Palazzo Chigi nel Casato

Palais Chigi nel Casato

Via del Casato di Sotto, 11-17. Sienne.

Le premier palais que l’on trouve sur la gauche lorsque emprunte le Casato di Sotto en provenant du Campo est le Palazzo Chigi (XVIe s.), lieu de naissance de l’une des gloires siennoises, le pape Alexandre VII.

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« Comme le rapporte Fabio Chigi dans ses Commentarii de 1618 [1]Fabio Chigi, Chigae Familiae Commentarii, Biblioteca Apostolica Vaticana, ms. Chig. A.I.1, c. 50r-v., un ancêtre du pontife, Mariano (1439-1504), banquier et père d’Agostino et de Sigismondo, avait acheté entre 1473 et 1474 quelques maisons aux Spannocchi et les avait incorporées à la construction de ce palais situé entre Malborghetto et Casato ; La façade fut achevée en 1510 et fut décorée en clair-obscur par Sodoma à partir d’octobre de la même année.
Selon les témoignages de Macchi puis de Della Valle, les fresques de la maison Chigi sont restées lisibles tout au long du XVIIIe siècle. » [2]Alberto FIORINI, Strade di Siena, Pise, Pacini Editore, 2017, p. 112.

Giovan Battista Contini (?), « Prospetto di palazzo Chigi al Casato a Siena », Città del Vaticano, Biblioteca Apostolica Vaticana, ms. Chigi P.VIII.17, c. 31.

D’origine médiévale, le Palais Chigi nel Casato, propriété de la famille Chigi, fut rénové à la fin du XVe siècle, à l’occasion du mariage de Sigismondo Chigi avec Sulpicia Petrucci, fille de Pandolfo, qui eut lieu le 31 mars 1507. Pour célébrer cet événement, le ‘Sodoma’ intervint en peignant plusieurs toiles de petit format sur des sujets issus de la mythologie grecque [3]Selon une source du début du XIXe siècle, Sodoma réalisa pas moins de trente toiles mythologiques pour le palais de la Bocca del Casato. Contrairement aux décorations domestiques antérieures, ces toiles de petit format avaient été installées directement dans la charpente en bois du plafond, évoquant peut-être la disposition du plafond de la bibliothèque Piccolomini de la cathédrale de … Poursuivre, destinées à orner un plafond à caisson, et Barili exécuta plusieurs sculptures en bois. C’est dans cette demeure que naquit Fabio Chigi (1599-1667), qui monta plus tard sur le trône papal sous le nom d’Alexandre VII. Soumis à de nombreuses petites interventions au cours des siècles, le bâtiment a appartenu jusqu’au début du XIXe siècle à la famille Chigi, plus précisément au prince Agostino Chigi di Sigismondo ; la propriété a ensuite été divisée, tout en conservant les caractéristiques qui en font l’un des exemples les plus intéressants de l’architecture de Sienne entre les XVe et XVIe siècles.

Roberto BARTALINI [4]Roberto BARTALINI, « Sodoma, il soffitto di Palazzo Chigi e i volgarizzamenti di Ovidio. Una postilla », dans Mario Di Giampaolo (dir.) et Elisabetta Saccomani (éd.), Scritti di storia dell’arte in onore di Sylvie Béguin, Naples, Paparo Edizioni, 2001, pp. 157-165. conclut (à partir d’une référence dans les Commentarii de Fabio Chigi) que Sodoma travailla vers 1505-1507 pour Sigismondo Chigi au Palazzo Chigi al Casato de Sienne, sur deux cycles de peintures sur toile : Les Métamorphoses et La Vie de Jules César (aujourd’hui disparue). Observe (à partir d’une description du XIXe siècle) que la décoration ovidienne comprenait 29 petites toiles, bien que seules six soient connues aujourd’hui (dans diverses collections). Enfin, réfute l’hypothèse (d’Andrée M. Hayum) selon laquelle un tableau de Sodoma, L’Enlèvement des Sabines (Rome, Galleria nazionale d’arte antica, Palazzo Barberini), aurait été réalisé à l’origine pour le palais Chigi de Sienne, notant qu’il est entré dans la collection Chigi en 1660.

Sani C., Il palazzo Chigi nel Casato di Sotto, Sienne, Malborghetto, marzo 2000 ; Paolo TorritiTutta Siena Contrada per Contrada, Sienne, Bonechi-Edizioni Il Turismo, 2004.

