Grâce

Le concept de grâce divine est étroitement lié aux concepts de libre arbitre et de prédestination. La problématique est clairement exposée dans l’un des chef d’œuvre de la littérature de la langue française, Les Provinciales de Blaise Pascal [1]Blaise PASCAL, Œuvres complètes, I, Paris, Gallimard, 1998, pp. 577-816.
Les Provinciales, ou Lettres écrites par Louis de Montalte à un provincial de ses amis et aux RR. PP. Jésuites sur le sujet de la morale et de la politique de ces Pères constituent un ensemble de dix-huit lettres, en partie fictives, publiées par Pascal entre janvier 1656 et mars 1657.
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La grâce chrétienne « désigne la bienveillance absolument gratuite que, de toute éternité, Dieu témoigne à l’homme en l’appelant à partager sa propre vie. C’est l’intimité avec le Dieu de Jésus Christ donnée par le baptême et renouvelée par les sacrements. C’est par grâce que Dieu nous sauve. » [2]Glossaire de l’Église catholique en France, édité par la conférence des évêques de France. Mise en ligne : https://eglise.catholique.fr/glossaire/grace/ Dans ce contexte, la grâce est une aide surnaturelle, une faveur, une bénédiction accordée par Dieu aux hommes pour leur salut, qui permet d’échapper à la damnation. Plus précisément, « la grâce est la faveur, le secours gratuit que Dieu nous donne pour répondre à son appel, devenir enfants de Dieu, fils adoptifs, participants de la divine nature, de la vie éternelle. Elle introduit dans l’intimité de la vie trinitaire » [3]Dictionnaire de l’Eglise catholique, Paris, Mame et Plon, 1992, n. 1996 et n. 1997.. Elle peut aussi correspondre au pardon, à l’amour et à la miséricorde divine. En Occident, les rapports de la grâce, qu’elle soit efficace ou suffisante, et du libre arbitre, ont été au cœur de controverses théologiques importantes. Le concept de grâce est aussi étroitement lié à l’idée de prédestination. Ce don gratuit de Dieu assure l’homme d’une destinée surnaturelle (grâce habituelle ou sanctifiante), de secours divins qui aident l’homme à résister à la tentation de faire le mal (grâce actuelle).

La grâce efficace est une position théologique défendue par Augustin, et dont les Jansénistes se sont servis dans leur polémique contre les Jésuites. Selon sa définition, les hommes n’accèdent au salut et ne peuvent gagner le Paradis que si Dieu leur a accordé la grâce. Seule cette grâce divine peut les soutenir dans la foi. Le mérite et les efforts dans le monde terrestre ne sont donc pas suffisants pour atteindre la grâce, réservée aux élus du Seigneur. Ce dogme est développé à l’origine par Augustin dans sa critique des thèses du moine  Pélage. À l’inverse, la grâce suffisante, défendue par les Jésuites, est un concept théologique consistant à considérer la grâce comme donnée à tous les hommes par Dieu, selon leur libre arbitre et leurs œuvres.

L’état de grâce est l’« état de celui qui n’a commis aucun péché mortel ou qui en a été absous », selon la définition qu’en donne le CNRTL.

Notes

Notes
1 Blaise PASCAL, Œuvres complètes, I, Paris, Gallimard, 1998, pp. 577-816.
Les Provinciales, ou Lettres écrites par Louis de Montalte à un provincial de ses amis et aux RR. PP. Jésuites sur le sujet de la morale et de la politique de ces Pères constituent un ensemble de dix-huit lettres, en partie fictives, publiées par Pascal entre janvier 1656 et mars 1657.
2 Glossaire de l’Église catholique en France, édité par la conférence des évêques de France. Mise en ligne : https://eglise.catholique.fr/glossaire/grace/
3 Dictionnaire de l’Eglise catholique, Paris, Mame et Plon, 1992, n. 1996 et n. 1997.

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