
Giovanni di Paolo (Sienne, 1398 [1]Longtemps demeurée approximative, la date exacte de la naissance de Giovanni di Paolo a été découverte depuis peu par Wolfgang Loseries dans une archive conservée à Sienne « Giovanni Ghaspare di Pauolo di Grazia si batteçço a di XXVIII di giugno, fu compare Biagio di Cino. » (« Giovanni Ghasparre di Paolo fut baptisé le 28 juin [1398], avec Biagio di Cino pour … Poursuivre – 1482)
Saints Fabian and Sebastian (Les saints Fabien et Sébastien), v. 1475.
Tempéra et or sur panneau, 90,5 x 60 cm (surface peinte : 84,5 x 54,5 cm).
Provenance : On ignore tout de l’histoire de l’œuvre avant son apparition dans la vente Charles Butler [2]Charles Butler (1821 – 1910) : collectionneur anglais et directeur de la Royal Insurance Company, compagnie d’assurances fondée par des marchands de Liverpool réputés avoir profité de l’esclavage. Voir : UCL Department of History, ‘Royal Insurance Company’, in UCL Department of History (ed.), Legacies of British Slave-ownership, Londres, 2020. Mise en ligne : … Poursuivre en mai 1920 [3]En 1920, l’œuvre a été cataloguée sous le titre SS Gregory and Sebastian et attribuée à « Giovanni del Poggio (appellation alternative correcte mais peu usitée, dérivée de Poggio Malavolti, à Sienne (*), où résidait le peintre). Elle fut ensuite offerte à la National Gallery en 1919 à la mémoire de son défunt propriétaire. » David BOMFORD et Jo KIRBY, … Poursuivre.
Londres, National Gallery.

Le saint pape Fabien [4]Parce que l’empereur Dioclétien ordonna à ses soldats de l’attacher à un pieu et de le cribler de flèches, supplice auquel il survécut avant d’être décapité, Fabien est, avec Sébastien, l’un des deux saints invoqués contre la peste., accompagné de Sébastien [5]D’épaisses gouttes de sang rouge vif suintaient de chacune de ses blessures., au corps hérissé de flèches, sont représentés avec, à leurs pieds, deux toutes petites figures de pénitents vêtus de capes noires à capuche et le visage dissimulé derrière des voiles blancs. Les chrétiens du Moyen Âge priaient ces deux saints afin qu’ils les protègent de la peste.
Saint Fabian, on the left, and Saint Sebastian tower above two tiny kneeling figures wearing black hooded robes with long white veils and holding objects that look like paddles. Certain religious groups used instruments like this for self-flagellation – the practice of whipping yourself as a punishment for sin.
Saint Fabian was pope in the third century and was killed by the Roman Emperor Decius. He is shown dressed in papal robes and tiara – the three-tiered crown. His white cope is woven with golden thread and studded with pearls. Saint Sebastian is shown naked but for a translucent loin cloth. He has curly blonde hair, wiry calf muscles, bony knees and a muscular abdomen. He is pierced by 20 arrows, each wound oozing droplets of blood. The vibrant red pigment of the droplets is one of the best-preserved elements of the picture. According to the Golden Legend, a thirteenth-century compilation of the lives of the saints, Saint Sebastian was tied to a post and shot by Emperor Diocletian’s soldiers: ‘They shot so many arrows into his body that he looked like a porcupine.’ He miraculously survived this torture but was later beaten to death.
Saint Fabien, à gauche, et saint Sébastien dominent deux minuscules personnages agenouillés, vêtus de robes noires à capuche et de longs voiles blancs, tenant des objets ressemblant à des pagaies. Certains groupes religieux utilisaient des instruments similaires pour l'autoflagellation, pratique consistant à se fouetter soi-même en guise de châtiment pour ses péchés. Saint Fabien fut pape au IIIe siècle et assassiné par l'empereur romain Dèce. Il est représenté en habit papal et coiffé d'une tiare à trois niveaux. Sa chape blanche est tissée de fils d'or et ornée de perles. Saint Sébastien est représenté nu, à l'exception d'un pagne translucide. Il a les cheveux blonds et bouclés, des mollets saillants, des genoux osseux et un abdomen musclé. Il est transpercé de vingt flèches, chaque blessure laissant suinter des gouttelettes de sang. Le rouge vif de ces gouttelettes est l'un des éléments les mieux conservés de l'image. Selon la Légende dorée, un recueil du XIIIe siècle relatant la vie des saints, saint Sébastien fut attaché à un poteau et criblé de flèches par les soldats de l'empereur Dioclétien : « Ils lui tirèrent tant de flèches qu'il ressemblait à un porc-épic. » Il survécut miraculeusement à cette torture, mais fut plus tard battu à mort.
Both saints were both thought to protect Christians against the plague and they share a feast day on 20 January – so they were often shown together. Sebastian converted many people to Christianity and in doing so they were cured of their diseases. Centuries later in the northern Italian town of Pavia, the citizens suffered a deadly plague which was stopped only when they built and dedicated an altar to Saint Sebastian.