Notes

Notes
1 Fabio Chigi, Chigae Familiae Commentarii, Biblioteca Apostolica Vaticana, ms. Chig. A.I.1, c. 50r-v.
2 Alberto FIORINI, Strade di Siena, Pise, Pacini Editore, 2017, p. 112.
3 Selon une source du début du XIXe siècle, Sodoma réalisa pas moins de trente toiles mythologiques pour le palais de la Bocca del Casato. Contrairement aux décorations domestiques antérieures, ces toiles de petit format avaient été installées directement dans la charpente en bois du plafond, évoquant peut-être la disposition du plafond de la bibliothèque Piccolomini de la cathédrale de Sienne. (*).
Au début du Cinquecento, les décorations all’antica et les modèles antiques étaient à la mode, inspirant les riches clients siennois à décorer leurs demeures selon le goût de l’époque. Comme le rapportent les Commentarii de Fabio Chigi (1618), on sait que Sigismondo rénova certaines pièces de son palais de la Bocca del Casato, probablement pour commémorer son mariage en 1507 avec Sulpizia, fille de Pandolfo Petrucci. Deux de ces salles présentaient des motifs décoratifs de ‘Sodoma’ : l’une possédait un plafond à caissons orné d’une série de petites peintures mythologiques (**), tandis que l’autre était ornée de panneaux (aujourd’hui perdus) représentant les exploits de Jules César.
Caractéristiques du caractère inventif des premières œuvres de l’artiste, ces toiles sont peintes dans un style proche de l’esquisse, et selon un mode narratif d’une concision extrême. Généralement situées dans des paysages ouverts et simplifiés, les compositions présentent une cohérence stylistique grâce à la tonalité chaude, au modelé doux des personnages et à la palette caractérisée par l’emploi d’un dégradé de couleurs pâles.

La source textuelle de ces fables se trouve indirectement dans les Métamorphoses d’Ovide. En réalité, la source directe semble davantage inspirée par la traduction vernaculaire qui en a été réalisée par Giovanni Bonsignori (***) dans les années 1375-1377, l’Ovidio Methamorphoseos vulgare (****) imprimé à Venise en 1497 et basée à son tour sur une paraphrase explicative des Métamorphoses et sur des allégories composées à des fins didactiques en 1322-1323 par Giovanni del Virgilio.

Six de ces toiles ont survécu. Cinq d’entre elles sont aujourd’hui conservées aux Etats-Unis, la sixième en Italie (*****) :

(*) Cette comparaison est effectuée dans Patrizia ZAMBRANO, « A New Scene by Sodoma from the Ceiling of Palazzo Chigi at Casato di Sotto, Siena », Burlington Magazine, 136, n. 1098 (Septembre 1994), p. 611, JSTORhttp://www.jstor.org/stable/886163. Accessed 1 May 2025.
(**) « […] una soffitta partita a quadretti del Soddoma, de le prime sue opere » (« un plafond divisé en plusieurs petits tableaux du Sodoma, parmi ses toutes premières œuvres »). Fabio Chigi, L’elenco delle pitture, sculture e architetture di Siena, compilato nel 1625-26 […] , edizione critica a cura di Pèleo Bacci, dans Bullettino Senese di Storia Patria, XLVI, 1939, pp. 197-213, 297-337, en part. p. 331.
(***) Giovanni Buonsignori (Città di Castello, … – XIVe s.) : homme de lettres et homme politique de la fin du Moyen Âge. Il est surtout connu pour sa traduction en prose vernaculaire des Métamorphoses d’Ovide, la deuxième parue en italien après celle d’Arrigo Simintendi, mais la première à être publiée sous forme imprimée. La traduction a été réalisée entre 1375 et 1377 et a été imprimée en 1497 à Venise par Giovanni Rosso pour l’éditeur Lucantonio Giunti.
(****) L’ouvrage est consultable sur le site Gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k71497z/f2.item#
(*****) « Une petite toile représentant Céphale et Procris (Ovide, Metamorphoses, VII, 694 et suiv.), jadis propriété de l’historien de l’art Carl Friedrich von Rumohr (Reinhardtsgrimma, 1785 – Dresde, 1843), et dont toute trace est aujourd’hui perdue, appartenait probablement elle aussi au plafond Chigi (Voir : Carl Friedrich von Rumohr, Italienische Forschungen, Berlin-Stettin 1827, p. 386 ; Gustavo Frizzoni, Arte italiana del Rinascimento. Saggi critici, Milan, 1891, p. 149, https://archive.org/details/gri_33125002395875/page/n6/mode/1up). » Roberto BARTALINI, « Sodoma, il soffitto di Palazzo Chigi e i volgarizzamenti di Ovidio. Una postilla », dans Mario Di Giampaolo (dir.) et Elisabetta Saccomani (éd.), Scritti di storia dell’arte in onore di Sylvie Béguin, Naples, Paparo Edizioni, 2001, pp. 157-165, note 6.

4 Roberto BARTALINI, « Sodoma, il soffitto di Palazzo Chigi e i volgarizzamenti di Ovidio. Una postilla », dans Mario Di Giampaolo (dir.) et Elisabetta Saccomani (éd.), Scritti di storia dell’arte in onore di Sylvie Béguin, Naples, Paparo Edizioni, 2001, pp. 157-165.

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