L’iconographie de la Vierge à l’Enfant a connu un type particulier, celui du tableau-reliquaire de moyen format destiné à être placé sur l’autel. « […] l’occidentalisation d’un “concept byzantin” – défini par la conjonction des reliques et d’une peinture sur bois -, [dans un genre particulier] de reliquaire, connu sporadiquement dans le Latium dès la seconde moitié du XIIe siècle, se répand dans la Péninsule à partir de la troisième décennie du Trecento. C’est alors que se forme le modèle siennois de panneau peint, composé d’une large bordure parsemée de logettes à reliques, surmonté d’un fronton, flanqué parfois de pilastres et, dans certains cas, exposé sur une prédelle. Les plus anciens exemplaires conservés seraient successivement : un double tableau-reliquaire attribué à Pietro Lorenzetti, daté autour de 1330-1340 [1]Pietro Lorenzetti, Vierge à l’Enfant, double reliquaire 1330-1340. Settignano, Villa I Tatti, collection Berenson ; Pietro Lorenzetti, Christ en Majesté. New York, collection privée. et une certaine image mariale, dont on ne dispose aujourd’hui que de l’encadrement-reliquaire avec la date de 1347, déposé dans la collection du musée de Cleveland [2]D’après certaines hypothèses (GORDON, 1981) l’image sur verre églomisé, déposée à présent au Fitzwilliam Museum (inv. 28233) faisait autrefois partie dudit reliquaire.. Le même modèle apparaît également dans des créations de Naddo Ceccarelli et Francesco di Vannuccio [3]Naddo Ceccarelli, Reliquary Tabernacle with the Virgin and Child, Baltimore, The Walters Art Museum, inv. 37.1159 ; Francesco di Vannuccio, Madonna dell’umiltà, San Giovanni Battista, San Biagio, San Ludovico o San Sigismondo dans la collection du Museo Civico de Montepulciano et aux Cloisters, New York. Cités par BRANDI, 1931, p. 41-47 ; PRESING, 1995-1997, p. 23, fig. 14, cat. 17, 18., À partir des tableaux-reliquaires […], des correspondances formelles peuvent être établies avec d’autres œuvres afin d’élargir le corpus siennois. Ainsi, par exemple, un tableau (dont le lieu de conservation demeure inconnu) attribué dans le catalogue de la Fondazione Zeri à un artiste vénitien du XIVe siècles pourrait plutôt avoir été produit dans un atelier siennois [4]Atelier siennois (?), Tableau-reliquaire, XIVe siècle, lieu de conservation inconnu..
Une autre façon d’exposer des reliques a été, en revanche, proposée dans un triptyque exécuté par l’atelier de Lippo Vanni : des cavités-reliquaires sont placées dans le fronton et dans la base du tableau central avec la Vierge à l’Enfant trônant entre deux saints (Baltimore, The Walters Art Museum, inv. 37.750.) ». [5]Anna-Maria MIGDAL, « Imago Beatae Mariae. Sur l’origine toscane des images d’affection religieuse en Petite-Pologne au crépuscule du Moyen Âge », Studiolo : revue d’histoire de l’art de l’Académie de France à Rome, 9 (2012), p. 192.
Notes
| 1↑ | Pietro Lorenzetti, Vierge à l’Enfant, double reliquaire 1330-1340. Settignano, Villa I Tatti, collection Berenson ; Pietro Lorenzetti, Christ en Majesté. New York, collection privée. |
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| 2↑ | D’après certaines hypothèses (GORDON, 1981) l’image sur verre églomisé, déposée à présent au Fitzwilliam Museum (inv. 28233) faisait autrefois partie dudit reliquaire. |
| 3↑ | Naddo Ceccarelli, Reliquary Tabernacle with the Virgin and Child, Baltimore, The Walters Art Museum, inv. 37.1159 ; Francesco di Vannuccio, Madonna dell’umiltà, San Giovanni Battista, San Biagio, San Ludovico o San Sigismondo dans la collection du Museo Civico de Montepulciano et aux Cloisters, New York. Cités par BRANDI, 1931, p. 41-47 ; PRESING, 1995-1997, p. 23, fig. 14, cat. 17, 18. |
| 4↑ | Atelier siennois (?), Tableau-reliquaire, XIVe siècle, lieu de conservation inconnu. |
| 5↑ | Anna-Maria MIGDAL, « Imago Beatae Mariae. Sur l’origine toscane des images d’affection religieuse en Petite-Pologne au crépuscule du Moyen Âge », Studiolo : revue d’histoire de l’art de l’Académie de France à Rome, 9 (2012), p. 192. |
