‘Il Sodoma’, « The Abduction of Europa »

Antonio Bazzi dit ‘Il Sodoma’ (Vercelli, 1477 – Sienne, 1549)

The Abduction of Europa (L’enlèvement d’Europe), v. 1507.

Huile sur toile, 56,4 x 65,1 cm.

Provenance : Plafond d’une chambre du palais Chigi nel Casato, Sienne.

Collection privée [1]Vente Sotheby, 23 janvier 2023..

Cette toile [2]L’œuvre présentée ici est l’une des six toiles qui subsistent encore du groupe original. Outre la présente toile, on trouve trois toiles conservées au Worcester Art Museum : Apollon et Daphné, La Chute de Phaéton et Acis et Galatée. Une quatrième toile, aujourd’hui conservée dans une collection privée, représente Mars et Vénus pris au piège par Vulcain. La … Poursuivre redécouverte en 1994 est une œuvre de jeunesse de Giovanni Antonio Bazzi. Peinte entre 1505 et 1508, cette scène mythologique fait partie d’un ensemble de petites toiles commandées par Sigismondo Chigi (1479-1528), et destinées à former un ensemble décoratif pour l’un des plafonds de son palais, le Palazzo Chigi nel Casato, à Sienne. [3]Pour une brève explication sur la base de cette chronologie, voir Patrizia Zambrano, « A New Scene by Sodoma from the Ceiling of Palazzo Chigi at Casato di Sotto, Siena », Burlington Magazine, 136, no. 1098 (Septembre 1994), p. 611, JSTOR, http://www.jstor.org/stable/886163. Accessed 1 May 2025. Sur les thèmes Ovidiens du plafond, voir Roberto Bartalini, « Sodoma a Palazzo … Poursuivre

Dans ce tableau, Sodoma représente la scène mythologique dans laquelle Europe, fille du roi Agénor de Tyr, est enlevée par Jupiter déguisé en taureau, qui l’emporte vers la mer [4]« Après s’être ainsi vengé de la jalousie d’Aglauros, Mercure, porté sur ses ailes rapides, abandonne les campagnes que protège Pallas, et remonte au céleste séjour. Jupiter en secret l’appelle, et, sans lui faire connaître l’objet de son nouvel amour : « Mon fils, dit-il, fidèle messager de mes décrets, que rien ne t’arrête ! vole … Poursuivre. L’inclusion par Sodoma des figures féminines témoins de l’enlèvement sur le rivage, à gauche, est particulièrement remarquable. Selon Roberto Bartalini, leur présence suggère que la source littéraire de Sodoma n’a pas été pas le texte latin d’Ovide, mais plutôt l’Ovidio methamorphoseos vulgare [5]L’ouvrage est consultable sur le site Gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k71497z/f2.item#, écrit par Giovanni Buonsignori [6]Giovanni Buonsignori (Città di Castello, … – XIVe s.) : homme de lettres et homme politique de la fin du Moyen Âge. Il est surtout connu pour sa traduction en prose vernaculaire des Métamorphoses d’Ovide, la deuxième parue en italien après celle d’Arrigo Simintendi, mais la première à être publiée sous forme imprimée. La traduction a été réalisée entre … Poursuivre entre 1375 et 1377 et publié à Venise en 1497. [7]Le texte de Buonsignori était une vulgarisation basée sur la paraphrase explicative et les allégories écrites en 1322 et 1323 par Giovanni del Virgilio, correspondant de Dante et professeur au Studium de Bologne. Alors que la Métamorphose d’Ovide ne mentionne pas les compagnes d’Europe, la version de Giovanni Buonsignori fait référence aux servantes, qu’Europe appelle … Poursuivre

