au fil des siècles, il a changé de lieu, comme en témoignent les sources. En 1900, il fut transféré au musée créé cette année-là dans le réfectoire du couvent attenant à l’église.

Le Christ est représenté selon l’iconographie d’origine byzantine du Christus patiens, c’est-à-dire mort, avec à ses côtés, dans les tabelloni, la Madone et saint Jean l’Évangéliste en deuil.

La couleur de la figure du Christ semble nouvelle par rapport à la peinture d’origine orientale, qui est la véritable couleur de la mort. Innovante également est la représentation du corps qui n’est plus rigide et sans le schéma abstrait de la tripartition du ventre, mais dont les formes sont modelées par un admirable clair-obscur. Les reflets du voile, transparents et très raffinés, révèlent les formes d’un homme véritable.

Notes

Notes
1 L’église primitive a été remplacée par une deuxième église construite entre 1252 et 1267 mais, comme la précédente, elle s’est rapidement révélée elle aussi trop petite pour contenir la congrégation franciscaine en pleine expansion (*). C’est pourquoi un complexe beaucoup plus grand a finalement été conçu. La première pierre de l’église actuelle a été posée le 3 mai 1294 (ou 1295, il y a une controverse sur l’année). Le projet a été dirigé par Arnolfo di Cambio, le principal architecte de Florence, et la zone du chœur était presque terminée à sa mort, entre 1302 et 1310.

(*) Les ordres mendiants s’installèrent à Florence au début du XIIIe siècle, les franciscains sur le site de la future basilique de Santa Croce et les dominicains sur celui de la basilique de Santa Maria Novella. 

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