Bonagiunta Orbicciani ou degli Orbicciani, ou Bonagiunta da Lucca (Lucques, 1220 – … [?], 1296) : Poète et fondateur de l’école poétique dite siculo-toscane (il était plus âgé que Guittone d’Arezzo, également considéré comme le fondateur), il écrivit un sonnet polémique à Guido Guinizelli, lui-même fondateur de ce qui allait devenir le Stil novo (« Voi ch’avete mutata la mainera »), où il l’accusait de subtilité et d’abstraction.
Dante le présente au Chant XXIV du Purgatoire [1]Dante le juge défavorablement dans le De vulgari eloquentia (1, 13), en le classant parmi les poètes qui n’ont pas su dépasser le cadre linguistique de leur cité et élaborer un langage poétique élevé. Aussi Dante lui confie-t-il le soin de tirer les conclusions de l’évolution de la poésie italienne : au cours du dialogue imaginaire qui a lieu au chant XIV … Poursuivre, parmi les gloutons de la VIe Corniche, où Bonagiunta s’adresse à lui, le reconnaissant et murmurant le nom de Gentucca (probablement une allusion à une femme qui hébergea le poète florentin durant son exil). Au cours de cette conversation, Bonagiunta demande à Dante s’il est l’auteur des neuf rimes, avec la chanson « Donne ch’avete intelletto d’amore », qui figure au chapitre XIX de la Vita Nuova. Dante répond qu’il est un poète qui, lorsqu’il écrit, est directement inspiré par l’amour et compose sous sa dictée. Bonagiunta déclare alors avoir compris le nœud qui le retenait, lui, Jacopo da Lentini et Guittone, du dolce stil novo dont il entend parler. [2]C’est la seule attestation de l’expression dolce stil novo, qui a donc été étendue au style poétique initié par Guinizelli et repris par Dante et Cavalcanti à Florence à la fin du XIIIe siècle. Certains critiques ont cependant pensé que la définition de Bonagiunta ne devait se référer qu’aux neuf vers que Dante a commencés dans la Vita nuova, ou à ceux où le … Poursuivre
Bonagiunta fonda l’école poétique dite siculo-toscane, considérée comme une école de transition entre l’Ecole sicilienne et le Dolce stil novo, dans la seconde moitié du XIIIe siècle, après l’épuisement de l’expérience des poètes de l’Ecole sicilienne. [3]Bonagiunta était plus âgé que Guittone d’Arezzo, qui est également considéré comme le fondateur. Il écrivit un sonnet polémique à Guido Guinizelli, fondateur du futur Stil novo (« Voi ch’avete mutata la mainera »), où il l’accusait de subtilité et d’abstraction.
Notes
| 1↑ | Dante le juge défavorablement dans le De vulgari eloquentia (1, 13), en le classant parmi les poètes qui n’ont pas su dépasser le cadre linguistique de leur cité et élaborer un langage poétique élevé. Aussi Dante lui confie-t-il le soin de tirer les conclusions de l’évolution de la poésie italienne : au cours du dialogue imaginaire qui a lieu au chant XIV du Purgatoire, Bonagiunta exprime un respect fraternel à l’égard de Dante et reconnaît la supériorité de la nouvelle école toscane. Jacopoo da Lentini, Guittone et lui-même sont restés, dit-il, en decà du dolce stil novo qui reçoit ici ses titres de noblesse. Cette analyse est complétée, au chant XVI, par le colloque entre Dante, Guinizelli et le troubadour Arnaut Daniel. |
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| 2↑ | C’est la seule attestation de l’expression dolce stil novo, qui a donc été étendue au style poétique initié par Guinizelli et repris par Dante et Cavalcanti à Florence à la fin du XIIIe siècle. Certains critiques ont cependant pensé que la définition de Bonagiunta ne devait se référer qu’aux neuf vers que Dante a commencés dans la Vita nuova, ou à ceux où le poète a placé tout son bonheur, sans attendre aucune reconnaissance de sa bien-aimée (la question reste ouverte, bien qu’il soit probable que le dolce stil novo désigne le style de Dante, de Cavalcanti et de leurs amis florentins). |
| 3↑ | Bonagiunta était plus âgé que Guittone d’Arezzo, qui est également considéré comme le fondateur. |
