Léviathan

« Léviathan (en hébreu : liwyatan) : nom d’un serpent mythique que l’on rencontre à plusieurs reprises dans la Bible (Job [1]La description la plus détaillée du Léviathan en tant qu’animal marin se trouve en Job 41. Dans ce chapitre, Dieu met l’accent sur sa taille, sa force et sa férocité. Le léviathan ne peut être attaché ou dompté (Jn 41, 1-2), sa vue seule inspire la crainte (Jb 41, 2) et il vaut mieux ne pas le provoquer (« Prendras-tu le crocodile à l’hameçon? Saisiras-tu sa langue avec … Poursuivre, Psaumes, Isaïe). [2]Sous ce nom (et sous d’autres appellations, il appartient plus largement à la mythologie sémitique.

« À l’origine, le Léviathan est un monstre de la mythologie phénicienne représentant le chaos primitif, un serpent de mer capable de tout détruire, évoqué, par la suite, de nombreuses fois dans la tradition biblique. Selon Le Livre de Baruch, apocryphe de la Bible, le Léviathan, horrible monstre marin, surgit lors du cinquième jour de la Création en même temps que Béhémoth, créature gigantesque régnant sur les terres. Le Livre d’Isaïe, évoque quant à lui le sort réservé au Léviathan, destiné à périr lors du Jugement dernier [3]« En ce jour, l’Éternel frappera de sa dure, grande et forte épée Le léviathan, serpent fuyard, Le léviathan, serpent tortueux ; et il tuera le monstre qui est dans la mer. » (Es 27, 1). Dans l’attente de cette fin apocalyptique, le Léviathan a traversé les textes et les époques. Au cours du Moyen Âge, son ’image devient satanique : la gueule béante du gigantesque serpent de mer figure l’entrée des enfers sur le frontispice de nombreuses églises. Mais aujourd’hui, le nom du monstre évoque deux idées bien différentes : dans son acception biblique, le Léviathan reste une entité menaçante et chaotique.

« Personnification des puissances hostiles, il apparaît sous l’aspect d’un monstre aquatique à plusieurs têtes [4]Ps 74, 14. Dans le contexte des récits de la création, il renvoie plus précisément à la mythologie babylonienne, dans laquelle le combat de Marduk contre les êtres de ce type joue un rôle décisif. Cependant, le mot Léviathan n’a pas été trouvé dans les documents babyloniens. Les tablettes d’Ugarit (sous la forme ltn) le mentionnent dans les textes liturgiques de la lutte salvatrice entre Baal et Yam (« Mer ») et lui attribuent les traits d’un « serpent fuyard », tout comme le fait Isaïe (27, 1) : « Léviathan, le serpent fuyard […], il tuera le dragon de la mer. » Dans le Psaume 74, 14 (« Toi qui fracassas les têtes de Léviathan »), il symbolise la mer Rouge et rappelle la victoire de Yahvé sur l’Égypte. Dans Job, 40, 25, et dans le Psaume 104, 26, il continue d’évoquer, en des tournures remplies d’ironie, le monstre vaincu par le Dieu d’Israël, aux origines du monde. On retrouve Léviathan, en compagnie de Béhémoth, dans la littérature apocalyptique juive (Énoch éthiopienBaruch syriaque, IVe Esdras), où le premier demeure un monstre aquatique, tandis que le second est devenu un monstre terrestre. L’un et l’autre, censés être apparus au cinquième jour de la Création, seront définitivement vaincus à la fin des temps et servis en nourriture aux justes au cours du banquet messianique. » [5]André PAUL, « Léviathan », Encyclopedia Universalis.

Il est représenté au Moyen Âge sous la forme d’une immense gueule ouverte qui avale les âmes, symbolisant ainsi l’entrée des enfers.

Notes

Notes
1 La description la plus détaillée du Léviathan en tant qu’animal marin se trouve en Job 41. Dans ce chapitre, Dieu met l’accent sur sa taille, sa force et sa férocité. Le léviathan ne peut être attaché ou dompté (Jn 41, 1-2), sa vue seule inspire la crainte (Jb 41, 2) et il vaut mieux ne pas le provoquer (« Prendras-tu le crocodile à l’hameçon? Saisiras-tu sa langue avec une corde ? versets 1). Il a une forme gracieuse (Jb 41, 4), mais il est exceptionnellement bien protégé par ses écailles (Jb 41, 5, 7-9). Son ventre est aussi impénétrable que son dos (Jb 41, 7, 16). Ses dents sont effrayantes (Jb 41, 6) et la mort attend tous ceux qui passent trop près de sa bouche (Jb 41, 10-13). Il terrifie même les plus puissants des hommes (Jb 41, 17). Aucune épée, lance, javelot, flèche, pierre ou bâton ne peut le défaire (Jb 41, 18, 20-21). Il ne peut être enfermé dans une cage, car il brise le fer comme la paille (Jb 41, 19). Sur terre, il laisse des ornières derrière lui, et dans l’eau, un sillage profond et remuant (Jb 41, 22-24). Cette description du léviathan conclut sur l’affirmation qu’il est vraiment le roi des animaux : « Il défie tout ce qui est grand, il est le roi des plus fiers animaux » (Jb 41, 26).
2 Sous ce nom (et sous d’autres appellations, il appartient plus largement à la mythologie sémitique.
3 « En ce jour, l’Éternel frappera de sa dure, grande et forte épée Le léviathan, serpent fuyard, Le léviathan, serpent tortueux ; et il tuera le monstre qui est dans la mer. » (Es 27, 1).
4 Ps 74, 14
5 André PAUL, « Léviathan », Encyclopedia Universalis.

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