Latone (Léto pour les Grecs) : fille de Céos et Phébé, sœur d’Astéria, maîtresse de Jupiter de qui elle enfante les jumeaux Apollon et Diane (Artémis pour les Grecs). L’un des Hymnes homériques la mentionne dans l’histoire de Niobé, et Homère la montre amie des Troyens pendant la guerre de Troie, comme son fils Apollon.
Poursuivie par la colère de Junon en raison de ses relations illicites avec Jupiter, Latone s’enfuit en Lycie après avoir mis au monde ses deux enfants. C’est là, dans les eaux du Xanthe, qu’elle décide de se désaltérer après une longue marche. Mais sur l’ordre d’Héra, les paysans du lieu viennent troubler l’eau pour l’en empêcher. Folle de colère, la déesse les fait chasser par des loups, puis les transforme en grenouilles. [1]Cette métamorphose, réécrite par Ovide, a obtenu une immense fortune depuis le Moyen Âge, et par la suite, particulièrement aux XVIIe et XVIIIe siècles. « Un jour que le soleil lançait sur les campagnes ses feux dévorants, Latone allait succomber à la fatigue d’un long voyage, au besoin d’étancher une soif ardente ; et ses enfants avaient tari ses mamelles arides. Elle … Poursuivre
Ses enfants lui vouent un profond amour. Apollon tue le monstrueux serpent Python qui avait persécuté sa mère pendant sa grossesse, et massacre, avec sa sœur Artémis, presque tous les enfants de Niobé pour avoir osé se comparer à leur mère.
Notes
| 1↑ | Cette métamorphose, réécrite par Ovide, a obtenu une immense fortune depuis le Moyen Âge, et par la suite, particulièrement aux XVIIe et XVIIIe siècles. « Un jour que le soleil lançait sur les campagnes ses feux dévorants, Latone allait succomber à la fatigue d’un long voyage, au besoin d’étancher une soif ardente ; et ses enfants avaient tari ses mamelles arides. Elle découvre enfin, dans le creux d’un vallon fangeux, une source d’eau pure. Là des rustres coupaient alors l’osier en rejetons fertile, le jonc, et les herbes qui se plaisent dans les marais. Elle approche ; elle plie un genou, et, penchée sur les bords de l’onde propice, elle allait se désaltérer : cette troupe grossière s’oppose à ses désirs : « Pourquoi, dit la déesse, me défendez vous ces eaux ? Les eaux appartiennent à tous les humains. La nature, bonne et sage, fit pour eux l’air, la lumière, et les ondes. Je viens ici jouir d’un bien commun à tous. Cependant, comme un bienfait, je l’implore de vous. Mon dessein n’est pas de rafraîchir mon corps fatigué dans un bain salutaire. Je ne veux qu’apaiser ma soif. Ma bouche est desséchée ; elle laisse à peine un passage aride à ma faible voix. Cette onde sera pour moi un nectar précieux ; permettez m’en l’usage : en vous le devant, j’avouerai que je vous dois la vie. Ah ! laissez-vous toucher par ces deux enfants qui, suspendus à mon sein, vous tendent leurs faibles bras » ; (et par hasard ils leur tendaient les bras).
Quel cœur assez barbare eût pu rester insensible à ces douces prières ! Mais ces pâtres grossiers les rejettent, et persistent dans leur refus. Bientôt, à l’injure ajoutant la menace, ils lui commandent de se retirer. Ce n’est pas même assez pour eux. De leurs mains, de leurs pieds, ils agitent, ils troublent le lac; ils y bondissent, et font monter à sa surface l’épais limon qui reposait sous l’onde. La colère de Latone lui fait oublier sa soif ; et, sans descendre plus longtemps à des prières indignes de la majesté des dieux, elle élève ses mains vers le ciel, et s’écrie : « Vivez donc éternellement dans la fange des marais » ! Déjà ses vœux sont accomplis. Ils se plongent dans les eaux. Tantôt ils disparaissent dans le fond de l’étang; tantôt ils nagent à sa surface. Souvent ils s’élancent sur le rivage ; souvent ils sautent dans l’onde ; et, sans rougir de leur châtiment, ils exercent encore leur langue impure à l’outrage ; et même sous les eaux, on entend leurs cris qui insultent Latone. Mais déjà leur voix devient rauque, leur gorge s’enfle, leur bouche s’élargit sous l’injure, leur cou disparaît ; leur tête se joint à leurs épaules; leur dos verdit, leur ventre, qui forme la plus grande partie de leur corps, blanchit ; et changés en grenouilles, ils s’élancent dans la bourbe du marais. » » Ovide, Métamorphoses, VI, 340-381. |
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