Jacopo ou Giacomo da Lentini [1]Lentini : commune proche de Syracuse, en Sicile., dit « il Notaro » [2]« Jacobus de Lentini domini imperatoris notarius » (Jacques de Lentini, Notaire du Seigneur Empereur) : c’est ainsi que Jacopo, qui fut fonctionnaire de la cour de Frédéric II, signe un document à Messine en 1240. Dante, empruntant ce surnom donné par Bonagiunta Orbicciani, cite également Jacopo comme le « Notaire » dans La Divine Comédie : « O frate, issa vegg’io », … Poursuivre (Lentini, v. 1210 – v. 1260) : poète et notaire. Parmi les principaux représentants de l’École sicilienne, il est considéré comme le créateur du sonnet. Ce rôle officiel lui est attribué par le codex latin 3793 du Vatican (le plus riche et le plus faisant autorité en matière de poésie lyrique sicilienne, compilé à Florence à la fin du XIIIe siècle ou au début du XIVe).
Ses compositions couvrent une période allant approximativement de 1233 à 1241. Seize chansons aux formes métriques variées et vingt-deux sonnets [3]Jacopo da Lentini est généralement considéré comme l’inventeur de cette forme métrique. sont attribués au « Notaire ». La réinterprétation en langue vernaculaire des thèmes et des formes de la poésie provençale, qui a donné naissance à l’art lyrique italien, est due à son initiative. [4]Luigi DI BENEDETTO, Da Giacomo di Lentini a Francesco Petrarca, Naples, Astrea, 1949, p. 24.
Jacopo est considéré comme le chef de file des poètes de l’École poétique sicilienne [5]Mouvement littéraire apparu en Sicile (et plus généralement dans le sud de l’Italie) entre 1220 et 1266 environ, à la cour sicilienne de l’empereur Frédéric II de Souabe. La poésie de l’École sicilienne, qui connut son apogée entre 1230 et 1250, constitue la première production lyrique en langue vernaculaire italique dont nous possédions de nombreux témoignages … Poursuivre, rôle que lui attribue Dante lui-même (chant XXIV du Purgatoire). Dans le De vulgari eloquentia, il est cité pour l’une de ses canzones, considérée comme un exemple de style limpide et orné.
Dans le cadre chronologique restreint où elle s’inscrit, la tradition poétique qui s’est épanouie à la cour de Frédéric II représentait le modèle littéraire le élus distinct de ceux qui existaient auparavant dans le reste de l’Italie. Jusqu’alors, la poésie lyrique n’avait pu s’exprimer que presque exclusivement dans les cours féodales d’Italie du Nord, sur le modèle des cours de Provence où était née la poésie lyrique occitane. À la cour de Frédéric, la contribution littéraire fut apportée avant tout par certains des principaux dignitaires du Regnum Siciliae. En reconnaissance de son art, Frédéric II donna à Jacopo le titre honorifique de prince de Palerme.
