Amos Cassioli (Asciano, 1832 – Florence, 1891) lo
La Battaglia di Legnano (La Battaille de Legnano), 1870.
Inscriptions :
- (au centre du tableau, sur le bord du drapeau) : « AMOS CASSIOLI DI ASCIANO DIPINSE 1870 » [1]« Peint par Amos Cassioli d’Asciano en 1870. »
Huile sur toile, 370 x 840 cm.
Provenance : Commande du Gouvernement Provisoire en 1859 ; achevée en 1870, d’abord présentée dans la Galleria antica e moderna de l’Accademia (Florence, Palazzo Pitti), puis passée à la Galleria di Arte Moderna (Florence, Museo dell’Accademia).
Florence, Palazzo Pitti, Galleria di Arte Moderna.
Le tableau d’Amos Cassioli représente la Bataille de Legnano (1176), l’un des moments clé de la lutte pour l’indépendance de la plaine Padouane au Moyen Âge [2]L’histoire derrière le tableau est fascinante. La bataille de Legnano est considérée un moment clé du récit national du long combat pour l’indépendance qui devait aboutir à l’Unité de l’Italie, laquelle fut obtenue de haute lutte au XIXe s., avec le Risorgimento. Au cours de cette bataille, les forces de la Ligue Lombarde réussirent à vaincre les forces du … Poursuivre [3]Cassioli avait initialement prévu de créer une série de peintures représentant différents moments de la lutte de l’Italie pour l’indépendance, thème hautement symbolique en cette fin de XIXe siècle, mais il ne termina jamais cette série.. Le tableau, dont le format est digne de la bataille qu’il représente, a été réalisé par l’artiste entre 1860 et 1870, et montre un moment particulier, et hautement symbolique, de la bataille, celui de la défense du caroccio milanais que l’on voit distinctement, surélevé à l’arrière-plan, dans un contre-jour qui traduit à merveille la tension dramatique de l’instant. Le combat avait débuté entre les 700 fantassins de la Ligue lombarde, provenant en majorité de Legnano, et les 300 fantassins qui formaient l’avant-garde impériale. Ce premier contact dura une vingtaine de minutes jusqu’à ce que l’empereur Frédéric Barberousse, rejoint par ses cavaliers, charge les Lombards, forcés, dès lors, de se regrouper autour de leur chariot (carroccio), depuis lequel les officiers commandaient les troupes, et sur lequel se trouvait la croix d’Ariberto d’Intimiano [4]Ariberto da Intimiano, mort le 16 janvier 1045 à Monza, fut archevêque de Milan de 1018 à sa mort. Le crucifix en cuivre recouvert de feuilles d’or, que l’archevêque donna au monastère San Dionigi, se trouve aujourd’hui dans le musée du Duomo de Milan.. Les soldats lombards adoptèrent alors autour de leur carroccio une formation appelée schiltron [5]Hérité des tactiques guerrières des Romains, le schiltron est une formation serrée de piquiers rangés en ligne ou en cercle, utilisée à l’occasion de la bataille de Legnano par Lombards contre les cavaliers du Saint-Empire romain germanique ce qui permit aux premiers de vaincre. Dans ce type de formation, le premier rang met un genou à terre et forme un mur de piques qui se … Poursuivre, dans laquelle les lanciers font cercle, leur lance pointée vers l’extérieur, pour s’opposer aux charges de cavalerie.
Le style de Cassioli associe étroitement une forme de classicisme héritée des deux siècles précédents, et un réalisme qui donne au tableau un sentiment d’authenticité et de force qui convient à la représentation d’une si grande épopée aux yeux de l’historiographie italienne. La composition, elle aussi, est impressionnante, disséminant à la surface de l’œuvre nombre de détails venus capturer l’intensité de la bataille. Des chevaux aux soldats, les figures en action sont représentés avec une précision faite pour donner à l’image une dimension proprement documentaire, faisant du tableau un véritable spectacle visuel. Le talent de coloriste de Cassioli vient compléter le style particulier du tableau. Le peintre utilise une palette sombre, propre à évoquer la terribilà de la bataille, ce qui confère au tableau une force liée à la gravité et à la grandeur de l’événement. Les couleurs sont utilisées efficacement pour mettre en valeur les personnages et l’action dans la peinture.
Dans le passé, le tableau a fait l’objet de controverses en raison de sa représentation de l’Église catholique au combat.
Notes
| 1↑ | « Peint par Amos Cassioli d’Asciano en 1870. » |
|---|---|
| 2↑ | L’histoire derrière le tableau est fascinante. La bataille de Legnano est considérée un moment clé du récit national du long combat pour l’indépendance qui devait aboutir à l’Unité de l’Italie, laquelle fut obtenue de haute lutte au XIXe s., avec le Risorgimento. Au cours de cette bataille, les forces de la Ligue Lombarde réussirent à vaincre les forces du Saint-Empire romain germanique, victoire qui est envisagée comme un jalon vers l’unification de l’Italie, huit siècle avant sa complète réalisation. |
| 3↑ | Cassioli avait initialement prévu de créer une série de peintures représentant différents moments de la lutte de l’Italie pour l’indépendance, thème hautement symbolique en cette fin de XIXe siècle, mais il ne termina jamais cette série. |
| 4↑ | Ariberto da Intimiano, mort le 16 janvier 1045 à Monza, fut archevêque de Milan de 1018 à sa mort. Le crucifix en cuivre recouvert de feuilles d’or, que l’archevêque donna au monastère San Dionigi, se trouve aujourd’hui dans le musée du Duomo de Milan. |
| 5↑ | Hérité des tactiques guerrières des Romains, le schiltron est une formation serrée de piquiers rangés en ligne ou en cercle, utilisée à l’occasion de la bataille de Legnano par Lombards contre les cavaliers du Saint-Empire romain germanique ce qui permit aux premiers de vaincre. Dans ce type de formation, le premier rang met un genou à terre et forme un mur de piques qui se dresse devant la cavalerie. Les piques utilisées sont garnies d’une pointe de fer et mesurent, selon les sources, de quatre à cinq mètres. Cette tactique peut être défensive, les piquiers essayant d’utiliser au mieux le terrain en exploitant des obstacles naturels (marais, broussailles,…) ou artificiels (pièges, fossés ou chausse-trapes plantés dans le sol). |


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