Simon de Brion ou de Brie (Mainpincien [Andrezel, dans la Brie], v. 1215 – Pérouse, 1285) : membre d’une famille de petits seigneurs d’Ile-de-France, lié au service du roi de France [1]Il était notamment le frère d’un conseiller de Louis IX. Devenu pape, il marquera son attachement à ce roi en faisant commencer l’instruction de son procès en canonisation. Celui-ci sera émaillé de nombreux incidents qui en retarderont l’achèvement jusqu’au 11 août 1297, date à laquelle Boniface VIII officialisera la canonisation par la bulle Gloria laus., il est élu pape le 22 février 1281 sous le nom de Martin IV. [2]Son pontificat aura duré quatre ans et un mois.
Après la mort de Nicolas III, en août 1280, les cardinaux, réunis en conclave au palais des papes de Viterbe, ne parviennent pas à s’entendre sur le nom d’un successeur et le siège pontifical reste vacant pendant six mois. Ce conclave s’achève en février 1281 par un coup de force de Charles d’Anjou qui fait jeter en prison deux cardinaux du groupe « romain », partisans de poursuivre la politique anti-angevine de Nicolas III (dont son neveu Matteo Rubeo Orsini) et impose l’élection de son homme, le français Simon de Brion, « son obligé trop dévoué. » [3]Olivier GUYOTJANNIN, « Martin V », dans Philippe LEVILLAIN (dir.), Dictionnaire historique de la Papauté, Paris, Fayard, 1994, p. 1095. Martin IV est intronisé à Orvieto, en raison de l’hostilité du peuple romain envers un pape français. Il déserte la résidence pontificale de Viterbe précisément en raison de la forte ingérence des autorités de la ville au cours du conclave qui l’avait élu. [4]Le mécontentement de l’aristocratie romaine fait que Martin IV ne réussit jamais à faire son entrée à Rome et pendant tout son pontificat, l’agitation demeura endémique dans les États de l’Église où Charles d’Anjou, par ses brutalités, avait eu le temps de se rendre impopulaire. Le nouveau pape dut quitter Viterbe (ville sous interdit à cause … Poursuivre
Simon de Brion semble ne pas avoir été candidat. Ses adversaires eux-mêmes affirment qu’il fut élu contre son gré et qu’il n’accepta la tiare que sous la pression du roi Charles d’Anjou. Il prit alors le nom de Martin IV, en hommage, dit-on, à saint Martin de Tours pour lequel il avait rapporté de Tours une dévotion particulière.
Notes
| 1↑ | Il était notamment le frère d’un conseiller de Louis IX. Devenu pape, il marquera son attachement à ce roi en faisant commencer l’instruction de son procès en canonisation. Celui-ci sera émaillé de nombreux incidents qui en retarderont l’achèvement jusqu’au 11 août 1297, date à laquelle Boniface VIII officialisera la canonisation par la bulle Gloria laus. |
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| 2↑ | Son pontificat aura duré quatre ans et un mois. |
| 3↑ | Olivier GUYOTJANNIN, « Martin V », dans Philippe LEVILLAIN (dir.), Dictionnaire historique de la Papauté, Paris, Fayard, 1994, p. 1095. |
| 4↑ | Le mécontentement de l’aristocratie romaine fait que Martin IV ne réussit jamais à faire son entrée à Rome et pendant tout son pontificat, l’agitation demeura endémique dans les États de l’Église où Charles d’Anjou, par ses brutalités, avait eu le temps de se rendre impopulaire. Le nouveau pape dut quitter Viterbe (ville sous interdit à cause de l’emprisonnement des cardinaux et où les querelles ne s’apaisaient pas) pour s’installer à Orvieto où il se fit couronner. Ses registres permettent de suivre les déplacements de la cour pontificale. Orvieto même ne fut pas toujours sûre : des troubles locaux l’obligèrent à s’exiler pendant six mois à Montefiascone (juin–décembre 1282), puis définitivement, au début de l’été 1284, à Pérouse qui venait de lui faire sa soumission. Pendant ces quatre années, la Romagne, malgré une pluie d’interdits et d’excommunications, était restée en état d’insurrection permanente. |
