
Guido di Pietro, dit Fra Angelico (Vicchio di Mugello [?], 1451 – Rome, 1453)
Bacio di Giuda (Baiser de Judas), 1451-1453.
Compartiment de l’Armadio degli Argenti (Armoire aux argents), tempéra sur panneau, env. 38,5 x 37 cm.
Inscriptions :
- (sur le rouleau supérieur) : « QVI EbEBAT PANES MEOS MAGNIFICAVIT SVP(ER) ME SVPPLA(N)TATIO(N)EM. PS. XL. » [1]« Qui edebat panes meos magnificavit super me supplantationem. Ps. XL. » (« [Celui-là même] qui mangeait mon pain, lève le talon (*) contre moi. »). Ps 40, 10 (41, 9).
(*) Lève le talon : fait éclater sa trahison. - (sur le rouleau inférieur) : « ET CO(N)FESTIM ACCE(N)DENS IVDAS AD XPM (CHRISTVM) DIXIT AVE RABBI 7 OSTVLATVS E(ST) EV(M). MT. XXVI. » [2]« Et confestim accedens Judas ad Christum dixit: Ave Rabbi Et ostulatus est eum. Mt. XXVI. » (« Aussitôt, s’approchant de Jésus, il dit : Salut, Rabbi ! Et il le baisa. »). Mt 26, 49.
Provenance : Église de la Santissima Annunziata, Florence.
Florence, Museo Nazionale di San Marco.
Pour relater la trahison de Judas Iscariote, Fra Angelico, dans ce petit panneau appartenant à l’Armadio degli Argenti, suit la narration que l’on peut lire dans l’Évangile selon Jean. [3]« Judas donc, ayant pris la cohorte, et des huissiers qu’envoyèrent les principaux sacrificateurs et les pharisiens, vint là avec des lanternes, des flambeaux et des armes. Jésus, sachant tout ce qui devait lui arriver, s’avança, et leur dit : Qui cherchez-vous ? Ils lui répondirent : Jésus de Nazareth. Jésus leur dit : C’est moi. Et Judas, qui le livrait, était avec eux. … Poursuivre Seul l’apôtre rapporte la manière dont les prêtres et les soldats venus l’arrêter Jésus se retrouvent comme projetés en arrière au sol et tombent à sa vue, à peine celui-ci s’est-il lui-même désigné à la cohorte. Au centre de la composition, Judas, auréolé de noir, s’est approché du Christ et accomplit son forfait par un baiser. Sur leur droite, seuls les apôtres Jacques, Pierre et Jean sont témoins de la trahison, comme si le reste du groupe avait déjà fuit. À gauche, un groupe de soldats et deux prêtres sont anéantis et prosternés devant Jésus, comme s’ils avaient été frappés par la majesté de sa personne. Ce constat est particulièrement frappant dans la figure de l’homme en jaune qui, gisant au premier plan, résume à lui seul l’effet produit à la vue du Christ sur la foule des personnages venus procéder à son arrestation.
Notes
| 1↑ | « Qui edebat panes meos magnificavit super me supplantationem. Ps. XL. » (« [Celui-là même] qui mangeait mon pain, lève le talon (*) contre moi. »). Ps 40, 10 (41, 9). (*) Lève le talon : fait éclater sa trahison. |
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| 2↑ | « Et confestim accedens Judas ad Christum dixit: Ave Rabbi Et ostulatus est eum. Mt. XXVI. » (« Aussitôt, s’approchant de Jésus, il dit : Salut, Rabbi ! Et il le baisa. »). Mt 26, 49. |
| 3↑ | « Judas donc, ayant pris la cohorte, et des huissiers qu’envoyèrent les principaux sacrificateurs et les pharisiens, vint là avec des lanternes, des flambeaux et des armes. Jésus, sachant tout ce qui devait lui arriver, s’avança, et leur dit : Qui cherchez-vous ? Ils lui répondirent : Jésus de Nazareth. Jésus leur dit : C’est moi. Et Judas, qui le livrait, était avec eux. Lorsque Jésus leur eut dit : C’est moi, ils reculèrent et tombèrent par terre. » (Jn 18, 3-6). |

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