During the eighteenth-century in Siena, the city in which this picture was made, a religious group called the Bianchi had an altar dedicated to Fabian and Sebastian, also hoping for protection against plague. So the kneeling figures we see could be members of the Bianchi, though they were renowned for wearing all white – but we just don’t know for sure.
On pensait que ces deux saints protégeaient les chrétiens de la peste et, comme ils sont fêtés le 20 janvier, ils étaient souvent représentés ensemble. Sébastien convertit de nombreuses personnes au christianisme et, ce faisant, les guérit de leurs maladies. Des siècles plus tard, à Pavie, en Italie du Nord, les habitants furent frappés par une peste mortelle qui ne prit fin que lorsqu'ils érigèrent et consacrèrent un autel à saint Sébastien. Au XVIIIe siècle, à Sienne, ville où fut réalisée cette image, un groupe religieux appelé les Bianchi possédait un autel dédié à Fabien et Sébastien, espérant eux aussi être protégés de la peste. Les personnages agenouillés que l'on voit pourraient donc être des membres des Bianchi, bien qu'ils fussent connus pour porter du blanc – mais nous n'en sommes pas certains.
The original use of this picture is mysterious: there are no signs that it ever formed part of an altarpiece, and there is no evidence to suggest that it was ever attached to other panels. Independent panels were popular in Siena for private prayer but this panel is too large to have been used for that. It is almost a metre in height, and the frame is original except for at the bottom edge where it has been replaced.
The panel has been thinned down on the reverse and so it is possible that it was painted on both sides. If so, it may have been used in religious processions where both sides would have been visible at once. The damage to the lower edge – which led to it being replaced – might have been caused by a pole, inserted so the picture could be carried as a banner in processions.
L'usage originel de ce tableau demeure mystérieux : rien n'indique qu'il ait jamais fait partie d'un retable, ni qu'il ait été fixé à d'autres panneaux. Si les panneaux individuels étaient courants à Sienne pour la prière privée, celui-ci est trop grand pour avoir servi à cet usage. Il mesure près d'un mètre de haut et son cadre est d'origine, à l'exception du bord inférieur qui a été remplacé. Le panneau est aminci au verso, ce qui laisse supposer qu'il était peint sur les deux faces. Dans ce cas, il a pu être utilisé lors de processions religieuses, où les deux faces étaient visibles simultanément. Le dommage au bord inférieur – qui a nécessité son remplacement – pourrait avoir été causé par une hampe, insérée pour que le tableau puisse servir de bannière lors des processions.
Notes
| 1↑ | Longtemps demeurée approximative, la date exacte de la naissance de Giovanni di Paolo a été découverte depuis peu par Wolfgang Loseries dans une archive conservée à Sienne « Giovanni Ghaspare di Pauolo di Grazia si batteçço a di XXVIII di giugno, fu compare Biagio di Cino. » (« Giovanni Ghasparre di Paolo fut baptisé le 28 juin [1398], avec Biagio di Cino pour témoin. »). Voir Dóra SALLAY, « Giovanni di Paolo », dans Allgemeines Künstlerlexikon, vol. 55, Munich & Leipzig, 2007, pp. 55-62. |
|---|---|
| 2↑ | Charles Butler (1821 – 1910) : collectionneur anglais et directeur de la Royal Insurance Company, compagnie d’assurances fondée par des marchands de Liverpool réputés avoir profité de l’esclavage. Voir : UCL Department of History, ‘Royal Insurance Company’, in UCL Department of History (ed.), Legacies of British Slave-ownership, Londres, 2020. Mise en ligne : <https://www.ucl.ac.uk/lbs/firm/view/721040918>. |
| 3↑ | En 1920, l’œuvre a été cataloguée sous le titre SS Gregory and Sebastian et attribuée à « Giovanni del Poggio (appellation alternative correcte mais peu usitée, dérivée de Poggio Malavolti, à Sienne (*), où résidait le peintre). Elle fut ensuite offerte à la National Gallery en 1919 à la mémoire de son défunt propriétaire. » David BOMFORD et Jo KIRBY, « Giovanni di Paolo’s SS. Fabian and Sebastian », National Gallery Technical Bulletin, 2 (1978), p. 56.
(*) Le Poggio Malavolti, structure fortifiée également qualifiée de castellare (forteresse), était édifié à l’emplacement où se trouve aujourd’hui la Piazza della Posta. L’une de ses portes d’accès était l’actuel Arco dei Malavolti. |
| 4↑ | Parce que l’empereur Dioclétien ordonna à ses soldats de l’attacher à un pieu et de le cribler de flèches, supplice auquel il survécut avant d’être décapité, Fabien est, avec Sébastien, l’un des deux saints invoqués contre la peste. |
| 5↑ | D’épaisses gouttes de sang rouge vif suintaient de chacune de ses blessures. |

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