Notes

Notes
1 Vente Sotheby, 23 janvier 2023.
2 L’œuvre présentée ici est l’une des six toiles qui subsistent encore du groupe original. Outre la présente toile, on trouve trois toiles conservées au Worcester Art Museum : Apollon et Daphné, La Chute de Phaéton et Acis et Galatée. Une quatrième toile, aujourd’hui conservée dans une collection privée, représente Mars et Vénus pris au piège par Vulcain. La cinquième toile, Diane et Actéon, est également conservée en mains privées à Milan.
3 Pour une brève explication sur la base de cette chronologie, voir Patrizia Zambrano, « A New Scene by Sodoma from the Ceiling of Palazzo Chigi at Casato di Sotto, Siena », Burlington Magazine, 136, no. 1098 (Septembre 1994), p. 611, JSTOR, http://www.jstor.org/stable/886163. Accessed 1 May 2025. Sur les thèmes Ovidiens du plafond, voir Roberto Bartalini, « Sodoma a Palazzo Chigi », dans Scritti per l’Istituto Germanico di Storia dell’Arte di Firenze, Florence, 1997, pp. 233-238.
4 « Après s’être ainsi vengé de la jalousie d’Aglauros, Mercure, porté sur ses ailes rapides, abandonne les campagnes que protège Pallas, et remonte au céleste séjour. Jupiter en secret l’appelle, et, sans lui faire connaître l’objet de son nouvel amour : « Mon fils, dit-il, fidèle messager de mes décrets, que rien ne t’arrête ! vole avec ta vitesse ordinaire, et descends dans cette contrée de la terre qui voit, à sa gauche, les Pléiades et que les peuples qui l’habitent appellent Sidonie. Regarde les troupeaux du roi qui paissent l’herbe sur ces montagnes; hâte-toi de les conduire sur les bords de la mer. » Il dit : et déjà, chassés dans la plaine, ces troupeaux s’avançaient vers le rivage où la fille du puissant Agénor venait tous les jours, avec les vierges de Tyr, ses compagnes, se livrer à des jeux innocents. Amour et majesté vont difficilement ensemble. Le père et le souverain des dieux renonce à la gravité du sceptre; et celui dont un triple foudre arme la main, celui qui d’un mouvement de sa tête ébranle l’univers, prend la forme d’un taureau, se mêle aux troupeaux d’Agénor, et promène sur l’herbe fleurie l’orgueil de sa beauté. Sa blancheur égale celle de la neige que n’a point foulée le pied du voyageur, et que n’a point amollie l’humide et pluvieux Auster. Son col est droit et dégagé. Son fanon, à longs plis, pend avec grâce sur son sein. Ses cornes petites et polies imitent l’éclat des perles les plus pures; et l’on dirait qu’elles sont le riche ouvrage de l’art. Son front n’a rien de menaçant; ses yeux, rien de farouche; et son regard est doux et caressant. La fille d’Agénor l’admire. Il est si beau ! Il ne respire point les combats. Mais, malgré sa douceur, elle n’ose d’abord le toucher. Bientôt rassurée, elle s’approche et lui présente des fleurs. Le dieu jouit; il baise ses mains, et retient avec peine les transports dont il est enflammé. Tantôt il joue et bondit sur l’émail des prairies ; tantôt il se couche sur un sable doré, qui relève de son corps la blancheur éblouissante. Cependant Europe moins timide, porte sur sa poitrine une main douce et caressante. Elle pare ses cornes de guirlandes de fleurs. Ignorant que c’est un dieu, que c’est un amant qu’elle flatte, elle ose enfin se placer sur son dos. Alors le dieu s’éloignant doucement de la terre, et se rapprochant des bords de la mer, bat d’un pied lent et trompeur la première onde du rivage ; et bientôt, fendant les flots azurés, il emporte sa proie sur le vaste océan. Europe tremblante regarde le rivage qui fuit ; elle attache une main aux cornes du taureau ; elle appuie l’autre sur son dos ; et sa robe légère flotte abandonnée à l’haleine des vents. » Ovide, Les Métamorphoses, II, 833-875, « Europe ».
5 L’ouvrage est consultable sur le site Gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k71497z/f2.item#
6 Giovanni Buonsignori (Città di Castello, … – XIVe s.) : homme de lettres et homme politique de la fin du Moyen Âge. Il est surtout connu pour sa traduction en prose vernaculaire des Métamorphoses d’Ovide, la deuxième parue en italien après celle d’Arrigo Simintendi, mais la première à être publiée sous forme imprimée. La traduction a été réalisée entre 1375 et 1377 et a été imprimée en 1497 à Venise par Giovanni Rosso pour l’éditeur Lucantonio Giunti.
7 Le texte de Buonsignori était une vulgarisation basée sur la paraphrase explicative et les allégories écrites en 1322 et 1323 par Giovanni del Virgilio, correspondant de Dante et professeur au Studium de Bologne. Alors que la Métamorphose d’Ovide ne mentionne pas les compagnes d’Europe, la version de Giovanni Buonsignori fait référence aux servantes, qu’Europe appelle pour implorer son secours. Les autres toiles connues, provenant du plafond du Palazzo Chigi, sont également basées sur la même source textuelle. (*)

(*) Sur la relation entre les peintures et les sources textuelles, voir Roberto Bartalini, « Sodoma, il soffitto di Palazzo Chigi e i volgarizzamenti di Ovidio », dans M. DI Giampaolo (dir.) et E. Saccomani (éd.), Scritti di storia dell’arte in onore di Sylvie Béguin, Paparo Edizioni, Naples, 2001, pp. 157-165.

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