« Drapello dei carabinieri »

Troupe montée des Carabiniers en costume d’apparat, le Drapello des Carabiniers, tel qu’il défile sur le Campo, est composé de douze cavaliers rangés trois par trois sur quatre lignes, et de leur commandant. À Sienne, le jour du Palio, la troupe entre sur l’anello depuis la via del Porrione. Avant même le début du corteo storico, elle donne le signal des festivité en effectuant deux tours de piste, avant de ressortir par le même chemin une fois sa prestation achevée. Le premier tour est effectué au pas et comporte deux arrêts, la troupe se rangeant dans les deux cas perpendiculairement à la piste, d’abord pour le salut devant la tribune des enfants des contrade, située au pied du Palazzo Pubblico, ensuite pour le salut devant la tribune des officiels de la Ville, surélevée à l’arrière de la mossa. Le second tour est commencé au trot avant passer au galop : réglée par le commandant au cri de « Pastrengo !» , la troupe charge alors sabre au clair, dans une fulgurante cavalcade. 

Pour les Italiens, ce n’est pas par hasard que, le jour du Palio, la Balzana siennoise et le drapeau tricolore italien flottent ensemble au sommet de la Torre del Mangia, tels un rappel visuel du fait que le Palio n’est pas seulement une fête locale mais fait aussi partie intégrante de la culture nationale. Le corps des carabiniers à cheval a été formé en juillet 1919 afin de commémorer la bataille de Pastrengo. Cet épisode historique, survenu le 30 avril 1848, lors de la première guerre d’indépendance, figure dans la mémoire nationale : à cette occasion, une charge de trois escadrons de carabiniers à cheval brisa l’encerclement et submergea les troupes autrichiennes commandées par le feld-maréchal Joseph Radetzky.

Les carabiniers à cheval ont remplacé les « chasseurs grands-ducaux », soldats qui ont ouvert la voie à l’unification de l’Italie (1861). Rien de folklorique ni d’anachronique dans leur présence sur la Piazza : le Drapello symbolise ici une forme de continuité parmi les aléas d’un mouvement historique passé successivement de l’ancienne République (représentée dans le Corteo par ses arbalétriers ou par les « milles » des Masses, garantes d’une plus grande assurance de neutralité envers le citoyen de la contrada) à la domination des Médicis (présents à travers les Lances Brisées), à celle des Habsbourg-Lorraine (avec les Hussards de la Garde, les Chasseurs à Cheval ou les Dragons) et, enfin, à la nouvelle nation italienne (avec les carabiniers à cheval). On ne peut qu’être frappé par les démonstrations de la foule à leur égard.

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